Collection Joseph Turquan
2. « Jugez de ce que produirait un malheureux éclat commenté, trompette par des langues comme M"" Gay et beaucoup d'autres!... » [La duchesse d'Abrantès à M. Ladcocat. Collection Joseph Turquan.)
tellement absorbé par les plaisirs de la matinée, qu'il avait oublié le nécessaire de la vie pour le superflu, fit courir au plus vite chez les pâtissiers voisins... » l
Il est facile d'être gai et aimable, quand on est heureux, riche et que tout vous sourit : il en est cependant qui ont tout cela, moins la gaieté et l'amabilité. Le mérite consiste à demeurer gracieusement sociable quand on n'a aucun sujet de se réjouir. Mme d'Abrantès avait ce rare mérite et était gaie au milieu de ses tristesses. Son étrange organisation de frivolité et de sérieux lui permettait de faire abstraction, quand elle le voulait, des choses pénibles ou ennuyeuses pour se donner tout entière aux divertissements. Elle était plus que jamais assaillie par les réclamations de ses créanciers. Elle fermait bien quelques bouches en jt-tant parfois un à-compte aux plus braillards, et Dieu sait au prix de quel travail, de quelles peines elle se procurait cet argent si vite gaspillé. Mais elle ne pouvait s'empêcher de faire de nouvelles dettes, souvent bien inutiles. Comme la duchesse du Maine, elle aurait pu dire : « J'ai le malheur de ne pouvoir me passer des choses dont je n'ai que faire. » Et puis, elle voulait recevoir d'une façon digne d'eux et digne d'elle les hôtes qui étaient les siens. N'ayant jamais été atteinte de la maladie de la mesquinerie, mais seulement de celle que Rabelais appelle « faulte d'argent », la duchesse se trouvait plus gênée que jamais.
Il est triste, navrant de voir cette gêne, cette misère du luxe dans les dernières années de la