‹ La Générale Junot, duchesse d'Abrantès, 1784-1838Chapitre 79 sur 115 · M»8 Ancelot, Foyers éteints, p · texte numérisé non relu

M»8 Ancelot, Foyers éteints, p

La générosité lui était aussi naturelle qu'à ceux-là la mesquinerie. Ouverte à toutes les belles impressions de l'âme, c'était pour elle un plaisir que de donner, elle avait le cœur naturellement grand et généreux : la gêne n'eut aucune prise sur lui et elle traitait les gens riches comme les pauvres. « Le premier jour où je fus chez elle, raconte encore Mme Ancelot, comme je louais des porcelaines fort belles qu'elle me faisait remarquer, elle voulut me les donner. Si je l'avais écoutée, j'aurais emporté tout ce que j'admirais : il fallut même, pour la satisfaire et pour faire cesser ses instances, que j'emportasse un petit flacon de cristal, que je conservai longtemps. » *

Cette pauvre duchesse avait trop le cœur sur la main : c'est très bien de donner, mais encore fautil le pouvoir faire. Elle ne le pouvait pas. Mais, ce qu'elle aurait pu, c'était de ne se point laisser voler. Les gaspillages de ses domestiques ou plutôt de sa domestique, car elle n'en avait qu'une à présent, étaient éhontés. Adeline, qu'elle décorait du titre de femme de chambre, faisait en petit ce que ses devanciers et devancières avaient autrefois fait en grand. Faute d'ordre et de surveillance, la maison s'en allait à la débandade, comme au temps où elle donnait 1500 francs par mois pour son blanchissage à Salamanque. La comtesse de Bassanville qui a écrit un ouvrage' plus important par son cadre que par ce qu'elle a mis dedans, sur quelques femmes de la Restauration 2, et qui a été une des amies de la duchesse

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