Mm° Ancelot, Foyers éteints, p
2. Comtesse de Bassanville, les Salons d'autrejois, 3 vol., 1862-1864.
Cliché J. T.
Abrantès. — 30.
à cette époque, disait plus tard à un homme de lettres : « La pauvre femme n'a jamais eu d'ordre : ]e gaspillage régnait toujours à la maison ; imaginez-vous que chez elle on mangeait vingt francs de sucre par semaine. » x Aussi eûtil été étonnant, avec le désordre dont on vient de voir un minime échantillon, que l'aisance pût régner dans cet intérieur où les ressources, produit du travail, étaient assez aléatoires. Il eût été étonnant aussi que la gaieté brillât toujours sans éclipse : elle était de commande plus que réelle. Lorsque le dernier visiteur était sorti, elle tombait maintenant tout net, comme un masque qui se détache, et la duchesse se retrouvait face à face avec les difficultés sans cesse renaissantes de cette vie d'expédients, sans boussole et sans gouvernail, qui amusaient la domestique, désespéraient la maîtresse. Elle reprenait cependant la lutte, mais elle avait parfois de terribles accès de désespoir à surmonter. Lisez plutôt : « Je souffre, écrivait-elle un jour à sa fille Mme Aubert, je souffre comme une damnée en enfer, de mes dents, de ma tête, — de partout ! Je n'ai pas pu écrire la lettre : depuis deux heures je ne vois pas devant moi. — Mais le plus affreux, c'est que dans la ligue, car il y en a une, qui s'est faite autour de moi, on ne m'apporte pas une goutte d'eau, — et que ce matin, pour la quatrième fois, il a fallu renvoyer le facteur en ne pouvant pas prendre une lettre de trente et un sous : — que je n'ai pas d'eau chez moi, — que. — que — j'ai la tête perdue!... Je n'ai l'argent de la Revue 2 qu'à la fin de la semaine en