La Reçue de Paris
livrant la dernière partie — et pour comble Balzac vient la chercher aujourd'hui. — Il est probable qu'il vienne dîner. — Ecoute. Je voudrais faire prendre à Giroux ou à Susse, ou bien à telles autres gens comme eux, les petits objets en ivoire sculpté ; cela est rare ici, et pour le Petit-Dunkerque1... J'en voudrais 50 ou 60 francs. — Gela me ferait attendre jusqu'à la fin de la semaine et alors je serai grande fille... J'enverrai chez Lasalle pour qu'il me donne de l'argent sur mon titre à moi ou qu'il me trouve quelqu'un... Mais en attendant je ne sais ce matin où donner de ma pauvre tête malade... Je suis fâchée qu'hier soir nous n'ayons pas pris mon manteau, ma robe de satin noir, et tu m'aurais rendu le service de les porter. Cela aurait produit quelque chose en attendant que l'argent me rentre. — Jamais je ne me suis trouvée, jamais, jamais, dans une aussi affreuse position. — Pas d'eau, — et une malheureuse femme de chambre qui vient exprès vous dire une telle chose; — une lettre... — Tiens, je ne tiens pas à cette vie là ; il faut que j'en sorte ou que je me jette à l'eau. — C'est trop fort. — Rien ne me console, il n'y a de repos que là... Envoiemoi quelque chose — ce que tu pourras, et viens chercher les petits ivoires. Adeline est à la maison, mais je crains de lui faire porter ces choseslà : elle m'a tant volée ! — Je l'enverrais bien porter le manteau et la robe, — mais en plein jour il n'y a pas moyen. — Que j'aie deux ou trois francs aujourd'hui, et demain je suis tranquille. Ah ! mon enfant ! mon enfant !... »a