‹ La Générale Junot, duchesse d'Abrantès, 1784-1838Chapitre 85 sur 115 · Mm9 Ancelot, Foyers éteints, p · texte numérisé non relu

Mm9 Ancelot, Foyers éteints, p

ment. Et pourtant sa position était désespérée, a Mon cher éditeur, écrit-elle le 15 (sans indication de mois) 1838 : — voici deux bons à tirer. Ce soir vous aurez quatre volumes. Donnez un peu d'argent à Placide1. Nous n'en avons pas à la maison et j'attends après absolument. Donnez le plus que vous pourrez, entendez-vous ? Je vous en prie. Je vous ai bien ennuyé hier, mais il le fallait. Mais ne lui donnez que ce qu'il faut et m'en faut pour exister moi. » 2

Cette lettre n'est-elle pas navrante ? Et celle-ci : avez-vous jamais entendu un cri de désespoir pareil ? L'écriture en est émue, nerveuse, tourmentée comme la pauvre femme qui l'écrivait. Elle était au lit, bien certainement, et malade, lorsqu'elle poussa cet appel du naufragé en détresse, ce râle : « Voici tous les placards. Vous aurez ce matin à cinq heures le Salon de Mme de Luynes — J'aurais bien besoin d'argent pour six heures. Comment puis-je l'avoir ? Dites-moi cela. En envoyant chez vous à six heures, y serez-vous ? Je voudrais le savoir. Mais n'importe où, et quand, donnez l'argent, je vous en prie en grâce. » 3

La malheureuse est de plus en plus à la côte : son éditeur ne fait rien pour elle. Elle ne prie plus, maintenant, elle s'indigne et au milieu de la détresse qu'elle étale, s'élèvent des cris de douleur et de révolte. Elle mande le 13 avril à Ladvocat : « Tout a des bornes, monsieur, vous me jouez, la chose est maintenant visible... Je manque du né-

1 La domestique.

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