‹ La Générale Junot, duchesse d'Abrantès, 1784-1838Chapitre 95 sur 115 · A LAURE, DUCHESSE D A · texte numérisé non relu

A LAURE, DUCHESSE D A

Puisqu'ils n'ont pas compris, dans leur étroite sphère, Qu'après tant de splendeur, de puissance et d'orgueil, Il était grand et beau que la France dût faire L'aumône d'une fosse à son noble cercueil ;

Puisqu'ils n'ont pas compris que celle qui, sans crainte, Toujours loua la gloire et flétrit les bourreaux, A le droit de dormir sur la colline sainte, A le droit de dormir à l'ombre des héros 7

Puisque le souvenir de nos grandes batailles Ne brûle pas en eux comme un sacré flambeau ; Puisqu'ils n'ont pas de cœur, puisqu'ils n'ont pas d'en- Puisqu'ils t'ont refusé la pierre d'un tombeau, [trailles,

C'est à nous de chanter un chant expiatoire ; C'est à nous de t'offrir notre deuil à genoux ! C'est à nous, c'est à nous de peindre ta mémoire Et de l'ensevelir dans un vers triste et doux !

C'est à nous, cette fois, de garder, de détendre La mort contre l'oubli, son brave compagnon ; C'est à nous d'effeuiller des roses sur ta cendre ; C'est à nous de jeter des lauriers sur ton nom !

Puisqu'un stupide affront, pauvre femme endormie, Monte jusqu'à ton front que César étoila, C'est à moi dont ta main pressa la main amie, De te dire tout bas : ne crains rien, je suis là !

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