HOPITAUX MILITAIRES
fois par jour aux maniements des armes ^ on ne devait leur faire subir aucun mauvais traitement. Les commissaires des guerres faisaient des revues d'appel pendant la durée de l'exercice. Les soldats qui désertaient devaient être saisis, et condamnés à faire au moins dix ans au-delà du terme de leur engagement.
L'intendant avait une autorité absolue pour ce qui concernait les assemblées. Il vérifiait le nombre des hommes, contrôlait l'état du matériel, il était même juge de l'instruction militaire des soldats. Il leur délivrait des congés-.
Les frais qu'entraînait la réunion des régiments provinciaux étaient supportés par les généralités; la répartition en était faite par l'intendant au marc la livre de la capitation. En 1778, les dépenses s'élevèrent dans la généralité de Tours à 69,281 livres 3.
Quand le milicien avait accompli six années de service, il recevait un congé absolu, signé par l'intendant^. Il jouissait de l'exemption de la taille pendant un an : s'il se mariait dans le cours de ladite année, il avait ce privilège pendant deux ans de plus ; l'exemption avait lieu tant pour la taille industrielle que personnelle, pour ses biens propres ou pour ceux qui lui viendraient du chef de sa femme ; et dans le cas où il prendrait pendant ledit temps des fermes ou exploitations étrangères, il jouirait pendant une année de plus de l'exemption de la taille >\
En cas de maladie, les soldats des troupes réglées et
1 Arch. dép. d'Indre-el-Loire, ordonnance du 17 avril 1772. C, 48.
■'' Arch. mun., E. E., 15.
3 Arch. dép. d'Indre-et-Loire, C, 58.
* Arch. mun. E. E., 15-
^ Arch. dép. d'Iudre-et-Loire, ordonnance du l""" décembre 1774 C, 43
les miliciens étaient soignés dans les hôpitaux ordinaires. La généralité de Tours ne possédait aucun hôpital militaire. 11 fut bien question d'en créer un à Saumur, quand les carabiniers vinrent y tenir garnison en 1765, mais le projet n'aboutit pas, faute d'argent. Il faut dire cependant que l'hôpital de Tours avait reçu, en 1765, 20,0(J0 livres pour aménager une salle destinée aux militaires. Un médecin fut spécialement alfecté à cette salle et reçut 400 livres par an K De plus, (Ihoiseul exige que les médecins soignant les militaires lui envoient, au début de chaque mois, des observations sur la nature des maladies qui auront régné pendant le mois précédent, qu'ils y fassent mention des remèdes dont ils se seront servis, en distinguant ceux qui auront le mieux réussi; il faut, pour qu'ils puissent juger plus particulièrement de leur elfet, qu'ils fassent faire l'ouverture de plusieurs cadavres ; ils devront informer le ministre des précautions qu'ils prennent pour empêcher la communication et le progrès des maladies. Le ministre fera examiner les mémoires qu'ils lui adresseront par un médecin inspecteur, dont les lumières, acquises par une grande expérience à l'armée, pourront être utiles à la plupart des médecins et contribueront à la conservation des hommes-. C'était un progrès sérieux réalisé par Choiseul, mais ce n'était pas encore le service de santé militaire.
Les hôpitaux ne se souciaient guère de recevoir les soldats malades, d'abord parce qu'ils étaient le plus souvent atteints de la gale et du mal vénérien qui faisait beaucoup de ravages parmi les hommes , malgré les
• Arcli. dép. d'Indre-el-Loire, C, 70.
2 Arch. dép. d"Iudre-el-Loire. Lellre de Clioiseul â l'Iulendant, 28 janvier i%i. C, 70.