‹ La généralité de Tours au XVIIIe siècleChapitre 24 sur 69 · HOPITAUX MILITAIRES · texte numérisé non relu

HOPITAUX MILITAIRES

dragées inventées par un sieur Keyser ^ ; en second lieu, la somme qu'on leur payait par soldat était toujours insuffisante. A Tours, à Saumur, à la Flèche, les hôpitaux recevaient 14 sols par soldai, alors qu'ils dépensaient 19 sols au moins, soit en nourriture, soit en remèdes", et les faibles revenus des hôpitaux ne leur permettaient que rarement de supporter ce supplément de dépenses. Enfin les hôpitaux étaient à peine suffisants pour les pauvres; il en résultait donc parfois un encombrement considérable.

Au mois de mai 1770, l'administrateur de l'hôpital de la Flèche se plaint à l'intendant de la gêne où le réduit la multiplicité des carabiniers, qui viennent se « faire gouverner » à son hôpital, ce qui l'empêche d'avoir soin des malades de vingt-deux paroisses qui doivent y être reçus 'K A Tours, en octobre 1770, Du Cluzel visite l'hôpital avec le médecin Duverger ; il aurait voulu faire placer les galeux dans une salle à part, comme le demandait Choiseul, mais il ne put réaliser son projet parce que toutes les salles étaient occupées ^. A Saumur, en 1775, l'hôpital était dans le plus mauvais état à cause du grand nombre de lits dans les chambres et du peu de circulation d'air. La religieuse déclare qu'elle préférerait être mise en prison que d'y continuer son service ^ Il était donc impossible que la

1 Arch. dép. d'Indre-el-Loire. Lettre de Choiseul à l'intendant, 18 mars 1763 Rapport des adiniaistraieurs de l'hôpital de Tours à Du Cluzel, 23 décembre 1774. C, 70.

-Arch. dép. d'Iadro-el-Loire, C, 70.

^ Arch. dép. d'Indreef-Loire, G., 70. Rapport du marquis de Poyanne à Du Cluzel, 24 septembre 1775. « J'ai fait hier, Monsieur, la visite de l'hôpital de Saumur, où j'ai trouvé 21 carabiniers, par l'imposibilité d'y en placer un plus grand nombre. L'humanité qui vous est si naturelle soulTrirail

dèâ LA GÉNÉRALITÉ DE TOURS AU XVIll'" SIÈCLE

mortalité ne fût pas très élevée dans des hôpitaux toujours remplis de malades.

Du Cluzel s'occupait avec beaucoup de soin de l'exécution des circulaires relatives aux soldats malades. Il visitait souvent les hôpitaux ; aussi les soldats étaientils mieux traités à Tours que partout ailleurs. « C'était l'avis même des soldats, «disent les administrateurs de l'hôpital dans un rapport adressé à l'intendant '. C'était la meilleure réponse qu'on pût faire aux accusations lancées contre l'hôpital de Tours parle maréchal Du Muy, qui prétendait que les religieuses, sous prétexte que la rétribution versée pour chaque soldat était trop faible, ne mettaient dans la marmite qu'une demi-livre de viande par homme, au lieu d'une livre, comme le prescrivaient les règlements '-. Malheureusement il ne fut pas toujours possible à Du Cluzel d'isoler les soldats qui étaient atteints de maladies contagieuses ^.

Tous les ans, quelques soldats malades étaieAt envoyés aux eaux, surtout à Barèges et à Bourbonneles-Bains. De 1766 à 1783, dix soldats des régiments en garnison dans la généralité purent subir tous les ans ce traitement de luxe ^.

Le service médical n'était pas seulement organisé

cerlaincmenl beaucoup de voir ces malheureux entassés dans deux mauvaises chambres où les lits se touchent et où il n'y a d'air que par une petite fenêtre, ce qui cause une infection si grande qu'il est impossible d'y tenir et, lorsqu'on y entre, le matin, les fenêtres ayant été fermées peudanl la nuit, personne n'y peut entrer, cela au point que la Supérieure m'a déchiré devant toute la communauté que, son exercice étant au moment de se finir, elle ne prendrait certainement jamais de service dans ces deux chambrées et qu'elle préférait d'être mise en prison. »

1 Rapport à l'Intendant, 23 décembre 1774. C, 70.

2 Arcli. dép. d'Indre-et-Loire. Lettre du maréchal du Muy, 23 mars 1776. C, 70.

3 Tentatives faites à Saumur, à Tours. C, 70. * Arch. dép. d'Indre-et-Loire, C, 70.

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