PONT DE TOURS
cette imposition el aussi pour la commodité des travaux, il consentit à ce qu'on logeât les troupes dans les maisons de Tile Saint-Jacques, d'où l'on avait fait sortir les habitants, à la condition que la dépense d'aménagement ne fût pas prise sur les fonds destinés à la construction du pont. L'intendant, tout en acceptant les offres du contrôleur général, proposa de laisser les officiers loger en ville, parce qu'il n'y avait pas de logement convenable dans l'île Saint-Jacques; mais Choiseul insista, dans l'intérêt de la discipline, pour que tout l'état-major fût logé dans l'île, si c'était possible ^ On réussit à y loger tous les lieutenants ; les autres officiers recurent de l'argent pour se loger en ville. Des bateaux furent établis entre l'île et la ville pour les communications des troupes, mais ils furent payés par la caisse du pont ^ Les dépenses de casernement, supportées par la généralité, s'élevèrent, année moyenne, à 20,000 livres. L'aménagement des maisons de l'île Saint- Jacques coûta 15,511 livres 12 sols 2 deniers. Cette somme fut avancée par le trésorier des ponts et chaussées, qui dut être remboursé avec le montant de l'imposition perçue sur toute la généralité.
Le premier régiment qui travailla à la destruction de l'ile Saint-Jacques fut le régiment de Chartres. Les deux bataillons de ce régiment partirent d'Aire et de Béthune le 20 avril 1765^ et arrivèrent à Tours le 9 mai; ils repartirent le 15 septembre pour se rendre à Bergues. En 1766, c'est le régiment suisse de Ptlsser qui continua les travaux. Pour la campagne de 1767, Trudaine se proposa d'y employer deux régiments; il en informa Du
1 Arch. dép. d'Iadre-el-Loire. Lettre du 4 janvier 1765. C, 55.
- Arch. dép. d'Indre-et-Loire. Lettre de Trudaine, 9 juin 176G. C, 55.
3 Arch. dép. d'Indre-et-Loire. C, 5*^
222 L\ GÉNÉRALITÉ DE TOURS AU XVlIl" SIÈCLE
Gliizel par letti'c du 19 janvier 1767 ', atin qu'il s'occupât de leur logement, « attendu que les maisons de l'ile Saint-Jacques, qu'il faudra abattre en partie, ne seront plus suffisantes pour en loger un ». Du Cluzel répondit à Trudaine qu'après en avoir conféré avec M. de Voglie, ingénieur en chef, il ne trouvait aucun moyen de caserner à Tours quatre bataillons d'infanterie. Il n'y avait, en effet, aucune maison vacante, surtout depuis l'expulsion des habitants de l'île Saint-Jacques. D'ailleurs, le logement des deux bataillons était une charge de 20,000 livres pour la généralité; cette somme aurait doublé avec quatre bataillons et on ne pouvait sans inconvénient augmenter encore les frais de casernement. Enfin la vie était déjà chère à Tours : augmenter les troupes, c'eût été augmenter le prix des denrées de toute espèce. Trudaine accepta les raisons données par Du Cluzel, il se contenta d'envoyer pour la campagne de 1767 le régiment de Condé ; en 1768 et en 1769, le régiment d'Orléans et, en 1770, un bataillon du régiment de Saintonge. Les terres provenant de l'ile servirent à construire les quais qui embellirent les deux rives de la Loire.
La direction des travaux fut confiée à M. de Baveux, inspecteur général des ponts et chaussées ; il avait sous ses ordres des sous-ingénieurs, ainsi que trois élèves ingénieurs qui vinrent à Tours pour former leur instruction. Au mois d'avril 1773, M. de Baveux fut relevé de ses fonctions à cause de son âge, et M. de Limay, ingénieur en chef de la généralité, fut chargé de la conduite des ouvrages. M. de Voglie en eut l'inspection générale ^
' Arch. flép. d'Indre-et-Loire, G , 55. • Arch. dép. d'Indre-et-Loire, C., 239.