‹ La généralité de Tours au XVIIIe siècleChapitre 45 sur 69 · NAVIGATION DE LA LOIRE · texte numérisé non relu

NAVIGATION DE LA LOIRE

chemins de lialage durent être tracés par les ingénieurs des turcies et levées à travers toutes sortes de terrain indistinctement et avoir 24 pieds de longueur.

Les propriétaires de péages, qui avaient suscité tant de difficultés, furent dispensés de faire exécuter les travaux du balisage, mais ils durent payer annuellement une contribution en argent ; elle fut fixée par le Conseil du roi et basée sur l'étendue de rivière comprise dans chaque péage et sur la nature des travaux dont le seigneur péager était chargé.

Les propriétaires de péage furent tenus de faire afficher sur un poteau, au port où les droits étaient exigibles, copie entière du tarif, sous peine de privation desdits droits de péage.

Ce règlement si minutieux fut loin d'être ponctuellement exécuté S la navigation de la Loire resta pleine de difficultés; le successeur de Du Cluzel, d'Aine, constate à plusieurs reprises que les naufrages sont fréquents sui' la Loire par suite du mauvais état du balisage. De 1784 à 1787 il y eut trente-sept bateaux naufragés ou avariés ^ malgré les précautions que prirent les ingénieurs des turcies et levées. L'inspecteur général déclare, en effet, dans un rapport de 1787, que jamais le balisage n'a été aussi bien fait et il affirme avec raison que, « quand il y aurait dix, vingt mille mariniers, cinq cents ou mille bateaux de balisage, répartis depuis Roanne jusqu'à Nantes, quand cette armée veillerait jours et nuits à baliser, elle n'empêcherait pas quelques naufrages dans cette étendue, causés ou par des souches,

' Arch. dép. d'Indre-et-Loire, C, 271. Nombreuses lettres d'ingénieurs à l'inlendant; ils se plaignent surtout de l'opposition des propriétaires et des meuniers.

^ Àrch. dép, d'Indre-et-Loire, C, 271.

260 LA GÉNÉRALITÉ DE TOURS AU XVIll* SIÈCLE

OU par des arbres, ou par des bâtons cassés. Cette armée n'empêcherait pas non plus les naufrages causés par les tempêtes, par les inondations, par les glaces, par les friponneries des patrons, des mariniers, et que tant qu'on naviguera sur les rivières il y aura des naufrages *. »

La navigation de la Loire, en raison du caractère général qu'elle présentait, préoccupait surtout l'AdministratioiK mais il y avait dans la généralité de Tours une foule d'autres rivières qui pouvaient être des voies de communication commodes et qu'on chercha à améliorer.

Des travaux furent faits pour rendre la Sarthc navigable depuis Malicorne " jusqu'au Mans^, afin de permettre aux bateaux de blé qui étaient obligés de rester au port de Malicorne en Anjou de remonter jusqu'au Mans. En 1769 ^ Du Cluzel fut autorisé à fournir une somme de 3,000 livres, prise sur les fonds libres de la capitation, à M. de Voglie, ingénieur en chef de la généralité, chargé de faire l'étude du projet.

En 1770 -^ le marquis de Saucé, qui avait de grandes propriétés dans la vallée de la Glaise, petit affluent rive gauche de la Creuse, adressa au contrôleur général un Mémoire sur la navigation de la Creuse et de la Claise. Déjà, en 1601, M"" de Montpensier avait obtenu le privilège de cette navigation; mais les péages qu'elle se proposait d'établir pour subvenir aux dépenses et aux réparations étaient si onéreux pour le commerce,

i Arch. dép. d'Indre-et-Loire, C, 271.

- Malicorne, chef-lieu de canton (Sarthe), arrondissement de la Flèche, situé entre Sahlé et le Mans.

3 Arch. dép. d'Indre-e'.-Loire. C, 38.

* Arch. dép. d'Indre-et-Loire. Lettre du 19 mars. C, 38. ^ Arch. dép, d'Iudre-et-Loire. C, 260.

Page 1