‹ La généralité de Tours au XVIIIe siècleChapitre 46 sur 69 · NAVIGATION DE LA GLAISE · texte numérisé non relu

NAVIGATION DE LA GLAISE

et présentaient tant d'incertitude pour les entrepreneurs, que les travaux ne furent jamais exécutés. Pour réaliser le projet, en 1770, le contrôleur général proposait d'y faire contribuer toutes les provinces voisines qui avaient intérêt à ce que cette navigation fût établie. Du Cluzel, fut autorisé à faire faire les plans et devis par le service des ponts et chaussées. Ce travail préliminaire ne fut terminé qu'en 1776. Le projet fut alors présenté à l'Assemblée des ponts et chaussées qui décida, le 15 février 1778, qu'il « était à propos de seconder les vues patriotiques et du bien public et local de l'auteur du mémoire par des plans et des projets bien arrêtés, qui constateraient la dépense et serviraient de base aux propriétaires ou autres qui pourraient former compagnie, en proposant tels arrangements et demandant les privilèges qu'ils aviseraient bons pour les dédommager de leurs fonds et avances ».

Les dépenses furent évaluées pour la Creuse à 500,000 livres et à 250,000 pour la Claise. Les propriétaires intéressés à cette navigation offraient de contribuer aux dépenses pour une somme de 40,000 livres, espérant que le Conseil compléterait la somme nécessaire pour l'exécution du projet. Mais l'Assemblée des ponts et chaussées décida de prendre l'avis de MM. les intendants de Tours et de Bourges, et de leur demander si l'intérêt public se trouvait tellement lié avec l'intérêt particuli'er des propriétaires riverains de la Claise qu'il pût mériter un pareil sacrifice de la part du Conseil.

Conformément au vœu émis par l'assemblée des ponts et chaussées, l'intendant de Cotte écrivit à Du Cluzel, le 18 mars 1778, qu'il ne pourrait autoriser les travaux que lorsqu'il aurait reçu un tableau des objets d'exportation que cette navigation procurerait à la partie de

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la généralité qu'elle traverserait et du bénéfice qui en résulterait pour le pays. Du Cluzel consulta son premier secrétaire, qui ne « concevait pas trop le projet de rendre la Glaise navigable' »\ mais Du Cluzel, dans une note du 9 avril, lui dit que la réponse à M. Necker est d'autant plus facile à faire que le ministre a pris son parli d'accorder ce que demande M. le marquis de Saucé, seigneur de Preuilly et son ami ; dans la conférence qu'il a eue avec lui, M. de Cotte " et M. de Limay^ étaient présents, et il n'a pas laissé ignorer le succès qu'il désirait de la navigation de la Glaise ; il a dit qu'il fournirait des fonds pris sur telle partie d'administration, et qu'il y suppléerait par une somme de 10,000 livres qu'il donnerait en augmentation, tons les ans, sur les travaux de charité. Connaissant les intentions du directeur général des finances, Du Cluzel ne pouvait pas combattre le projet de navigation de la Glaise, mais il fut loin de l'appuyer avec énergie. Dans sa réponse à M. de Cotte ^, il se borne à constater que les productions de la prgvince du Berry consistent en blés, en bois, en fer et en laine ; qu'il a manqué dans tous les temps à cette province des débouchés faciles, faute de canaux navigables, et ce débouché ne pouvant se procurer plus facilement que par laTouraine, pour voiturer les denrées par la Creuse et la Vienne dans la Loire, on est obligé de les apporter dans les dépôts et marchés de cette province à dos de mulet, les chemins -de communication n'étant que peu praticables pour les voitures. La navigation de la Glaise sur la Creuse et celle

> Arch. (Jép. d'Indre-et-Loire. Lettre du 6 avril 1778. C, 260. ■^ Arch. dép. d'Iudre-el-Loire. Lettre du 13 avril 1778. C, 260. ^ InlendanI général des ponts et chaussées. * Inspecteur général des ponts et chaussées.

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