‹ La généralité de Tours au XVIIIe siècleChapitre 5 sur 69 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

nu CLUZEL. — SA FAMILLE. — SES RELATIONS

Origine de la famille Du Gluzel (10). — RôIh joué par les Du Cluzel dans les guerres des xvi', xvir et xvui* siècles (11). — Le pèrede Tintendant devient fermier général (11). — Sa fortune (13). — Acquisition du man^uisat de Monipipeau (13). — Nomination de Du Gluzel à l'inlendance de Tours (15j. — Ses relaiions avec Clioiseul (16); avec Hue de Miromesnil (17); avec Vollaire (17). — Passion de Du Gluzel pour le bien public (18). — Admiration qu'a pour lui son entourage (19).

François-Pierre Du Gluzel, marquis de Montpipeau, baron de Cliéray, seigneur de Blanville, descendait d'une ancienne famille du Périgord. Ses ancêtres avaient toujours servi dans les armées du roi ; il fut le premier qui servit dans la robe ', Ils possédaient dès le XIII* siècle la seigneurie de Cujac, à trois lieues de Périgueux. Ils se distinguèrent toujours par leurs services militaires. Le capitaine Pierre Du Gluzel monta le premier à l'escalade de Gasal en 15i4; il obtint en récompense mille écus et le gouvernement de Dommes, en Périgord. Il est peu de campagnes du règne de Louis XIV qui n'ait coûté du sang à cette famille. Sous Louis XV, le chevalier Du Gluzel, capitaine au régiment de Pié-

> Bibliolh. nal., Coll. Chérin. 57.

mont, fut tué à Rosbach. Désolé de la déroute de son régiment et des malheurs de cette journée, il appela à lui quelques grenadiers et voulut tenir ferme, espérant par son exemple ramener les fuyards, mais il fut bientôt environné par les ennemis et criblé de coups de baïonnettes, n'ayant jamais voulu se rendre prisonnier K Son neveu, le comte Du Cluzel, était lieutenant au régiment du roi. En 1780, il demanda pour sa femme les honneurs de la cour, ce qui nécessita des recherches sur sa généalogie. La fihation de la noblesse fut difficile à prouver et l'on constata que les alliances de la famille Du Cluzel étaient des plus médiocres avant le XVIII*' siècle ~. En 1788, par lettres patentes de Louis XVI, la terre de Cujac fut érigée en comté pour le comte Du Cluzel.

L'intendant appartenait à la branche cadette ; c'était la branche obscure qui se releva au xvm* siècle. Son aïeul, François Du Cluzel, fut subdélégué général de l'intendance de Guyenne pour le Périgord, fonction bien modeste pour un gentilhomme ^. Son père, Léonard Du Cluzel, « né avec toutes les grâces de l'esprit et de la figure, » dut la fortune qu'il fit au talent heureux qu'il eut de se faire des amis. Dès son enfance, M"" de Foix^, sœur du dernier duc de ce nom, amie de M"* de la Chabrerie,sa mère, l'avait pris en grande affection, l'appelant le cher Chabrillon de son cœur^. Ses rcîcummandations, lorsqu'il fut envoyé à Paris pour ses études,

• Biblioth. nat. Coll. Chérin, 57.

2 Biblioth. nat. Note de Vergennes : Périgord, 123. ' Bibliolh. nat., pièces originales, 792.

* Il s'agit de Jeanne de Foix, âgée de quinze ans en 1681, femme de Jean François de Caslelaau. Son frère, Roger Christian de Foix, âgé de quatorze ans en 1681, mourut sans enfants. Hist. généal. de la France, t. III, p. 367.

^ Biblioth. naf., pièces originales, 732.

l'amitié du maréchal de Bezons ' pour son père, lui firent naître l'idée de tirer sa famille de l'état relativement pauvre où elle se trouvait. Il fut très heureusement servi par M. Lepelletier des Forts, avec lequel il était lié dès sa jeunesse et qui fut contrôleur générai de 1726 à 1730. Lepelletier lui proposa de son propre mouvement une place de fermier général ; les fonds à verser ne s'élevaient qu'à 100,000 écus et cependant Du Cluzel eut beaucoup de peine à les trouver.

Il remplit les fonctions de fermier général de 1726 à 1766, date de sa mort, et par sa sagesse il réunit une fortune qui dépassa de beaucoup ses premières espérances. Il était très apprécié parmi ses collègues, qui le « déclaraient fort honnête homme, pas du tout fait « pour être fermier général, fils d'un bon gentilhomme « que des raisons de famille avaient forcé d'entrer dans « les affaires ~ ».

Il avait épousé, le 6 novembre 1725, Marie-Thérèse Thousard, fille de Jean-Baptiste Thousard, auditeur à la Chambre des Comptes. Il en eut cinq filles et un fils. L'aînée mourut avant d'être mariée. La seconde épousa Etienne des Creux, président au Parlement de Paris; la troisième, Anne-Louis, comte de Mathan, capitaine au régiment des gardes; la quatrième, Joseph- Louis Bidé de la Grandville, colonel du régiment de Saintonge ; la cinquième, Le Pelletier de Mortefontaine, intendant de Soissons -^ Son fils, François-Pierre Du Cluzel, né le 4 avril 1734, était le plus jeune de la famille,

' Jacques Bazin, seigneur de Bezons (1645-1733), nomm<3 maréchal de France en 1709, fit partie du Cooseil de régence après la mort de Louis XIV.

2 Biblioth. nat., pièces originales, 792.

' Bibliolh. nat., Coll. Chérin, 57.

bu Cluzel, sa famille, ses relations 13

il fit ses études de droit. En 1758, il se maria avec M"" de Flandres de Brunvilie ; il en eut deux garçons et deux filles K H devint, en 1759, maître des requêtes et, en octobre 1766, il fut appelé à l'intendance de Tours.

Le fermier général avait donc lieu d'être satisfait. Toutes ses filles avaient contracté de nobles alliances, son fils remplissait une fonction très honorable. Aussi, lorsqu'il mourut, le 4 juin 1766, âgé de quatre-vingtcinq ans - il pouvait dire que le but qu'il s'était proposé était atteint. Sa famille était relevée plus qu'il ne l'espérait sans doute, en 1726, quand il obtint une place de fermier général. Il avait acquis une fortune considérable. Dans son testament il lègue à ses divers héritiers une somme de 3,051,884 livres, plus 9,300 hvres de rentes viagères qu'il assure à plusieurs membres de sa famille ; à cette somme importante il faut ajouter la part de son fils, qui n'est pas comprise parmi les legs, et sa terre de Blanville, près Chartres '^.

La terre et le titre de seigneur de Blanville ne suffirent pas à son fils; il acheta, en 1765, la terre de Montpipeau, qui fut érigée en marquisat par lettres patentes du 6 mai 1765 ^

Montpipeau était une terre d'un revenu annuel considérable; importante par ses mouvances et ses droits; elle était située dans la paroisse de L'Huisseau, près de Meung-sur-Loire. Elle fut possédée, au moyen âge, par des seigneurs qui en portaient le titre et dont l'héritière, Marguerite de Montpipeau, épousa Jean d'Orléans, l'un des compagnons de saint Louis en terre sainte. Cette

' Bibliolh. nat., pièces originales, 792.

2 Biblioth. nat., Coll. Chérin, 57. Aroli. nat., Y., 59, 182.

3 Arch. nat.. Y., 59, p. 181-182.

* Arch. nat., P., 2493, p. 318.

terre passa ensuite dans la famille de Rochechouarl. En 1743, elle fut acquise par François-Camille de Polignac et Marie-Louise de la Garde, son épouse, qui la vendirent à François-Pierre Du Cluzel: elle fut alors réunie avec la baronnie de Cliéray. A la Révolution, le château lut complètement rasé; il ne reste jjIus aujourd'hui que de vastes fossés, qui en'marquent l'emplacement, etuneporte d'entrée avec tourelles.

Les lettres patentes de Louise XV, qui érigent le marquisat de Montpipeau en faveur de François-Pierre Du Cluzel, portent qu'il est issu « de la famille des sieurs « Du Cluzel, originaire du Périgord, qui a toujours été « reconnue pour une des plus anciennes delà Province, « recommandable par son zèle pour notre service et son « attachement à. notre personne dont elle nous a donné « des preuves dans les différents états où elle a été « occupée dans les places distinguées ».

Le roi désire « s'attacher de plus en plus cette « famille par des bienfaits qui annoncent de plus en « plus à la postérité la satisfaction des services qu'elle «< lui a rendus et qu'elle lui rend encore ».

« Voulons et nous plaît que Du Cluzel et ses héritiers « mâles puissent se dire, nommer et (jualifier marquis « en tous actes, tant en jugement que dehors ; (ju'en « cette qualité ils jouissent des honneurs, droits, « armes, blasons, autorités, prérogatives, rang, préé- •< minence en faits de guerre, assemblées d'Etats et de « noblesse et autres, tout ainsi que les autres marquis « de notre royaume. Que tous les vassaux, arrière- « vassaux et autres tenant noblement et en roture des « biens mouvants dudit marquisat de Montpipeau, le « reconnaissent pour marquis, fassent leur foi et hom- « mage, baillent leurs aveux, dénombrement sous les

« noms, titre et qualité de marquis de Montpipeau ; <( que les juges et officiers exerçant la justice intitulent u leurs jugements et sentences et les notaires leurs « actes sous le nom dudit sieur Du Cluzel et de ses « successeurs sous le titre de marquis de Montpi- « peau ^. »

Pendant son administration, Du Cluzel allait, tous les ans, visiter sa terre de Montpipeau, pour laquelle il avait une prédilection particulière. Elle était située sur les confins de sa généralité et ce fut peut-être l'une des raisons qui le déterminèrent à. ne pas quitter l'intendance de Tours.

11 fut appelé aux fonctions d'intendant en octobre 1766. 11 remplaça Gaspard-César-Gharles Lescalopier. La première dépêche qui lui est adressée de Paris est datée du 17 novembre 1766 ~ ; mais il ne vint prendre possession de son poste que le lundi 23 mars 1767. Cette date nous est donnée par le registre des délibérations du corps de ville de Tours. « Sur l'avis qui fut donné de l'arrivée de M. Du Cluzel, « nommé intendant de Tours, le maire en parla à la « compagnie, à l'assemblée du 24 mars, on consulta le (( registre de l'année 1758 pour observer le même « cérémonial ; le maire, en robe de maire, et les éche- « vins, en manteau seulement, allèrent complimenter à « quatre heures M. et M"^ Du Cluzel. On présenta à « l'ordinaire vingt-quatre bouteilles de vin à M. l'inten- « dant et vingt-quatre coffrets de confitures sèches à « M""" son épouse ^. »

* Arch. liât., P., 2493, p. 320.

- Arcli. nal., 0'., 462.

3 Reg. des délib.,24 mars 1767. Hist. delà mairie de Tours, parcs la Grandikrk. Bibliolh. mua., ms. 1244, t. Il, 273.

Le nouvel intendant était à peine âgé de trente-trois ans. Il fallait évidemment que le maître des requêtes eût fait preuve de qualités sérieuses et qu'il eût de hautes protections, pour qu'on lui confiât à un tel âge des fonctions si difficiles et si multiples dans une généralité aussi vaste que celle de Tours. Le duc de Ghoiseul, ministre tout-puissant en 1766, gouverneur de la province de Touraine, possesseur du château de Chanteloup près d'Amboise, fut certainement consulté, peut-être même provoqua-t-il la nomination de Du Cluzel. Ce n'est là qu'une hypothèse, mais les excellents rapports que Du Cluzel ne cessa d'entretenir avec le duc de Ghoiseul lui donnent une apparence de vérité. Pendant l'administration de Du Cluzel, Choiseul ne cessera d'intervenir dans les affaires intéressant la générahté, la province de Touraine et surtout la ville de Tours ; il aplanira bien des difficultés et fera accorder bien des faveurs. Quand il venait à Tours, il ne dédaignait pas de descendre à l'hôtel de l'Intendance.

Une lettre adressée à Du Cluzel, le 9 juin 1767, moins de trois mois après son arrivée à Tours, nous donne une preuve de l'affection que Ghoiseul avait pour lui. M. de Follin lui écrit : « J'ose espérer que vous vou- « drez bien vous intéresser pour moi auprès de M. le « duc de Choiseul, qui a beaucoup d'estime pour vous « et qui a égard à vos demandes, tant vous êtes estimé « et aimé de ce seigneur ^ » Ce n'est pas en trois mois que Du Cluzel aurait pu gagner l'affection de Choiseul. il resta l'un des familiers de Chanteloup, môme après l'exil du ministre et c'est souvent à Chanteloup que ses secrétaires lui envoient sa correspondance. Il fut l'un

' Aicli. dép. d'Iudre-el-Lolre, C, 45.

DU CLUZEL, SA FAMILLK, SES RELATIONS 17

des premiers à féliciter Choiseiil quand il eut été rappelé à la Cour après la mort de Louis XV et c'est lui qui reçut les délégués du corps de ville, venus à Clianteloup le 12 juin 1774, pour complimenter la duchesse K Du Cluzel sut également inspirer l'amitié la plus sincère au garde des sceaux. Hue de Miromesnil. Ce ministre intervint, en 1781, de la manière la plus pressante auprès de Chérin, généalogiste de la couronne, pour qu'il donnât des certificats de noblesse à Du Cluzel et à son gendre, le comte Du Cluzel. Il déclare que ce sont pour lui « deux amis qu'il chérit véritablement ~ ». Une question intéressante à étudier, mais qu'il est bien difficile d'éclaircir faute de documents, est celle des relations de Voltaire et de Ou Cluzel. En novembre 1768, au bas d'une note destinée à son secrétaire, Du Cluzel ajoute ces mots : « Il doit m'arriver par Lyon des livres que m'envoie Voltaire, il faudra me les faire passer sur-le-champ"'. » C'est la preuve évidente qu'il y a eu une correspondance entre le grand écrivain et l'intendant. 11 est probable que cette correspondance n'a pas eu un caractère exclusivement littéraire. L'époque de Ferney fut celle de la puissance de Voltaire, celle des services rendus au bien public ; les philosophes le reconnaissaient pour chef, ses disciples augmentaient tous les jours, ils étaient partout, jusque dans les conseils du roi; Du Cluzel fut sans doute du nombre. Par ses idées, il se rapproche de Turgot; quelquefois même, nous le verrons, il le devança dans la voie des réformes; il n'est donc pas étonnant que Voltaire ait entretenu une correspondance avec Du Cluzel

1 Arch. mun. de Tours, Reg. des délib., juin 1774.

2 BiblioUi. nat., Périgord, 129.

3 Arcli. dép. d"Iudre-ul-Loire, C, 94.

18 LA GKNÉKALITÉ DE TOURS AU XVIll' Slf'CLE

comme avec Turgot. L'envoi de livres montre qu'il avait pour l'intendant de Tours une certaine amitié. Ce n'est pas un mince honneur que d'avoir été distingué par le patriarche de Ferney.

Si nous avons peu de renseignements sur les relations de Du Gluzel, il nous est aussi bien difficile de savoir quelles étaient ses idées. Nous n'avons trouvé aucune trace de correspondance privée, et la correspondance administrative ne suffit pas toujours pour faire connaître l'homme. Ce n'est que rarement, dans des notes confidentielles, destinées à son pecrétaire, que le caractère se révèle tout entier. En 1771, l'abbé Terray voulut augmenter les vingtièmes. Du Cluzel, dans un ordre à son premier secrétaire, déplore les augmentations d'impôts; il recommande des ménagements etsurtout des diminutions aux plus chargés, si l'on obtient plus que la somme demandée par le contrôleur général, car, ajoute-t-il, « tant que l'administration de la pro- '( vince me sera confiée, je ne consentirai à passer un « but auquel je trouve déjà qu'il est très douloureux « d'être obligé d'atteindre. J'envoie cette note à « M. Genty', pour qu'il la communique à)]. Courtalon^; « il peut être certain que c'est là ma profession de foi, il (■( me connaît assez pour spvoir que je n'en change pas. <( Jusqu'ici, je lui ai tenu parole et l'ai soutenu dans sa « besogne, comme je le lui avais promis, mais s'il « marchait sur d'autres principes que ceux ci-dessus « consignés, je le désavouerais -^ » Cette note respire un profond amour pour le peuple. Du Cluzel saisissait toutes les occasions pour diminuer les charges des con-

* M. Genly élait premier secrétaire de rintendance. ' Courtalon élail directeur des vingtièmes. 3 Arch. dép. d'Indre-et-Loire, C, 12.

tribuablcs. Necker l'en félicite le 5 août 1779'; il lui dit qu'il fera valoir auprès de Sa Majesté les soins qu'il donne à son administration. Jamais il ne consentit à sacrifier l'intérêt public à l'intérêt particulier. « Je pense (c très fort que la chose publique ne peut pas être arrê- « tée par des réclamations particulières, qu'on n'opére- « rait jamais le bien si on y avait toujours égard et « que, comme il n'y a aucune entreprise sans inconvé- « nients, ils ne doivent pas surprendre et encore moins « détruire l'effet d'un bon projet 2. » Il ne cessa de montrer le zèle le plus ardent pour le bien public; toute affaire intéressant la généralité lui devenait, pour ainsi dire, personnelle et pourtant il ne comptait guère sur la reconnaissance de ses administrés... « La « première récompense que puisse espérer un homme à « sentiments est l'injustice qui lui est rendue par le « public ^. » Il fit tant et si bien que le public eut à son égard des sentiments tout autres qu'il ne l'espérait en 1768. Il gagna l'affection générale. De tous côtés il reçoit les éloges les plus pompeux et les plus sincères. Le ton des lettres n'est plus le même quand les échevins de Tours, par exemple, s'adressent à Du Gluzel et à son prédécesseur Lescalopier, ou à son successeur D'Aine. Dans les unes, en effet, on ne trouve que les expressions officielles, banales, qui étaient pour ainsi dire obligatoires; les autres, au contraire, sont dictées par l'affection la plus profonde, la plus vraie. C'est là l'impression qui se dégage nettement de la lecture des nombreuses pièces relatives à son administration et des registres des délibérations du corps de ville de Tours,

* Arch. dép. d'Indre-et-Loire, C, 162.

2 Arch. dép. d'Indre-et-Loire, C, 257. Note à M. Genty.

3 Lettre au subdélégué de Tours, 29 avril 1768. Arch. dép. d'Indre- Loire, G., 109.

La lettre suivante adressée à Du Cluzel par le maire de Tours, en juillet 1782, nous donne une assez juste idée de l'opinion qu'on avait de lui: « Vous défrichez, ]\]on- « sieur, votre province qui était inculte avant votre « administration, vos yeux se jettent successivement « sur tous les objets de bien public; une émulation « générale et dans toutes les parties semble naître, « c'est peut-être de toutes les révolutions la plus heu- « reuse que vous ayez opérée. La confiance générale est « la récompense de vos services paternels, celle de « notre ville est entière*. »

Son entourage le plus intime avait pour lui une admiration profonde. A l'occasion d'une fête donnée à l'Intendance, l'un de ses secrétaires composa pour « Monsieur l'intendant de Touraine » les vers qui suivent :

J'étais las de chercher un grand dontia personne Ne reçiH pas d'ailleurs un éclat emprunté. Qui tout seul, ignorant ce que son rang lui donne, Pour lui-même se vît aimé, craint, respecté,

Savant, sans vouloir le paraître.

Qui chérît les beaux arts et qui sût les connaître, Enfin un grand digne de l'être, Toujours égal, toujours maître de lui.

Je le cherchais bien loin et je le trouve ici ^...

Nous connaissons la généralité de Tours, nous savons ce qu'était Du Cluzel, nous allons maintenant le voir à l'œuvre et examiner si son administration justifie réellement les éloges qu'ont faits de lui ses contemporains.

• Arch. dép. o'Indre-el-Loire, C, 106.

2 Ce dociiiieal nous a été communiqué par M. Bruley, arrière-petit-fils de l'un des secrétaires de Du Cluzel. Nous le prions d'agréer nos bien sineères remerciementa.

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