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^ Arcli. dép. dlndre-et-Loire. Lettre a Uu Cluzel, 2X février !7^2. <J., 28.
pécuniaire, ce fut le remboursement des offices de receveur et de contrôleur. Les éclievins n'avaient même pas attendu l'autorisation nécessaire, c'est sur leur propre fortune qu'ils avaient remboursé lesdits officiers pour lesquels ils négociaient depuis si longtemps'. L'abandon par le roi des 3,000 livres qu'il percevait sur les octrois l'aurait obligé à donner des indemnités à la ferme des aides ; la diminution de la banlieue aurait grevé la caisse des ponts et chaussées, et les ingénieurs s'empressèrent de réclamer contre la mesure proposée par le corps de villes
Le refus de la royauté amena une aggravation des dettes de la ville. En 1785, elle devait 123,000 livres par suite de l'aménagement nécessité par les foires franches dont Du Cluzel avait obtenu le rétablissement en 1782 ; elle ne payait plus personne, les créanciers réclamaient. Le corps de ville ne cesse de supplier le roi de statuer sur une situation semblable ; le 8 juillet 1785, il délègue le maire, M. de La Grandière, pour aller à Paris obtenir un règlement relatif à l'état financier delà ville ^. Enfin, un arrêt du 14 octobre 1785 ordonne la liquidation des dettes de la ville en huit ans, à raison de 15,433 livres par an. La perception des octrois appartenant à la ville devait se faire par la régie générale, à charge par elle de payer annuellement à la ville 32,000 Jivres dont 7,433 livres 15 sols étaient destinées au remboursement des dettes, conjointement avec la somme annuelle de 8,000 livres dont le roi se réservait d'ordonner l'impo-
' Les officiers municipaux, dans un Mémoire du 13 janvier 1773, demandent déjà à rembourser lesdits offices. Le receveur accepta d'être remboursé eu décembre 1780. mais la ville ne fut autorisée au remboursement qu'en avril 1783. Arch. dép. d'Indre-et-Loire, C.,27.
- Arch. dép. d'Iadre-et-Loire, C, 28.
3 Arch. mun. de Tours. Reg. des délib. du corps de Tille, juillet 1785.
sition sur la ville ^ pendant huit ans, au marc la livre de la capitation. L'arrêt de 1785 liquidait le passé, mais, puisqu'il y avait un'déficit annuel dans le budget, il fallait trouver le moyen d'empêcher la ville de Tours de s'endetter régulièrement et d'avoir besoin tous les dix ans environ de secours extraordinaires. Le successeur de Du Cluzel, D'Aine, propose au Conseil de surveiller de très près les finances de la ville de Tours et de fixer ses dépenses à 25,305 livres. Un avis conforme fut rendu le 12 août 1787 -.
Les officiers municipaux ne purent désormais effectuer aucun payement sans y être autorisés,savoir : pour les sommes excédant 500 livres, par le roi, et pour celles de 500 livres et au dessous, par l'intendant, sous peine d'en demeurer personnellement garants et responsables. Toutes les dépenses qui n'étaient pas d'une nécessité absolue furent suspendues ou rejetées. D'autres furent réduites. Ainsi la banlieue, qui absorbait plus de 8,000 livres, dut être entretenue avec 5,200 livres ^.
Ce règlement était loin d'être flatteur pour le corps de ville. Était-il avantageux pour la ville de Tours? Oui, en ce sens qu'il rendait les dettes impossibles; mais on ne pouvait évidemment diminuer de près d'un quart un budget aussi faible sans nuire à bien des intérêts. La royauté n'avait voulu sacrifier aucun de ses droits, aucun de ses privilèges et c'est pour cela que la ville de Tours, comme tant d'autres, obligée de supporter des charges trop lourdes, était dans une situation financière des plus précaires à la veille de la Révolution. Elle eut pourtant moins à se plaindre que toute autre, grâce à la
1 Arch. dép. d'Indre-el-Loire, C, 27.
3 Arch. dép. d'Indre-et-Loire. Lettre du 26 mai 1787, C, 27.
• Arch. dép. d'Indre-et-Loire, C, 27.
protection de Choiseul et à l'hublleté de Du Cluzel. De grands travaux qui transformèrent complètement la ville et qui avaient un caractère exclusivement municipal, comme l'hôtel de ville, la rue Traversaine, furent accomplis à l'aide de fonds fournis par l'Etat. C'était une sorte de remboursement des sommes que la ville considérait comme indûment perçues par le roi, mais que le roi, par question de principe, avait toujours refusé d'abandonner.
Le contrôle de l'intendant sur les finances municipales, en déchargeant pour ainsi dire le corps de ville de toute responsabilité, obligeait le gouvernement à venir en aide aux municipalités pour restaurer leurs finances, et cette crainte, en dehors même des sentiments qui animaient la plupart des intendants, aurait suffi pour qu'on ménageât les finances municipales. Le contrôle des intendants ne produisit que de bons résultats.
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