‹ La génération humaine (volume 2)Chapitre 19 sur 50 · Vagin. — 2. Utérus. — 3. Myome · texte numérisé non relu

Vagin. — 2. Utérus. — 3. Myome

La TUNIQUE SÉREUSE est une dépendance du péritoine ; elle recouvre la plus grande partie de l’utérus (fig. 56) et se réfléchit, en avant, sur la vessie et, en arrière, sur le rectum, après avoir tapissé le cinquième supérieur du vagin. En se portant de l’utérus aux parois du bassin, l’enveloppe séreuse forme les ligaments larges et uléro-sacrés dont nous avons déjà parlé, et qui contribuent à maintenir la matrice en position. Le contact du péritoine avec l’utérus et ses annexes exphque la fréquence de la péritonite à la suite des affections de ces organes.

Vaisseaux et nerfs de l’utérus. — De tous les tissus de l’économie, l’utérus est celui qui renferme le plus de vaisseaux : cette prodigalité de la nature est en rapport avec le rôle important que la matrice est appelée à jouer dans la propagation do l’espèce. La richesse vasculaire de l’utérus est la cause de son inflammation fréquente, ou mélrite (de fwrpa, mati’ice). Les artères décrivent de nombreuses flexuosités en

forme de vrilles (fig. 97), qui persistent même quand l’utérus est distendu parle produit de la conception. Cette disposition apour avantage de faire affluer dans le tissu utérin la plus grande quantité de sang possible.

Les veines sont volumineuses et inégales ; elles forment de petits réservoirs qui semblent creusés dans l’épaisseur de la tunique musculeuse et doivent à cette conformation le nom de sinus utérins.

Les nerfs de l’utérus viennent du système nerveux du grand sympathique qui préside aux rij. 97. — Arières hdlicines d.- Tovairo. fonctions de la vie végétative ; aussi les contractions de la matrice sont-elles indépendantes de la volonté L’accouchement peut donc s’effectuer pendant que la femme est en léthargie, ou dans le sommeil anesthésique, ou même après sa mort. Dans ce dernier cas, l’expulsion du fœtus est encore due à la pression produite par le dégagement des gaz de la putréfaction, qui détermine d’abord la sortie de l’enfant, puis celle de l’utérus et de l’intestin.

Les perturbations que, pendant la grossesse et même en dehors de cet état, l’utérus apporte dans les fonctions de l’estomac, viennent de l’origine commune de leurs filets nerveux qui émanent du grand sympathique. C’est ce qui fait dire à Beau que « l’utérus et l’estomac constituent une sorte de duumvirat de la pathologie de la femme ». Lucrèce, Virgile, Celse, Tacite, etc., employaient souvent le mot d’utérus comme synonyme d’estomac.

L’innervation des glandes mammaires a aussi la même origine que celle de l’utérus, et fait concevoir l’étroite sympathie fonctionnelle qui relie ces organes entre eux. Les anciens n ignoraient pas celte particularité, mais ils croyaient que la matrice est reliée à la mamelle par des vaisseaux communs, chargés d’y faire affluer le lait pendant l’allaitement ; de là l’expression métaphorique de « la montée du lait ».

XKOT.PEH UXÛIM.XES. - Lcs trompes utérines ou omductes (fi.. 98) sont des conduits situés da>is les ligaments larges et qui ont été comparé^ par Fallope à une trompette. D’abord droites et étroites, les trompes utérines deviennent llexncuscs, s’élargissent et se terminent par une extrémité libre llotiantc et evasee appelée pavillon. Celte extrémité est divisée en une douzaine de franges dentelees sur

OHGANES GÉNITAUX DE LA FEMME

leurs bords ; une d’elles plus longue, dite frange ovarique, se fixe à

La trompe utérine communique, d’un côté, avecla cavité utérine et, de l’autre, avec la cavité abdominale. Aussi conçoit-on que des liquides injectés à l’intérieur de l’utérus puissent pénétrer dans l’abdomen et déterminer une péritonite mortelle, Lorain a observé un accident de ce genre chez une jeune tille qui avait pris une simple injection vaginale. C’est afin d’éviter le passage du liquide dans les trompes, que le professeur Pajot a imaginé pour les injections intra-utérines, une seringue' à jets récurrents et continus (fig. 99).

Les trompes utérines favorisent le transport des spermatozoïdes, de l’utérus à l’ovaire et celui des ovules, de l’ovaire à l’utérus. Le passage des éléments générateurs femelles s’opère au moment de la ponte de l’œuf ou ovulation. Pendant cet acte, I3 pavillon étale ses franges, comme une griffe, sur l’ovaire pour saisir l’ovule au moment de son expulsion. Puis, les contractions de la trompe, jointes au.x mouvements ondulatoires des cils vibratils qui hérissent la muqueuse de ce conduit, aident l’ovule à gagner la cavité u érine.

Il peut arriver que, soit par un faux mouvement de la trompe, soit par une adliérence accidentelle de son pavillon, celui-ci ne vienne pas

l’ovair

Fig. 99. — Seringue à injections intra-ntérines.

coiffer exactement la surface de l’ovaire. L’ovule tombe alors dans la cavité abdominale : il s’y dissout s’il n’est pas fécondé ; mais, en cas contraire, il s’y développe et produit une grossesse extra-utérine.

DK8 OVAIRES. — Un anatomislc ancien a compai’é les ovaires à a de petits ermitages où le germe reçoit la visite du sperme». Ces organes doivent leur nom à leur fonction qui est de sécréter des ovules.

Au nombre de deux, les ovaires sont situés dans les ligaments larges, en arrière et au-dessous des trompes de Fallope. Ils sont reliés à l’utérus par un cordon appelé ligament de l’ovaire (fig. 98) ; de là vient leur grande mobilité qui les dispose aux déplacements et aux hernies.

Les ovaires ont la forme et le volume d’un œuf de pigeon aplati. Leur couleur est blanchâtre ; leur surface est unie chez la jeune fille, elle devient bosselée, rugueuse, crevassée et se couvre de cicatrices dans un âge plus avancé : les ovaires ont alors l’aspect d'un noyau de pêche. De quarante à quarante-cinq ans, ces organes s’atrophient et cessent de fonctionner.

Section verticale de l’ovaire.

jaune. — ii. Vaisseaux Je l’ovaire.

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