‹ La génération humaine (volume 2)Chapitre 33 sur 50 · l'iliao.iucmciU fœlus · texte numérisé non relu

l'iliao.iucmciU fœlus

du

DE LA GUOSSESSE.

fœtus prend l’altitude qui exige le moins d’espace possible. Le tronc est courbé en avant (fig. 143), la tête inclinée sur la poitrine, les avant-bras croisés sur le thorax, les cuisses appliquées sur l’abdomen et les jambes fléchies sur les cuisses. Le fœtus représente alors un ovoïde de 0,30 de grand diamètre. Le plus souvent, vingt fois pour une envi-

Fig. l iO. — Dispositioa normale du fœtus dans l'utérus.

ron, sa position dans l’uterus est telle que la tête est placée en bas (fig. 146), le dos dirige à gauche et le siège dans la région épigastiique. Aussi, dans les derniers mois de la grossesse, les mouvements de l’enfant sont-ils surtout accusés vers la partie supérieure de l’abùomen et du côte droit, ou ils sont déterminés par les secousses énergiques des pieds.

La position renversée du fœtus est la plus favorable à l’accouchement, et c’est pour la conserver que, d’après Aristote, la nature a donné à la tête fœtale un poids relativement considérable. Jlais P. Dubois a démontré que l’influence delà pesanteur était nulle, puisqu’en plongeant un fœtus mort dans une baignoire, remplie d’eau, toutes ses parties gagnaient le fond en même temps. On admet généralement, avec le professeur Pajot, que la disposition du fœtus dans la cavité utérine dérive du principe suivant : Quand un corps solide est contenu dans un autre, si le contenant est le siège d'alternatives de mouvements et de repos, si les surfaces sont glissantes, le contenu tendra sans cesse

à accommoder sa forme et ses dimensions aux formes et à la capacité du contenant. Placez un œuf transversalement sur un coquetier et imprimez à celui-ci de petites secousses : en vertu de la loi précédente, l’œuf changera de position jusqu’à ce que ses parois se mettent en contact avec celles du vase ; il en est de même de l’œuf humain dans le bassin de la femme.

Les anciens croyaient que, pendant les six premiers mois de la grossesse, le fœtus restait assis sur l’angle sacro-vertébral et, qu’à la fin de cette époque, il opérait une sorte de culbute pour diriger sa tête en bas. Les recherches de M. Pinard semblent, au moins quant au fond, confirmer la justesse de cette théorie : ce savant accoucheur a, en effet.

Fig. HT- — Préseolation da siège.

trouvé que la tête était, le plus souvent, dirigée en haut dans la première moitié de la grossesse et, en bas, dans la seconde. Mais le fœtus n’exécute pas toujours cette inversion et, dans ce cas, il consente jusqu’à l’accouchement la tête en haut et le siège en bas (fig. 147), comme il advint pour le Roi de Rome. Parfois il n’opere qu moitié son mouvement de bascule : la tête se trouve, alors, dans 1 un des flancs et le siège dans l’autre (fig. 148).

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S’il s’agit d’une grossesse gémellaire, les jumeaux ont chacun la tête dirigée en bas, ou sont placés tête bêche (fig. Ii9,150j. Viardel a prétendu que lorsque les jumeaux sont du même sexe, ils sont contenus dans une poche amniotique unique, et que celle-ci est double, quand ils sont de sexe différent, « afin, dit-il, d’inspirer aux hommes, dès le premier moment de leur formation, des lo's et des règles pour la chasteté ». Mais il est au contraire reconnu que les jumeaux ont, le

r\g. 148. — Présentation do l’épaule.

plus souvent, le même sexe et qu’ils sont isolés dans une cavité distincte.

L énorme distension que donnent à l’utérus les grossesses multiples est la cause qui les fait généralement terminer avant terme.

COTVFORM./IXIOX aXTÊRIEURE DU EOEXUS.-VerS la fin de la grossesse, un point d’ossification apparaît à l’extrémité inférieure du* /lémur de 1 enfant (fig. I5i). La recherche de ce point osseux sur le cada\Te d un fœtus permet au médecin légiste de dire s’il est né à terme ou non. Cependant, ce signe ne saurait être considéré comme un caractère absolu de maturité d i fœtus, car il manque quelquefois.

Avant la naissance, les poumons fœtaux ont une couleur brune

LA GÉNLUATION HUMAINE.

foncée ou rouge lie de vin et vont au fond de l’eau ; quand l’enfant a respiré, leur couleur devient rose et ils surnag"nt. Ces signes sont de précieux indices, dans le cas d’infanticide, pour reconnaître si un enfant est mort-né, ou s’il était vivant au moment du crime.

FOXCXIOXS I»Rï:VCII*A.LES E)U FCHSXUS. CIltCUEATIOX.

La fonction respiratoire n’étant pas encore établie chez le fœtus, le

pig. 119. Grossesse gémellaire. Les Jcus focius se préscaleat par la lêle.

placenta remplit le rôle des poumons et présidé au phénomène de riiématose, c’est-à-dire à la transformation du sang veineux en artériel. C’est par un échange endosmotique, et non par communication directe des vaisseaux du placenta avec ceux de 1 utérus, que le sang du fœtus emprunte à celui de la mère les matériaux necessaires à sa nutrition. Le sang ne passe donc pas directement de la mère au fœtus, comme on le croyait autrefois. Les preuves pliydiologi([ues et palholo-

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'Tiques abondent pour démontrer que les circulations foetale et maternelle sont indépendantes l’une de l’autre. Nous n’en citerons que quelques-unes : le rliytbme différent des battements du cœur, facilement appréciables à l’auscultation ; le volume plus considérable des globules sanguins de l’embryon et du fœtus ; la possibilité à une femme exsangue de mettre au monde un enfant trés-vigoureux ; enfin, l’existence d’une maladie éruptive contractée par le fœtus, tandis que la

mère est réfractaire à l’épidémie. Ainsi, Mauriceau raconte qu’il fut lui-même affecté de variole pendant la vie intra-utérine, alors que sa mère n’en fut jamais atteinte: il avait contracté cette maladie de son frère qui en mourut.

On a aussi constaté que, dans l’empoisonnement par l’oxyde de carbone, le^ fœtus meurt après la mère. Mais, malgré les exemples de survie de l’enfant, quand une femme enceinte succombe accidentellement et que, pour fixer l’ordre de transmission des héritages, il est

nécessaire d’établir lequel des deux, de la mère ou de l’enfant, est mort le dernier, la loi tranche toujours la difficulté en faveur de la mère.

L’appareil circulatoire du fœtus diffère de celui de l’adulte non seulement par le placenta mais aussi par certains organes supplémentaires qui disparaissent et s’atrophient dès que les poumons entrent en fonctions, c’est-à-dire aussitôt après la naissance. Ces organes sont : 1® les vaisseaux du cordon (fig. 137), comprenant la veine ombilicale qui charrie le sang rouge de la mère au fœtus et les deux artères ombilicales qui rapportent le sang noir du fœtus à la mère ; 2° le canal veineux (K, fig. 152) qui est formé par la Fig 151 — Point d’os- l^'f^'^^’cation de la veine ombilicale (J), à son passification de rextrémité sage dans le fo’e, et débouche dans la veine cave inferieure du fémur. inférieure (A), laquelle remonte jusqu’à l’oreillette droite du cœur (L) ; 3" le trou de Bolal (0) qui est percé dans la cloison des oreillettes et établit, par l’intermédiaire d’une gouttière membraneuse, une communication directe entre la veine cave inférieure et l’oreillette gauche ; 4® le canal artériel (E) qui s’étend de l’artère pulmonaire (D) à l’aorte (B), avec laquelle il s’abouche en un point postérieur à l’origine des vaisseaux artériels de la tête et des bras.

Voici maintenant par quel mécanisme s’opère la circulation fœtale : le sang rouge, chargé des éléments nutritifs, part du placenta (M) ; il suit successivement la veine ombilicale (J), le canal veineux (K), remonte la veine cave inférieure (A), passe par le trou de Botal (0), arrive dans l’oreillette gauche (T), tombe dans le ventricule du même côté (V) et de là est lancé dans toutes les parties du corps par l’aorte (B) ; puis il retourne au placenta par les artères ombilicales (P) pour se régénérer. De plus, le sang noir,qui revient de la tête et des membres supérieurs par la veine cave supérieure (G), est déversé dans l’oreillette droite (L) , passe dans le ventricule correspondant (N), s’engage dans l’artère pulmonaire (D), traverse le canal artériel (E) et vient ensuite se mélanger au sang que l’aorte distribue au tronc et aux membres inférieurs : de telle sorte que ce vaisseau fournit à la tête et aux membres supérieurs du sang rouge, et au reste du corps du sang mélangé ; c’est ce qui explique le plus grand développement de la tête et des bras par rapport au tronc et aux membres inférieurs. Gomme l’embouchure du canal artériel (E) est peu éloignée de celle de l’artère sous-clavière gauche (S), qui se rend au bras du même côté, il s’opère à ce niveau un léger mélange des deux sangs, tandis que l’autre artère sous-clavière (ü) qui préside à la nutrition du bras droit.

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ne charrie que du sang rouge. On a expliqué par cette parfcularilé la supériorité du bras droit sur le bras gauche.

L’analogie fonctionnelle qui existe entre le placenta et les poumons est encore démontrée par ce double fait physiologique : la veine ombilicale charrie du sang rouge comme les veines pulmonaires auxquelles die correspond, et les artères ombilicales, qui sont les analogues des artères pulmonaires, ont comme ces dernières du sang noir.

Nous avons déjà dit qu’après la naissance, tous les organes supplé-

Fig. 152. — Fignrc sdiématiqne montrent le système circulatoire dn fœtus.

.. Veine cave inférieure. — B. Artère aorte. — C. Veine cave supérieure. — D. Artère pulmonaire. — E Canal artériel. — F. Carotide droite. — C. Carotide gauche. — H. Veine

~ K- Canat veineux. — L. Oreillette droite.— M. laccnta. — N. Ventricule droit. — 0. Trou de Botal. — P. Artères ombilicales. — Q Poumon gauche. — U. Artere pulmonaire. — S. Artère sous-clavière gauche. — T. Oreillette triân». ~ , Ancre sous-clavière droite. — V. Ventricule gauche. — X. Artères hypogas- ~ A. Gouttière conduisant le sang de la veine cave inférieure A, dans lareuiette T, en passant par le trou de Botal 0.

mentaires s’atrophient. Quelquefois, cependant, le trou de Botal persiste et le sang reste mélangé. La peau prend alors une teinte violacée qui a fait donner à cette aûèction le nom de maladie bleue ou cuanose (de xùxvoç, bleu).

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SETVSEKII.IXÉ rotxAï.ic. — L’applical'on d’un corps froid sur le ventre de la mère suffit pour réveiller la sensibilité cutanée du fœtus et provoquer des mouvements plus ou moins violents. C’est un moyen conseillé par les accoucheurs pour établir le diagnostic de la grossesse.

La compression trop forte de Tabdomen produit le même résultat. Dans l’un et l’autre cas, ces mouvements provoqués sont l’indice d'un certain malaise et démontrent que, pendant la grossesse, il faut tenir le ventre chaudement et éviter de le comprimer.

sÉcitÉxio:^s nu foïîxus. — Les produits de sécrétion du fœtus sont peu abondants, par suite de l'inaction de ses fonctions digestives. Vers la fin de la grossesse, l’intestin se remplit d’une matière épaisse d’un noir verdâtre, formée d’un mélange de bile et de mucus intestinal. L’analogie de couleur et de consistance que cette matière offre avec le suc de pavot lui a fait donner le nom de méconium (de [Jir;/.ü)v, pavot). Elle n’est expulsée que dans les premiers jours de la naissance et les nourrices disent que l’enfant « se vide ». Sa présence dans les eaux de l’amnios, au moment de l’accouchement, indique la mort ou, au moins, la souffrance de l’enfant.

L’urine est aussi sécrétée par le fœtus, mais en faible quantité, et elle se répand dans le liquide amniotique, avec lequel elle se mélange. La miction du fœtus est généralement contestée ; elle est cependant démontrée par l’existence de l’urée dans les eaux de l’amnios et par les cas de rupture de la vessie, quand l’urèthre imperforé laisse accumuler l’urine à l’intérieur de ce réservoir.

L’enduit sébacé ou vernis caséeux, dont se couvre la surface du corps, est une sécrétion qui provient des glandes' sébacées de la peau. Elle protège le fœtus contre la macération et facilite son passage au moment de l’accouchement.

AIVOMAI.IES nu m':VEI.Oni»EMEI¥X DE E’OEUE. ÜIOIVS-

XUU08IXÉ8. — Sous l’influence d’un état morbide particulier de l’œuf, ou, d’après quelques auteurs, à la suite d’une vive impression morale ressentie par la mère au début de la grossesse, le produit de la comception peut subir un arrêt de développement, de telle ou telle partie du corps et vient au monde avec un vice de conformation indélébile, comme le bec-de-lièvre (fig. Ii2) ; le coloboma de l’iris (fig. 153); les pieds-bots (fig. 154); l'hydrocéphalie (fig. 150); le spina bifida (llg. 155) ; les doigts palmés (fig. 158), bifurqüés (fig. i57), surnuméraires ; l’hermaphrodisme (fig. 49) ; l’inversion de tous les organes splanchniques, qui donne alors raison à Scagnarelle plaçant le

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foie à droite et la rate à gauche (1) ; l’avortement d’un ou de plusieurs

Fig. 153. — Coloboina de l’iris.

Fig. loi. — Fied-bol varus.

menabies, comme le peintre Louis Ducoruct qui, privé do ses bras tenait sou pinceau avec les pieds.

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