‹ La génération humaineChapitre 16 sur 45 · PÉRINÉE DE LA FEMME · texte numérisé non relu

PÉRINÉE DE LA FEMME

Région du périnée. — Nous avons vu que le peVme'e de l'homme comprend l'ensemble des parties molles qui forment le plancher du bassin. Chez la femme, les accoucheurs donnent ce nom à la région comprise entre la vulve et l'anus.

La longueur du périnée de la femme est de 3 centimètres environ. Mais grâce à l'élasticité des diverses parties qui entrent dans sa constitution, il se laisse facilement distendre et peut, au dernier temps de l'accouchement, mesurer jusqu'à 8 centimètres.

Structure du périnée. — Le périnée de la femme est formé du même nombre de couches que celui de l'homme. Sans compter la peau, il se compose donc de cinq couches superposées : deux plans musculaires compris entre trois plans aponévrotiques. La multiplicité de ces couches concourt à donner au plancher du bassin une certaine résistance.

Les muscles du périnée de la femme ont tous leur analogue dans le sexe masculin. Le plus superficiel est le sphincter de Vanus (fig. 136), dont les fibres s'entre-croisent en forme de 8 avec celles du muscle constricteur dumgin. Ce dernier rétrécit l'orifice vaginal et permet à la femme d'exercer une constriction plus ou moins énergique sur la verge pendant l'accouplement. Parfois, ce muscle estle siège de contractions spasmodiques très douloureuses, qui empêchent tout rapport sexuel et constituent l'état que nous avons déjà décrit sous le nom de vaginisme. Le plus souvent, on remédie à cette affection en se servant du procédé qui réussit dans la fissure à l'anus, c'est-à-dire la dilatation forcée.

On rencontre encore, sur les côtés, les muscles transverses et les musclQs ischio-caverneux. Les premiers sont destinés à élargir l'orifice vulvaire; ils agissent donc comme antagonistes du constricteur du vagin. Lesischio-caverncux,qui, chezl'homme, embrassent les racines des

ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME

corps caverneux, recouvrent chez la femme les racines du clitoris. Ces muscles concourent à l'érection du clitoris en y chassant le liquide sanguin que contiennent ses racines ; ils favorisent de plus les frottements de cet organe en l'attirant en bas, vers la verge, pendant la copulation.

FiG. 136. — Muscles du périnée.

A. Clitoris. — B. Méat urinaire. — C. Muscle ischio-caverneux. — D, M. Constricteur du vagin. — — E, M. Transverse. — F, M. Releveur de l'anus. — G. Sphincter de l'anus. — H. Anus. — K. Artère honteuse interne. — L. Branches h.imorrhoïdalcs. — M. Artère superficielle du périnée. — 0. Artère caverneuse ou clitoridienno. — P, P. Muscles grands fessiers.

Enfin, on trouve pro'^ondémenl les muscles ischio-coccygien et releveur de l'anus, qui se confondent par leur bord contigu et semblent ne faire qu'un seul et même muscle. Leur action est identique dans les deux sexes ; nous l'avons déjà indiquée à la description du périnée de l'homme.

Déchirure du périnée. Périnéorrhaphie. - Le périnée se déchire quelquefois dans l'accouchement, soit à cause de sa faible résistance, suit par suite du développement exagéré du fœtus. Le plus souvent, la déchirure du périnée est peu accusée; quand elle s'étend jusqu'à l'anus on la dit complète el, dans cecas, elle transformele rectum

et le vagin en un vaste cloaque. C'est pourquoi les excréments liquides et les gaz s'échappent involontairement par la vulve ainsi agrandie et constituent 'me infirmité sociale des plus pénibles. On y remédie par l'opération de \a périnéorrhaphie (fîg. 137), qui consiste à aviver, avec le bistouri, les bords d ' la solution de continuité, puis à les maintenir en contact à l'aide de points de suture, jusqu'à ce que leur réunion soit complète.

DES MAMELLES

ARTICLE IV

DES MAMELLES

Lesmamelles ou seins (de sinus, sinuosité) forment le caractère distinctif des mamwz/ères (de mamma, mamelle, et /erre, porter), à la tête desquels se trouve l'homme.

Chez les animaux, les mamelles ne deviennent ordinairement apparentes qu'au moment de l'allaitement. Dans l'espèce humaine, les deux sexes sont pourvus de ces organes; mais chez l'homme, ils restent à l'état rudimentaire.

Usage des mamelles. — Les mamelles du sexe masculin n'ont aucune utilité connue; celles de la femme fournissent le lait qui sert d'aliment au nouveau-né.

Au point de vue plastique, les mamelles ont une certaine importance. « Bien proportionnées, dit Dionis, elles sont un des principaux ornements des femmes, particulièrement lorsqu'elles sont accompagnées d'une gorge bien taillée, et recouverte d'une peau fine : il faut aussi qu'elles soient blanches, rondes et médiocrement séparées dans leur milieu; qu'elles aient un mamelon vermeil et point trop gros; qu'elles ne soient point placées ni trop haut, ni trop proche des aisselles, et enfin qu'elles ne soient ni trop grosses, ni pendantes ; voilà les conditions qu'elles doivent avoir pour être belles, et pour estres propres à inspirer de l'amour. »

De tout temps, en effet, les mamelles ont été considérées comme un des principaux attributs de la beauté (i) ; aussi la plupart des femmes mettent-elles une certaine recherche à en laisser voir ou plutôt deviner les contours. Déjà saint Chrysostôme s'élevait avec véhémence, mais sans succès, contre l'habitude que les femmes de son temps avaient de se décolleter. De nos jours, les Espagnoles mettent moins de soin à cacher leur poitrine que leur pied, qui cependant est petit et bien cambré. De même les Musulmanes préfèrent laisser voir leur gorge que leur figure. Isabeau de Bavière, femme de Charles VI, se montrait dé-

(1) J.- J. Eousaeau dit qu'une femme sans gorge est un garçon manqué.

colletée jusqu'à la ceinture et un tableau de la collection Lachnicki nous représente Diane de Poitiers, maîtresse de Henri II, nue jusqu'aux hanches. Louis XV disait au marquis de La Fare, que la gorge est toujours la première chose qu'il faut regarder chez la femme. Louis XVIII faisait des seins de madame du Cayla un usage tout particulier ; il y déposait son tabac pour l'y renifler. On sait que LouisXIII, à l'exemple de Tartuffe, ne pouvait souffrir la vue d'un sein découvert. Un jour, il eut recours à des pincettes pour prendre un billet caché dans le corset de mademoiselle de La Fayette. Une autre fois, dans un voyage que fit ce prince à Poitiers, il y eut un grand couvert. Louis XIII, voyant à ses côtés le sein d'une jeune personne, en fut tellement indigné qu'il enfonça son chapeau sur ses yeux et les tint baissés pendant tout le reste du dîner. La dernière fois que le prince but, il retint une gorgée de vin dans sa bouche et lança cette réserve sur les appas indiscrètement exposés. La pauvre fille sortit toute confuse et s'évanouit dans la pièce voisine. Un écrivain jésuite, le P. Barri, en rapportant cette anecdote, assure que « cette gorge découverte méritait bien cette gorgée » .

Rapport des mamelles avec l'appareil génital. — Les

fonctions des mamelles et celles de l'appareil génital sont étroitement liées entre elles, et sont, en quelque sorte, subordonnées les unes aux autres. Les preuves de cette sympathie fonctionnelle abondent ; nous citerons entre autres : le développement rapide des seins à l'époquede la puberté ; leur gonflement à chaque époque menstruelle; leur atrophie après la ménopause; l'augmentation de volume produite par la grossesse ; la suppression des règles pendant la lactation ; les contractions utérines etl'avortement que peuveat provoquer les succions énergiques du mamelon ou l'application de sinapismes sur les glandes mammaires : la titillation du mamelon qui, chez certaines femmes ardentes, peut développer les sensations du spasme génital ; enfin l'influence de la montée du lait sur les lochies.

Le rapport intime qui existe entre les mamelles et les organes génitaux explique dans le langage vulgaire l'usage fréquent du mot « sein » comme synonyme d'utérus ; de là par exemple l'expression : « porterun enfant dans son sein ».

Situation, forme et consistance des mamelles. — Chez la femme, les mamelles ne sont pas à la même place que chez les animaux. « Nature, dit Plutarque traduit par Amyot, a fait descendre à bas, sous le ventre, les têtes de tous les animaux, mais à la femme,

DES MAMELLES

elle les a attachées à la poitrine en assiette propre pour pouvoir baiser, embrasser et caresser son enfant, en l'allaitant. »

La forme des mamelles présente de nombreuses variétés individuelles. Ces organes peuvent être hémisphériques, pyriformes, aplatis ou pendants. Les Ilottcntotes font subir à leurs mamelles un allongement si considérable qu'elles les jettent par-dessus leurs épaules pour allaiter leurs enfants.

Les mamelles offrent au toucher une certaine fermeté chez la jeune fille vierge et jouissant d'une bonne santé ; mais elles perdent leur consistance et deviennent flasques sous diverses influences, comme les attouchements répétés et la grossesse.

Volume des mamelles. Leur hypertrophie. — Le volume des mamelles est généralement en rapport avec le degré d'embonpoint, mais il varie suivant certains cas. Ainsi, elles se développent chez la jeune fille à la puberté, et l'on dit « qu'elle prend de la gorge », ce que les Latins exprimaient par ces mots : mammœ sororiantur » ; elles augmentent de volume pendant la gross^se et l'allaitement, et

A l'état normal, les deux seins ont rarement la même grosseur : le sein gauche est plus développé que le droit, sans doute parce que ce dernier est exposé à de plus fréquentes compressions que l'autre. Les nourrices n'ignorent pas cette particularité de conformation et montrent plus volontiers leur mamelle gauche au médecin qui les examine. Cette différence de volume est surtout accentuée chez celles qui ont déjà fait une nourriture, car elles portent de préférence l'enfant sur l 'avant-bras gauche, et donnent plus souvent le sein de ce côté.

Parfois, sans cause déterminée, les seins acquièrent un développement excessif. C'est ce qui constitue V hypertrophie mammaire. La gêne qui résulte de cet état morbide et le préjudice qu'il cause à la santé nécessitent, pour y remédier, l'intervention active du chirurgien. Une jeune fille de Saintes, âgée de vingt et un ans, présentant cette anomalie (fîg. 138) subit, avec succès l'ablation des deux seins ; le droit pesait alors trente livres et le gauche vingt livres et demie ; le poids des glandes mammaires représentait le tiers de celui de l'opérée.

Durston cite le cas d'une jeune personne dont l'une des mamelles pesait quarante livres et l'autre soixante-quatre. L'hypertrophie mammaire était particulière aux Egyptiennes : « Qui n'a vu à Méroé, dit Juvénal, un sein plus gros que l'enfant qu'il nourrit! »

Cette difformité des mamelles peut aussi s'observer dans le sexe

s'atrophient dans la vieillesse.

masculin, et l'on donne le nom de gynécomastes (de ^uv^i, femme, et l^aaxùç, mamelle) aux individus atteints de cette affection. Pétrcquin dit avoir vu à Pavie, chez un homme, une mamelle de 48 centimètres de longueur.

Nombre des mamelles. Mamelles supplémentaires.

— « Remarquez avecCicéron, dit Fénélon dans son Traité de l'Existence de Dieu, que les femelles de chaque e.-pèce ont des mamelles dont le nombre est proportionnel à celui des petits qu'elles portent ordinairement. Plus elles portent de petits, plus la nature leur a fourni de sources de lait pour les allaiter. » En général, les animaux ont un nombre de mamelles égal à celui des petits qu'ils produisent. Chez la femme, elles sont au nombre de deux. Parfois ces organes peuvent faire complètement défaut ; et cette anomalie coïncide, le plus souvent, avec l'absence de l'utérus ou des ovaires. Dans d'autres cas exceptionnels, on rencontre une ou plusieurs mamelles supplémentaires. Nous avons vu à l'hôpital Saint-Antoine, dans le service de M. Lorain, une nouvelle accouchée qui portait près des aisselles deux mamelles supplémentaires (fig. 139i, moins développées que les mamelles normales, mais fournissant du lait comme celles-ci.

Les mamelles supplémentaires n'ont pas de siège déterminé ; elles peuvent exister dans le dos comme chez certains rongeurs, ou même

Fig. 138. — Hypertrophie des soins.

DES MAMELLES

sur la cuisse, ainsi que l'a observé le D"" Robert (de Marseille), L'enfant de la femme qui présentait cette dernière anomalie a teté cette mamelle supplémentaire pendant vingt-trois mois alors qu'un nourrisson s'allaitait aux autres mamelles.

Adrien de Jussieu a publié l'observation d'une femme qui avait une mamelle supplémentaire dans l'aine, et c'était celle qui servait d'ordinaire à l'allaitement. Nous avons vu à l'hôpital Saint-Louis, dans le service du D"" Porak (salle Paul Dubois), une femme affectée d'hypertrophié mammaire présentant, en outre, sous le sein gauche, une mamelle supplémentaire qui donnait du lait.

FiG. 139. — Mamelles supplémentaires.

La mère d'Alexandre Sévère avait, paraît-il, trois mamelles. Anne de Boleyn, qui était en même temps sex-digi taire, présentait aussi cette anomalie ; quelques auteurs pensent que la malheureuse reine fut mise à mort parce qu'elle avait caché cette particularité à son mari, mais on sait que, pour se débarrasser d'une épouse qui avait cessé de plaire, Henri VIII l'accusa d'inceste avec son propre frère.

Les exemples de trois mamelles supplémentaires sont très rares-, on ne connaît guère dans la science que le cas d'une vivandière valaque (fig. 140), observépar Percy. GadneracitéunemulàtresseduCap, porteuse de six mamelles, et qui faisait les enfants par quatre et cinq à la fois.

Nous savons que les anciens symbolisaient la nature par une femme dont le corps était recouvert de mamelles (fig. 141) ; Rubens, dans le Triomphe de la Religion, se contente de donner six mamelles à ce même personnage allégorique (fîg. 142).

Conformation extérieure des mamelles. — La saillie plus ou moins prononcée que les mamelles forment de chaque côté de la poitrine expose ces organes à de fréquentes contusions et, par suite, aux affections cancéreuses, surtout chez les personnes qui ont une prédisposition héréditaire. Si le corset a de nombreux inconvénients, on peut, du moins, lui reconnaître l'avantage de mettre les seins à l'abri des chocs extérieurs. On connaît cette ancienne définition du

Fio. 140. — Trois mamelles supplémentaires. D'après Percy.

corset : il contient les forts, soutient les faibles et ramène les égarés.

Le point le plus saillant des mamelles est occupé par une éminence charnue, le mamelon, qui est entourée d'une zone colorée, dite aréole.

l» Mamelon. — La peau du mamelon est rosée chez la jeune fille et brune pendant la grossesse. Elle présente à sa surface des saillies rugueuses qui, chez les nourrices, sont souvent le siège d'excoriations connues sous le nom de gerçures, crevasses. Dans ce cas, la douleur

DES MAMELLES

provoquée par la succion du mamelon est si vive que l'allailement doit être interrompu et même supprimé.

En outre, ces excoriations sont souvent l'origine d'abcès de la mamelle, que l'on attribue communément à « un coup d'air ». On

FiG. 141. — Diane d'Ephèsc. Fac-similé d'une eau-forte, de François Perrior, 1636.

remédie à ces accidents en faisant usage de bouts de sein artificiels (fîg. 143, 144). Le mamelon jouit d'une grande sensibilité, surtout à l'approche des époques menstruelles. « Il est, dit Dionis, d'un sentiment vif, afin que l'enfant y cause, en le suçant, un doux chatouillement, et que la femme, y ressentant une espèce de plaisir, se porte

volontiers à donner à teter à son enfant aussi souvent qu'il en'a besoin. » Chez certaines femmes ardentes, la sensibilité du mamelon est telle qu'elles arrivent au paroxysme vénérien par la titillation soutenue de cet organe,

La forme et la grosseur du mamelon sont fort variables. Parfois, il atteint le volume d'un œuf de pigeon, ainsi que le D"- Pery (de Bordeaux), en a observé un exemple; dans certains cas, au contraire, il

FiG, 142. — La nature, d'après Pubcns.

est déprimé au point d'empêcher l'allaitement. On peut encore observer l'absence du mamelon comme vice de conformation congénitale, ou à la suite de gerçures étendues qui en provoquent la chute ; c'est ce qui constitue, selon l'expression de J.-J. Rousseau, « leteton borgne ».

Parfois, le même sein a plusieurs mamelons (fig. 145), mais le plus souvent, ce sont des pertuis où s'ouvrent des canaux galactophores et qui fournissent du lait comme les mamelons normaux.

Le sommet du mamelon est percé de quinze à vingt petits orifices, par lesquels s'écoule le lait. De nombreuses glandes versent à sa surface un enduit onctueux, qui préserve cet organe de l'action irritante de la salive et des succions de l'enfant.

DES MAMELLES

2» Aréole. — De mémo que le mamelon, l'aréole est rosée chez les femmes vierges et brunâtre chez celles qui ont eu des enfants. Elle est

FiG. 143.— Bout de sein, mameloa Fig. 144. — Bout do sein, plaque en bois

de caoutchouc. et teline en liège.

parsemée de quelques bosselures qui deviennent surtout apparentes pendant la grossesse (fig. 146), et qui prennent alors le nom de tuber-

Fig. 145. — Mamelons supplémentaires, d'après Isidore Geoffroy-St-Hilaire.

cules de Montgomery. Ces petites saillies résultent d'un amas de glandules, dont on peut faire sourdre, par la pression, un liquide transpa-: rent qui présente quelquefois tous les caractères du lait.

Chez la femme enceinte, on constate encore, autour de l'aréole, un cercle brunâtre, appelé aréole secondaire ou mouchetée, qui, nous.le verrons bientôt, est un des signes de probabilité de la grossesse.

Structure des mamelles. — Les mamelles sont constituées par la peau, par une couche de tissu cellulaire graisseux et par la glande mammaire.

La PEAU des mamelles est blanche, souple et unie. C'est la partie du corps qui est recouverte de la plus grande quantité de poils; mais ils sont si peu développés qu'ils restent à l'état de duvet et sont presque imperceptibles. Ils contribuent à donner à la peau des mamelles la douceur qu'elle offre au toucher.

L'énorme distension que la peau des mamelles subit pendant l'allaitement détermine souvent, à sa surface, des éraillures analogues à celles qui se produisent sur le ventre des femmes enceintes.

'FiG. 146. — Modification de Taréole et du mamelon pendant la grossesse.

A. Mamelon. — B. Âréole brune et tubercules papillairos. — C. Aréole mouchetée. — D. Commencement des éraillures de la peau du sein.

Au niveau de l'aréole, la peau renferme, dans son épaisseur, des fibres musculaires auxquelles Sappey a donné le nom de muscle aréolaire et qui, par leurs contractions, produisent les rides de l'aréole et le redressement du mamelon lorsque ces parties sont directement excitées.

Le TISSU cELLULO-GRAissEux forme autour de la peau une couche plus ou moins abondante et s'insinue dans les interstices delà glande mammaire. C'est à lui que la mamelle doit sa forme, sa consistance et la plus grande partie de son volume. Aussi, les seins les plus volu-

DES MAMELLES

milieux ne sont-ils pas toujours ceux qui fournissent le plus de lait. Ce tissu cellulo-graisseux manque chez la plupart des animaux; de là le faible développement de leurs mamelles en dehors de la période d'allaitement.

La GLANDE MAMMAIRE est formée de quinze ou vingt lobes résultant de l'agglomération de plusieurs lobules (fig. 148) qui se composent eux-

FiG. "147.— Glande mammaire. — M. Mamelon. — T. Sinus lactifère. — C. Canalicule. — P,P. Peau.

mêmes d'un grand nombre de petites vésicules, désignées sous le nom d'adm (de axtvo;, grain de raisin). De chaque lobe part un canal appelé conduit lactifère ou galactophore^ qui reçoit les ramifications d'une foule de canalicules s'anastomosant entre eux et provenant des acini. Les conduits galactophores se dirigent vers le mamelon et chacun d'eux vient s'ouvrir à son sommet par un orifice distinct (fîg. 147). Avant de pénétrer dans le mamelon, ces conduits présentent une forme d'ampoule, dite sinus lactifère^ qui sert de réservoir au lait pendant l'établissement de la lactation. De là, la facilité avec laquelle on peut, parla pression des doigts, faire jaillir le lait du sein d'une nourrice.

L'engorgement des canaux laclifères détermine la rétention du lait dans la glande mammaire et, par suite, le gonflement très douloureux de cet organe. C'est à cette affection que l'on donne communément le nom de poil, sans doute à cause de l'erreur des anciens qui l'attribuaient à la présence d'un poil que la femme avait avalé par mégarde et que 1 enfant devait retirer en tetant pour (aire cesser l'engorgement.

En promenant les doigts sur la mamelle, les lobes donnent la sensation de petites masses de consistance variable. Il en est dont la dureté fait croire à l'existence d'une induration morbide. Parfois, ces lobes s'hypertrophient réellement et constituent les tumeurs adénoïdes qui se distinguent des cancers du sein en ce qu'elles n'adhèrent pas à la peau et sont peu douloureuses.

On rencontre encore dans le sein des corps étrangers qui peuvent faire croire à une affection de mauvaise nature, ainsi qu'il advint à la célèbre actrice Augustine Brohan dans la circonstance suivante :

avant de subir l'ablation du sein droit, reconnu cancéreux par plusieurs célébrités, cette artiste vint consulter Ricord qui trouva une indiscrète aiguille à la place d'un cancer : « A l'avenir, dit-il en retirant ce corps étranger, ne prenez plus cet organe pour une pelote. »

FlG.

Page 1