CONDUITS DESTINÉS AU COURS DU SPERME
Ces conduits s'abouchent les uns dans les autres et comprennent de bas en haut: 1" Vépididyme; 2° le canal déférent; 3° les conduits éjaculateurs ; 4° le canal de Vurètre.
1° Épididyme. Orchite. — Vépididyme (de ènl, sur et 8i8u,u.6ç, testicule) est un petit corps oblong situé sur le bord postérieur du testicule qu'il coiffe à la façon d'un cimier de casque (6, fig. 14). On l'a encore comparé à un ver à soie. Son extrémité antérieure, ou iête^ reçoit les cônes efférents du testicule ; son extrémité postérieure, ou queue, se continue avec le canal déférent; quant à sa sa partie
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moyenne, ou corps, elle n'adhère pas au testicule : de là cette autre comparaison de l'épididyme avec l'anse d'un panier.
L'épididyme est composé d'un canal flexueux (6, fig. 10 j, replié un grand nombre de fois sur lui-même. Déplissé, il mesure une longueur de 6 mètres environ.
L'inflammation de l'épididyme, ou épididyniite, est le plus souvent désignée sous le nom impropre d'orchite (de op^iç, testicule) : or celle-ci est assez rare et constitue, à proprement parler, l'engorgement inflammatoire de la glande séminale; tandis que Vépididymiie est très fréquente et apparaît généralement soit après une violence extérieure, soit dans le cours de l'inflammation de l'urètre ou blennorrhagie, dont nous parlerons bientôt : on dit alors que « la chaudepisse est tombée dans les bourses ».
1. Canal déférent. — 2. Artère déférentielle. — 3. Artère spermatique. — 4, 5. Veines spermatiques. — FiG. 14. — Testicule et éléments du cordon 6. Corps de l'épididyme. — 7. Tête. — 8. Queue. — spermatique. 9. Hydatide de Morgagni.
Sous l'influence de cette afl'ection, l'épididyme augmente considérablement de volume et peut, dans certains cas, atteindre les dimensions du poing. Mais sa tunique fibreuse oppose bientôt une résistance qui occasionne les douleurs aiguës de l'épididymite. C'est pour arrêter cet étranglement douloureux que Vidal, de Cassis, pratiquait des incisions multiples sur le siège de la tuméfaction.
L épididymite a ordinairement pour conséquence l'oblitération de l'épididyme. L'obstruction de ce canal s'oppose, par suite, à l'écoulement du sperme et si elle porte sur les deux épididymes, il en résulte une cause de stérilité qui persiste jusqu'à ce que l'un de ces canaux soit redevenu perméable.
Une particularité curieuse de l'épididymite, c'est qu'elle accompagne fréquemment les oreillons ou engorgement des glandes parotides situées en avant des oreilles.
2° Canal déférent. — Le canal déférent (de défera, j'emporte) s'étend de la queue de l'épididyme au conduit éjaculateur du même côté. Il mesure environ 50 centimètres de longueur.
Pour faciliter la description de ce conduit, les auteurs le divisent en quatre portions : la portion testiculaire qui se réfléchit sur l'épididyme et décrit des circonvolutions lui donnant une certaine ressemblance avec une natte de cheveux (fig. 10) ; la portion funiculaire (de funis^
FiG. Ifi. — Canal déférent.
1. Sacrum. — 2. Pubis. — 3. Ischion. — 4. Rectum. — 5. Vessie. — 6. Uretère. — 7. Canal déférent. — 8. Testicule. — 9. Sos enveloppes. — 10. Cordon spermalique. — 11. Vaisseaux spermatiques. — 12. Plexus sacré. — 13. Vésicule séminale.
corde), ainsi appelée parce qu'elle occupe le cordon spermatique (7, fig. 15), et se distingue au toucher des autres organes qui l'entourent par la dureté de ses parois ; la portion inguinale qui traverse le canal de même nom ; enfln, la portion pelvienne (de pelvis, bassin) qui se dirige vers le bas-fond de la vessie, après avoir abandonné les autres parties constituantes du cordon spermatique.
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Le calibre du canal déférent est capillaire, mais ses parois sont très épaisses ; ce qui lui permet de résister aux tiraillements de la glande séminale dont il est le principal agent suspenseur.
3° Conduits éjaculateurs. — Ils sont au nombre de deux (m, fig. 1). On peut les considérer comme les canaux excréteurs des vésicules séminales ; ils partent, en effet, du col de celles-ci et viennent s'ouvrir, après un trajet de 2 ou 3 centimètres, dans la région prostatique de l'urètre, sur les côtés d'une éminence dite verumontanum (6, fig. 20) .
Ces conduits sont, à leur terminaison, séparés l'un de l'autre par une petite poche membraneuse appelée utricule prostatique (7), qui exerce une compression élastique et permanente sur les parois de ces conduits et s'oppose, de la sorte, au passage du sperme pendant le repos des organes générateurs.
¥ Canal de l'urètre. — Vurètre est un conduit qui, chez l'homme, sert à l'émission du sperme et de l'urine. Son calibre moyen est évalué à 7 millimètres de diamètre ;mais il peut, par la dilatation forcée, atteindre 1 centimètre et même au delà. Il permet l'entrée de corps étrangers relativement volumineux : Civiale a trouvé dans la vessie d'un homme un médaillon long de 3 centimètres et large de 1 cen-
timètre et demi ; des blanchisseuses le lui avaient introduit pendant qu'il était ivre.
C'est aussi grâce à l'extrême dilatabilité de l'urètre que l'on peut introduire dans ce canal divers instruments tels que Vurétroscope
Fio. 16. — Urétroscope de J. Desormeaux.
(fig. 16), qui sert à examiner à l'œil nu la muqueuse urélrale pour en apprécier les altérations ; et les appareils lithotriteurs (de Xi'Ooç, pierre
Fig. 17. — Brise-pierre.
et terere^ broyer) qui sont destinés [au broiement de la pierre à l'intérieur de la vessie.
Dans son trajet, qui s'étend du col de la vessie à l'extrémité de la verge, l'urètre décrit deux courbures comparables à celles d'un S italique : l'une, postérieure, est fixe et l'autre, antérieure, s'efface
FiG. 18. — Courbures de l'urètre (Fort).
1. Coupe de la symphyse pubienne. — 2. Vessie. — 3, 3. Uretère gauche s'ouvrant dans la vessie. — 4. Canal déférent. — 6. Vésicule séminale. — 6. Prostate. — 7. Glandes de Môry ou de Cooper. — 8. Bulbe. — 9. Fosse naviculairo. — 10. Corps caverneux. — !!• Scrotum. — 12. Verge relevée, en érection.
pendant l'érection (fig. 18). Chez les sujets qui ont subi l'amputation
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de la verge, la courbure profonde persite seule, et pendant la miction le jet d'urine est fortement dirigé en haut.
La fixité delà courbure postérieure explique l'incurvation des sondes métalliques (fîg. 19) que l'on emploie au cathétérisme (de xaGt^vat, plonger) de l'urètre, soit pour dilater les rétrécissements organiques de ce conduit, ' soit pour favoriser l'écoulement de l'urine dans les cas de rétention.
Le canal de l'urètre, dont la longueur oscille entre 16 et 20 centimètres, a été divisé par les anatomistes en trois portions distinctes, qui sont, d'arrière en avant : les portions prostatique^ membraneuse q\. spongieuse (fîg. 20).
FiG. 19. — Cathétérisme de l'urètre. — Les doigts sont placés sous le périnée pour faciliter
l'introduction de la sonde. (Voillemier.)
Portion prostatique. Incontinence d'urine. — La portion prostatique doit son nom à ce qu'elle est pour ainsi dire sculptée dans l'épaisseur de la glande prostate qui entoure le col de la vessie. Sa longueur est de 27 millimètres ; elle a la forme d'un fuseau et présente sur sa face inférieure une saillie blanchâtre appelée crête urétrale ou verumontanum (6, fig. 20). Cette éminence augmente de volume pendant l'érection, et elle s'oppose ainsi, d'une part, à la sortie de l'urine, de l'autre, au reflux du sperme dans la vessie lors de l'éjaculation. Cette disposition explique la difficulté de la miction pendant l'érection complète.
On remarque, sur les côtés de la crête urétrale, l'ouverture des