EMBRYOGÉNIE, ENFANCE
-doit se compléter par la grossesse et l'allaitement. La perfection de l'organisation humaine, autant que les facultés morales et intellectuelles apportées dans l'acte de la génération, légitiment donc cet ordre à part pour en fixer les différences avec le règne animal. La supériorité de l'homme dans la création et la fonction spéciale de la femme ne permet talent pas de les confondre. Leurs organes sexuels, en en formant le type, trouvent naturellement la place de leur description ici pour ne pas faire double emploi. Tous les détails nécessaires à l'intelligence de cette fonction se trouveront réunis avec les signes qui l'annoncent et les diverses conditions influant jur son développement.
Embryogénie et Enfance.
Les organes génitaux sont, à la naissance de l'enfant, le caractère distinctif du sexe. Il n'en est pas de même à l'origine de la vie, après la fécondation. La conception qui en forme la première période, distinguée et figurée plus loin par deux corps radiés ou globules polaires, ne se différencie par aucun caractère spécial entre les deux sexes, et il en est de même durant les deux à trois premières semaines de la vie intra-utérine. Une telle confusion existe entre les diverses parties de l'embryon, vues au microscope, que la distinction dii sexe est impossible. L'observation directe montre bien deux zones disîiiictes de l'appareil génital, l'une interne, l'autre externe.
formant chacune un champ d'cvolut'on organique se développant séparément pour produire l'upparcil unique chargé de la génération, mais sans pouvoir ak^ûlument rien distinguer de particulier dans la forme des parties de celle-ci. La zone interne, formée par la coexistence du corps de Wolff et du conduit de Mûller, qui sont isolément les éléments constitutifs de chaque sexe, ne permet pas de dire quel il sera. Tel est l'hermaphrodisme embryonnaire.
La différence du sexe résulte du développement de l'un de ces canaux au détriment de l'autre qui s'atrophie simultanément. Sic'estle corps de Wolff, il donne naissance au spermiducte et concurremment au testicule et c'est un garçon. Si, au contraire, le conduit de Mûller prend le dessus, il en résulte un oviducte et un ovaire et c'est une fille. Mais comme ces organes sont doubles et symétriques, ils peuvent se développer parfois inversement et constituer l'hermaphrodisme réel ou seulement un demihomme ou une femme incomplète par ces anomalies de l'organisation. De là un sexe double, sinon la moitié d'un seul.
Des anomalies semblables se produisent d'autant plus dans la zone externe que ces deux extrêmes sont reliés entre eux, au moins chez la femme, par une zone intermédiaire qui les rend solidaires. De là souvent un hermaphrodisme apparent à la naissance et qui peut faire confondre un sexe avec l'autre et enregistrer un garçon pour une fille et réciproquement, si l'on n'y fait attention. De nombreux exemples de ces graves méprises sont ainsi relatés à
ia Stérilité humaine T^ar l'hermaphrodisme apparent qui la détermine souvent.
L'enfant n'a qu'une vie individuelle et ne participe au monde extérieur que pour la satisfaction de ses besoins personnels. Confondus sous cette dénomination commune, les deux sexes se ressemblent au physique et au moral. Par cet égoïsme d'un in stant, l'enfant n'est pas une réalité, ce n'est encore qu'une espérance en s'ouvrant la voie de l'existence dont le but unique, aux yeux de la nature, est la production d'un être nouveau et semblable à lui. Il n'est ainsi rien dans le passé, peu dans le présent, tout dans l'avenir. A mesure qu'il avance vers la puberté, les formes extérieures se modifient différemment suivant le sexe, la vie végétative change de courant et des tendances opposées dirigent l'esprit. Ces divergences s'accusent et se prononcent tous les jours davantage et les dissemblances s'accentuent jusqu'à l'époque de la puberté.
Puberté.
Littéralement, ce mot ne signifie, d'après son étymologie latine de puhescere, que l'apparition des poils sur la surface du corps. Mais on doit l'entendre de tous les phénomènes qui accompagnent cette première manifestation sexuelle. La puberté s'annonce» chez les deux sexes, par le développement des organea sexuels et la stimulation, le prurit et même l'irritation intolérable dont ils deviennent le siège par la.
formation et l'accumulalion des germes reproducteurs. Le jeune homme et la jeune fille sont ainsi conduits à se rapprocher l'un de l'autre pour calmer ce sentiment pénible en le satisfaisant.
La puberté a été employée longtemps comme synonyme de nubilité, quoiqu'il y ait une grande différence entre elles. La première est l'apparition des phénomènes qui annoncent, chez les deux sexes, le début de la faculté procréatrice, c'est-à-dire la sécrétion spermatique chez les garçons et l'ovulation chez les filles, marquée par un écoulement sanguin; la nubilité, au contraire, est l'accomplissement complet et régulier de ces deux fonctions dont le développement s'accroît graduellement avec les autres parties du corps. La différence est donc considérable. L'aptitude procréatrice des premières années, quand le corps du jeune homme s'accroît encore, n'estque le prélude de son évolution complète, le signe initial de cette grande phase de l'organisme qui constitue l'un des âges de l'homme. La mettre à l'épreuve, et surtout en abuser alors, entraîne les plus funestes conséquences pour la santé et la longévité des parents, la force et les probabilités de vie des enfants. La croissance, le développement physique et moral des procréateurs, doivent être complets, pour que la progéniture soit robuste et bien conformée. Pour donner la vie à un nouvel être, il faut la posséder dans toute son intensité, comme elle existe seulement à l'âge de virilité complète.
La faculté de procréer étant le point culminant du développement organique, c'est une loi, selon Bur-
tlach, qu'elle apparaît d'autant plus tôt que la vie est plus pauvre et courte, l'individualité moins prononcée, l'organisation plus simple et le corps plus petit. De tous les êtres vivants, l'homme l'acquiert ainsi le plus tard, quanta son âge et à la durée de sa vie. Elle n'a pourtant rien de fixe et varie suivant une foule de circonstances inhérentes à l'individu ou aux conditions dans lesquelles il vit.
Dans nos climats tempérés, la puberté se montre ordinairement de 15 à 16 ans chez les garçons et de 15 à 14 ans chez les filles. Le droit français en a fixé l'époque à 14 ans pour ceux-là et 12 pour celles-ci ; mais, dans les climats plus au nord que le «entre de la France, elle est fréquemment retardée de deux à trois ans, si l'on compare des individus semblables. La puberté est plus précoce chez ceux qui sont forts, robustes, bien développés, que chez ceux qui sont faibles, délicats.
L'influence du climat ou plutôt de la température est si décisive sur le développement du sens génésique que la puberté en est avancée ou retardée. Sous les climats chauds des tropiques, les fillles «ont réglées dès 8 à 10 ans, les garçons sont aussi pubères plus tôt. Elle est si manifeste que des jeunes filles de 9 à 10 ans, réglées dans les Indes orientales, ont cessé de l'être aussitôt leur transport en Europe et surtout en Angleterre, jusqu'à 14 et 15 ans, sans que leur santé en souffrît dans l'intervalle. On voit ainsi, sous cette influence excitatrice
M« LA GÉNÉRATIOU.
de la chaleur, des garçons de 15 ans se marier avec des filles de 12 à 13 ans, comme j'en ai été témoin une fois dans l'Amérique du Sud. C'est le contraire dans les pays froids, au rapport de tous les voyageurs.
On ne peut douter de cette influence de la chaleur, d'après l'exemple des femmes habitant des pays trè» froids, comme les Samoyèdes, Elles sont aussi précoces que celles des tropiques en vivant presque toute l'année dans des souterrains où règne une chaleur étouffante, produite par la vapeur de l'eau jetée sur des pierres rougies. Si l'hérédité y contribue, à la longue, ce contraste, avec ce qui se passe dans les autres pays froids, témoigne de l'action de la chaleur sur la menstruation et peut la faire servir dans un but thérapeutique.
L'action de l'hérédité et de la race est si profonde sur le développement de cette fonction, que les négresses, nées en Europe, sont réglées de bonne heure comme sous le ciel brûlant de l'Afrique. Les créoles, nées dans les pays tempérés, héritent de la disposition organique de leurs mères. Les Juives conservent de même partout cette marque "distincte d'une puberté précoce. Sur cent femmes de la race slave en Pologne, on en trouve à peine une qui soit réglée à 13 ans, tandis qu'on en trouve déjà douze parmi les Juives, dit le docteur Raciborski.
Les femmes des grandes villes, par leur genre de vie, leurs habitudes, leur régiuie, leurs plaisirs mêmes, qui en font autant d'excitants, partagent aussi cette précocité de la menstruation sur les campagnardes. Il semble, dit Brière de Boismont, que
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celte précocité du système nerveux soit une viritable serre faisant éclore les règles et remplaçant, jusqu'à un certain point, la chaleur des contrées équatoriales. L'âge moyen de leur première apparition est de 16 ans à la campagne, de 15 dans les TÏlles, et de 14 à Paris, sans distinction de position ni de fortune.
Au point de vue du sens génital, qui doit seul nous occuper ici, voici les phénomènes qui s'observent. Les organes génitaux, qui n'avaient fait que se nourrir jusque-là, commencent à prendre plus de développement ; ils deviennent plus volumineux et plus excitables. Une connexion intime, encore inconnue, s'établit entre l'appareil génésique et le cerveau, ainsi que le reste de l'économie, surtout chez la jeune fille, qui en ressent les premières manifestations. Les seins se développent ainsi que les mamelons dont l'aréole se dessine. Les parties génitales se garnissent de poils, surtout le mont de Vénus, en même temps qu'il acquiert plus d'élévation et de largeur.
L'aspect extérieur de cette région, avant et après la puberté, se distingue par une différence très manifeste et sensible. Absolument glabre chez la petite fille, la fente vulvaire est verticale et cette ouverture en V regarde directement en avant. Elle est entr'ouverte en haut et cet écartement des grandes lèvres laisse voir le clitoris saillant et l'orifice du méat urinaire au-dessous. Fermée en bas,
elle cnclie et dissimule coniplètemciit Touverlure du vagin, comme pour en indiquer le rôle sans emploi. Cette disposition est surtout évidente chez les petites filles accroupies pour uriner.
Une disposition inverse s'observe ckez la jeune fille pubère. Ombragée ou garnie d'un duvet plus ou moins touffu et abondant qui la dissimule, la fente vulvaire s'étendant jusque près de l'anus est dirigée obliquement de haut en bas et d'avant en arrière. L'écartement supérieur n'existe plus et le clitoris et le méat en sont complètement cachés, dissimulés. Elle s'entr'ouvre au contraire en bas en découvrant l'orifice du vagin, comme pour indiquer le rôle actit qu'il est appelé à prendre. En outre les plis du vagin se multiplient, les grandes lèvres deviennent saillantes, fermes et rosées. C'est dans ces conditions que la première menstruation survient, par l'apparition du sang aux parties sexuelles, avec les symptômes et les modifications organiques qui l'accompagnent.
Connue sous les divers noms de m.enstrues, règles, lunes, époques, mois, etc., cette exhalation ou écoulement sanguin, qui a lieu périodiquement chez la femme, est le signe de sa fécondité. Elle apparaît ainsi de douze à seize ans. Un climat chaud, l'alimentation substantielle et excitante, les bals, les spectacles, la réunion des deux sexes, une constitution robuste, le tempérament sanguin, la navigation, en avancent l'apparition, tandis que les conditions opposées la retardent.
Un sentiment de lassitude générale avec pesan-
leur, chaleur, tension dans le bas-ventre, démangeaison avec écoulement muqueux, jaunàlre, plus ou moins abondant, en sont ordinairement les signes précurseurs. ?lus tard, il y a mal de tête, migraine, oppression, tuméfaction et sensibilité des seins, douleurs des cuisses, yeux ternes, cernés, teint bistré, haleine forte, impressionnabilité plus grande, propension à la mauvaise humeur, à la tristesse, au repos. Les femmes faible^ et nenveuses ressentent surtout ces malaises avec intensité. Ils diminuent ou cessent avec l'apparition du sang qui, rare, clair et pâle d'abord, se colore et s'épaissit en augmentant pour finir comme il avait commencé. Et tout rentre dans l'ordre.
La durée de l'écoulement du sang varie de quelques heures à plusieurs jours, ainsi que sa quantité. De quelques gouttes chez les unes, il constitue parfois une véritable hémorrhagie ou perte. Il est plus abondant chez les femmes précoces et dans les pays •chauds, à la ville qu'à la campagne.
Quant aux détails sur les causes, le mécanisme -et la périodicité de cette fonction, on les trouvera à VOvulation, qui se confond avec elle, après la description des organes qui en sont le siège.
Comme chez tous les mâles des grands mammifères, la puberté est plus tardive chez l'homme, parce que sa constitution robuste exige une nutrition préliminaire plus perfectionnée que la structure délicate ^e la femme.^ Elle est surtout apparente chez les
garçons par le développement du corps dans toutes ses parties. Les formes perdent leurs cimtours et deviennent anguleuses, la taille s'élance, la peau brunit et le menton se couvre d'un duvet cotonneux bientôt remplacé par la barbe. Les parties sexuelles se garnissent aussi de poils, ainsi que la poitrine et les aisselles. La voix devient grave et la marche plusassurée. En doublant de volume, les testicules agrandissent le scrotum ou les bourses qui se contractent sous leur influence ; le pénis grossit, s'allonge et entre spontanément en érection. De là les songes erotiques, les pertes spermatiques. C'est alors qu'une force inconnue, irrésistible, l'entraîne vers l'autre sexe, quand des habitudes vicieuses ne le retiennent pas avec ses semblables ou dans la solitude et l'isol^nent.
Tous ces changements sont si bien dus au développement de la fonction génératrice que les enfants pâles, chétifs, faibles, délicats, lymphatiques, scrofuleux ou cachectiques, efféminés, les présentent plus tardivement, lentement et à un moindre degré. Ceux dont les testicules manquent ou qui restent dans le ventre, comme ceux qui en ont subi l'ablation par maladie ou autrement, sont même exempts de ces phénomènes. Leur système graisseux l'emporte sur le système musculaire et conserve aux formes extérieures ces contours moelleux, arrondis, particuliers aux femmes. Ils restent imberbes, ou bien les rares poils qu'ils présentent sont mal plantés et mal venants. C'est le contraire chez les filles stériles, par absence ou atrophie congénitale des ovaires : des
poils naissent sur la lèvre supérieure et au menton, et leur habitus extérieur perd tellement le cachet de leur sexe, qu'on les a surnommées viragos, hommasses.
Une femme hommasse extérieurement, portant moustaches, comme un homme efféminé n'en ayant pas, sont des imperfections organiques auxquelles on attache souvent une importance exagérée pour taxer cet homme d'impuissance et cette femme de stérilité. A moins d'être très accentuées de bonne heure, ces apparences extérieures sont souvent trompeuses et n'expriment pas toujours la signification blessante qui leur est attribuée, comme le prouve ensuite leur fécondité. Des femmes stériles ont, au contraire, tous les attributs extérieurs de leur sexe. Le célèbre Boerhaave disait bien que la castration faisait tomber la barbe et rendait la voix enfantine et flùtée. Ce fait n'est vrai que sur les enfants émasculés avant la puberté. Sur l'homme fait, cette mutilation ne lui enlève que sa fécondité ; il n'est même pas toujours impuissant, comme un exemple récent en a été relaté. Les nombreuses castrations, faites dans ces dernières années par l'ovariotomie normale et pathologique, sur des femmes et des filles de tout âge, ont montré que les survivantes ne changeaient ni d'aspect, ni de sexe, ni de goûts.
La puberté n'est pas l'âge de la reproduction. Bien que possible à celte époque, celle-ci ne peut se réaliser que dans de mauvaises conditions. Une
fonction, la génération surtout, n'acquiert pas toute son ("uergie dès son apparition. Il faut, dit Burdach, que la puissance existe pendant quelque temps, sans entrer en exercice, pour se développer parfaitement et déployer tous ses effets. La nature a pris soin d'empêcher ainsi l'accouplement des animaux aussitôt l'éveil du sens génital, et les éleveurs intelligents, prévoyants, ne manquent pas de la seconder. Sans parler de la loi du plus fort qui donne aux mâles seuls complètement développés la puissance de repousser les rivaux et de conquérir la femelle, on peut citer l'exemple du cerf. Il entre bien en rut à trois ans, mais il est alors dépourvu de la voix propreté attirer sa femelle; elle ne commence à se faire «ntendre que l'année suivante, mais faible encore, et ce n'est qu'à cinq ans qu'elle a toute sa force.
De même à l'éveil du sens génital chez îe jeune pubère, l'érection ne paraît pas encore sous l'empire de l'âme ni du cœur; elle se produit à tort et à travers, sans but bien déterminé, et sous l'influence de circonstances diverses. Chez la jeune fille, le plaisir n'atteint pas les limites de la volupté, et ce n'estpas «ans raison que les hommes véritablement sensuels préfèrent la femme de 20 à 30 ans. Une fille de 16 ans et même de 18 n'a que l'apparence de la force, dit M. Legouvé. La gestation l'énervé, l'allaitement l'épuisé, elle n'est pas plus propre au rôle de mère qu'à celui de femme.
Les unions sexuelles précoces risquent d'épuiser les faciillés génératrices chez les deux conjoints et de les conduire à une impuissance prématurée. Les
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produits d'une conception hâtive sont souvent plus frôles et délicats que leurs puînés ou cadets, comme chez quelques mammifères. Le premier accouchement a même lieu avant terme, et la sécrétion du lait pèche ordinairement en quantité et en qualité. De là la débilité générale des premiers-nés dans ces conditions, favorisant l'explosion des maladies héréditaires et une certaine infériorité intellectuelle.
La mortalité en est même très augmentée, chez les parents, d'après les recherches statistiques récentes du docteur Bertillon. Tandis que celle des garçons avant l'âge de 20 ans est, en France, de 6, 9 sur 1000, 7 à 8000 de ces jouvenceaux mariés avant cet âge, suivant la licence de la loi, ont donné une mortalité de 40 à 50 par 1000. Et la preuve que le mariage est bien la cause de cette mortalité extrême, c'est qu'à Paris, où les jeunes gens rencontrent de bonne heure des amours faciles, la mortalité de 18 à 20 ans est de 2 pour 1000 plus élevée que dans le reste de la France.
Le danger est encore plus grand pour la femme, petite et délicate surtout. Chargée de former et de porter le nouvel être, elle court le risque de manquer des matériaux nécessaires à son existence, si son propre développement n'est pas complet, et de ne donner naissance qu'à des avortons.
La mortalité des femmes mariées de 15 à 20 ans est ainsi de 11,86 pour 1000, et celle des filles dé cet âge do 7,53 seulement. Elle est encore supérieure de 20 à 2.J ans, par le fait même de la maternité et de ses conséquences, tandis qu'après cet âge elle
est toujours inférieure à celle des célibataires. La loi autorisant ces mariages hâtifs est donc homicide
et doit être abrogée.
NnMlit«.
La vraie maturité procréatrice, dit Mende, est l'état de la vie où les fonctions génitales peuvent s'accomplir, sans porter atteinte à la santé physique ni morale de l'individu, en imprimant aux produits le caractère de l'espèce d'une manière profonde et complète. L'évolution de la puberté doit donc être entière par le développement normal des organes et leur fonctionnement régulier, avec toutes les qualités inhérentes du sang et surtout des germes reproducteurs. C'est ce qui constitue la nubilité, l'aptitude au mariage et l'union sexuelle dans les meilleures conditions pour la génération future.
En favorisant le développement organique, les climats chauds hâtent la nubilité comme la puberté. Le cheval du midi de la France est formé à 4 ans, le cheval normand ne l'est qu'à 6.
Cet accroissement n'est complet chez l'homme que de 25 à 28 ans dans les pays plus au nord que le centre de la France et de un à trois ans plus tôt dans le midi. Cet âge a varié d'ailleurs, dans tous les temps et les différents pays, suivant le point de vue des législateurs. Lycurgue l'avait fixé à 37 ans pour les hommes, et Solon à 35, afin d'en faire de valeureux guerriers. 11 leur était même interdit de