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se marier avant 40 à Rome. Celui des femmes, au contraire, est fixé par Manou à 8 ans et à 12 par Numa, poui en faire des instruments de plaisir. Ne cherchant que de vigoureuses génératrices, Lycurgue les marie à 20 ans. Chez les Germains, la nubilité était fixée à 18 ans pour les filles et à 20 pour les jeunes gens. Aujourd'hui encore, cet âge est, en Prusse, de 15 pour les femmes et de 19 pour les hommes, tandis qu'en Autriche il est d'un an de plus pour les uns et les autres.
En France, l'âge légal est de 18 ans pour l'homme et de 15 pour la femme; mais la coutujiie l'élève de 18 à 22 et le plus ordinairement à 20, ce qui est encore souvent trop tôt. Comme précepte général indiqué par Platon et conformément à la statistique, l'hygiène conseille que l'homme se marie de 25 à 35 ans et la femme de 20 à 26. Pendant le dix-huitième siècle, l'âge moyen des mariés à Paris a été de 29 ans chez les hommes et de 24 pour les femmes. La statistique générale de la France, de 1857 à 1860, a reculé cet âge à 30 ans et demi chez les hommes et 26 ans deux mois chez les femmes, mais toujours une année environ plus tôt à la campagne qu'à la ville. Ce fait marque bien que la différence des situations sociales importe beaucoup plus que l'âge à la réalisation du mariage.
Des caractères extérieurs, physiques et psychologiques, distinguent aisément d'ailleurs le garçon el la fille nubiles. Avec les organes génitaux, ils com-
plètent la sexualité individuelle et constituent cette admirable harmonie d'opposition, appelée polarisation des sexes. Voici le tableau des principales différences qu'ils présentent entre eux.
La chaleur, l'expansion et la force prédominen» chez l'homme, car il est destiné à donner la vie et le mouvement au nouvel être. Il engendre hors de Ij.iet la femme en elle.
L'homme est ardent, altier, robuste, velu, audacieux, prodigue et dominateur; son caractère est ordinairement expansif, bouillant; sa texture est fibreuse, serrée, compacte ; ses muscles sont saillants, ses cheveux raides, sa barbe noire et fournie ; sa poitrine velue exhale le feu qui l'embrase ; son génie sublime et impétueux le pousse aux grands desseins et le fait aspirer à l'immortalité. Organisé plus complètement que la femme, plus fort et plus grand, il prédomine numériquement dans les facultés supérieures. Il est aussi plus nombreux de l/JT" environ chez toutes les nations où la polygamie n'existe pas.
Une belle stature, à la démarche fière et noble, ornée d'un courage martial, la poitrine carrée, surmontée d'une tète altière, à la chevelure abondante, aux yeux de feu, ne manquent jamais de faire impression sur la femme et de lui plaire. De même l'homme s'enthousiasme à la vue de celle qui unit les grâces de Vénus à une taille supérieure, avec de grands yeux, vifs et langoureux, des seins bien accusés et saillants, indice de la perfection d'autres organes secrets et sympathiques.
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La femme a généralement une taille d'un doulième au-dessous de celle de l'homme. Sa tête est plus petite, son front moins large et élevé, sa figure plus courte et arrondie, son tronc plus large, ses membres plus courts, ses genoux plus gros, les mains et les pieds plus petits, son cou plus long et plus gracieux. La poitrine est moins haute, mais sa base est plus large. Le ventre est plus ample et saillant. Le bassin, formé par les os des hanches et constituant le laboratoire de la génération, est plus spacieux et circulaire que chez l'homme ; ses os sont plus petits, ses tissus moins compacts et les saillies de son corps moins anguleuses et prononcées.
Par son tissu cellulaire plus abondant, sa graisse plus blanche et compacte, la femme a ses muscles moins forts et saillants que l'homme, ses contours plus arrondis. Aussi son poids est-il d'un tiers moindre. Sa peau, plas blanche, plus fine, plus vascularisée, est moins velue ; mais ses cheveux sont beaucoup plus longs et plus fins. Toutes les parties de son corps ont une texture plus flexible et plus douce.
Sa force musculaire est beaucoup au-dessous de celle de l'homme; sa voix, moins forte, est plus douce et surtout plus aiguë. Elle est plus élevée, criarde en chantant, et plus douce en parlant. Par leur multiplicité et leur finesse, ses phénomènes expressifs correspondent au caractère de son exquisô sensibilité. Chez elle, les sens sont plus délicats, plus fins, et les facultés affectives remplacent les facultés intellectuelles de l'homme.
Le rôle de la femme, dit Cabanis, n'est pas de figur»M' au lycée ni au portique, dans le gymnase ou à l'hippodrome. Aussi n'a-t-elle créé aucune religion, ni composé de poème épique, ni fait de grandes découvertes. Son destin est de fonder les délices et l'amour de la famille. L'amour est sa passion dominante, comme l'ambition celle de l'homme. Tout ce qui est sentiment, exaltation généreuse, resplendit avec force en elle. Artémise et Lucrèce sont des types qui n'ont pas d'analogues dans le sexe masculin. Jamais un amour si ardent et désintéressé que celui d'Héloïse pour Abélard ne s'est rencontré parmi les hommes, et, si l'on veut une personnification du repentir, il faut la chercher dans la Madeleine, comme celle de l'enthousiasme patriotique dans Jeanne d'Arc, la vierge de Domrcmy.
Tout indique surtout sa prédominance dans la génération, cette direction promordiale de son origine. Son individualité est beaucoup moins prononcée que chez l'homme, plus égoïste et moins patient. La femme vit plus pour l'espèce que pour elle-même, comme l'attestent les fonctions spéciales qui lui sont imposées pour la propagation humaine : la menstruation, la grossesse, l'accouchement et l'allaitement. La prépondérance de sa plasticité, sa nutrition et sa conservation plus faciles, la rapidité des phases de son organisation, son accroissement et sa puberté précoces, ainsi que son infécondité et son déclin plus marqués que chez l'homme, tout montre qu'elle est essentiellement destinée à la génération. Leur fonction réciproque dans cet acte en est même
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la preuve, car, après avoir fourni la base de l'être nouveau et tous les matériaux nécessaires à son évolution, son développement, la femme a encore toutes les charges du travail, elle en supporte toutes les fatigues, les douleurs et les peines; l'homme n'est que l'architecte de ce grand-œuvre.
Nombreux et variés sont les mobiles des désirs vénériens, dit Roubaud. L'instinct qui les éveille chez les animaux , à l'époque du rut, les excite également dans l'espèce humaine, lors de la puberté. Il est aussi provoqué par la continence, la vie calme et retirée des champs. Mais, en dehors de ces conditions et dès que l'âge, l'habitude ou la satisfaction des besoins les plus pressants ont calmé les premières ardeurs de l'instinct, ces désirs ne répondent plus guère qu'au pouvoir des sensations. Tous les sens ont la puissance de les éveiller. Ceux de la vue, du loucher et de l'ouïe, ont une action si directe, qu'on pourrait les appeler les sens de l'amour. L'odorat jouit aussi d'une influence décisive et la nature a placé, dans les organes génitaux de tous les animaux, une odeur sui generis qui surexcite leur sensualité.
Mais, si l'instinct seconde les sensations chez les animaux, la volonté existe chez l'homme pour les refréner. Elle exerce surtout un empire absolu sur le sens génital. On voit ainsi l'homme et la femme résister aux séductions les plus provocantes et sortir victorieux de cette lutte des sens et de la volonté.
Elle sera sans doute entraînée par les excitations extérieures, si l'on ne se prémunit contre la tentation, carie silence de la volonté équivaut à son consentement. A elle seule, elle peut môme évoquer les désirs vénériens, sans le secours d'aucune sensation. Il suffit qu'elle éveille l'imagination, par qui le passé se ranime et l'avenir se fait réalité, pour que l'érection se produise. Grâce à elle, l'heure présente se peuple de formes indicibles que le regard caresse, que les lèvres embrassent, et que les mains saisissent ; fantômes gracieux dont l'existence, tout à la fois idéale et réelle, plonge l'âme et les sens dans l'extase voluptueuse de l'amour le plus complet. Tel est cet empire de l'imagination que, par son unique force, en dehors de l'instinct et de toute sensation, elle peut aller jusqu'à déterminer l'éjaculation spermatique avec toute la volupté, le plaisir, qui y sont attachés dans l'état normal. Le souvenir du plaisir et toute associationd'idées, en rappelant les charmes, déterminent ainsi toute la fonction naturelle dans le songe.
En coïncidant avec la plus belle et luxuriante période de l'existence, chez les deux sexes, cette maturité des fonctions reproductrices en montre les rapports intimes avec la vie elle-même. La génération en est si manifesternent l'émanation directe, qu'elle est la première altérée, troublée, annihilée, dès que la vie est atteinte dans sa source : la nutrition. La démonstration en est des plus frappantes, saisissante dans une image charmante et des plus comparables. C'est la plante couverte de boutons.