MÉCANISME PHYSIOLOGIQUE
que par l'acte copulateur qui le précède, et celui-ci n'est rien sans être suivi de celui-là. Etroitement solidaires l'un de l'autre, ils doivent s'accomplir successivement, autrement ils sont toujours anormaux et incomplets.
Et pour mieux marquer leur rôle et leur importance relative, une différence fondamentale les distingue. Le premier est simple, unique, impair chez les deux sexes, tandis que le second est double» symétrique, afin que, si d'un côté l'une des parties de cet appareil compliqué manque, l'autre puisse y suppléer et le remplacer au besoin ; absolument comme un œil suffit pour voir et une oreille pour entendre.
L'absence, la malformation ou la maladie, les lésions et les altérations de ces deux groupes d'organes, entraînent également l'infécondité chez les deux sexes. En troublant, en gênant ou en empêchant le jeu régulier de leurs fonctions naturelles, ces yices organiques la déterminent fatalement, soit en totalité, soit en partie. L'impuissance est ainsi exclusivement produite par celle du premier groupe, et, lorsqu'elle se manifeste, c'est seulement dans les obstacles à l'acte copulateur qu'il faut en rechercher la cause de part et d'autre. L'homme n'est souvent impuissant que par la faute de la femme. La stérilité, au contraire, dépend toujours de l'acte séminal, imparfait ou incomplet, et c'est dans les organes profondément cachés, oîi il s'accomplit, qu'il faut en rechercher la cause ; c'est pourquoi l'homme en est aussi souvent frappé que la femme.
Autant et plus encore que toutes les autres fonctions physiques, ces deux actes de la génération, par leur délicatesse même et le profond retentissement qu'ils provoquent, sont soumis aux impressions morales et à de nombreuses sympathies organiques. Le mécanisme en est ainsi troublé, dérangé par des causes étrangères, qui déterminent l'impuissance et la stérilité, dont il faut rechercher la cause dans le cerveau, le dérangement ou la maladie d'autres organes. Mais celles-ci sont les moins dangereuses et disparaissent ordinairement avec les causes passagères qui les ont produites. Les causes venant de l'esprit, l'imagination, la pensée, soumises au centre génital, sont, au contraire, aussi insaisissables que persistantes. D'oij l'importance de montrer préalablement l'influence spéciale de ce centre sur le mécanisme de ces organes et leurs fonctions.
Centre génital.
Le siège en fut primitivement fixé dans la moelle épinièrc par Ilippocrate, le fondateur de la médecine, par la consomption dorsale qu'il avait observée à la suite des excès et des abus vénériens. Cette maladie, dit-il, naît de la moelle de l'épine du dos. Elle attaque les jeunes mariés et les libidineux. Les dyspnées nerveuses, les palpitations, la débilité musculaire, les pesanteurs de tête, les vertiges, l'amaigrissement, la consomption, sont les principaux signes de cette cachexie génitale.
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Durant plus de 2000 ans, la médecine en resta •sur cette tradition hippocratique, et quand Willis, au dix-septième siècle, voulut localiser le besoin de la reproduction dans les centres nerveux, il le fixa aussi dans la moelle épinière. C'est seulement à la fin du dix-huitième, pendant lequel la préoccupation de toutes les choses de l'amour physique s'était vivement emparée des esprits, que le célèbre phrénolo- ..giste Gall tenta de changer ce siège. Obéissant aux vues de son ingénieux système des localisations cérébrales, qui fixait un siège spécial à chaque faculté, il plaça celle-ci dans le cervelet. Cet organe intermédiaire entre le cerveau et la moelle épinière, en formant comme l'épanouissement supérieur de celleci, était pour lui le siège exclusif de l'amour physique ou de l'instinct de la propagation.
Des coïncidences très curieuses et frappantes entre la saillie, le développement de la bosse occipitale, située en arrière et en bas du crâne, et une propension précoce ou exagérée aux plaisirs de l'amour, y firent placer ce centre. L'impuissance, au contraire, succédant aux blessures, aux lésions de cette partie, comme plusieurs exemples en sont relatés à VImpuissance physique et morale, ce siège parut comme démontré. La castration des jeunes animaux, en empêchant le développement du cervelet, sembla confirmer cette interprétation. Enfin, le professeur Serres l'ayant appuyée de son autorité et de son crédit, par des observations d'érection marquée suivie de pollutions dans plusieurs cas d'hémorrhagie du cervelet, le siège du centre génital fut
définitivement fixé dans cet organe jusqu'en ces dernières années. Une grande puissance de l'amour physique et même moral était, pour les phrénologues, dans une nuque large, saillante, bosselée, comme l'effacement, l'aplatissement ou la dépres- «ion de cette bosse étaient les signes caractéristiques de la froideur amoureuse, sinon de l'impuissance.
Mais le discrédit de la phrénologie amena bientôt des objections. Leuret avait nié le résultat des expériences de Gall sur le cervelet, et des castrations nombreuses, faites ensuite par Huschke sur des quadrupèdes et des oiseaux domestiques, avant et après le développement des fonctions reproductrices, donnèrent des résultats uniformes sur cet organe. Comment juger d'ailleurs de son développement anormal par la proéminence, l'évasement de la bosse occipitale? L'irritation, la suppuration, le ramollissement et les tumeurs, constatées dans le cervelet à l'autopsie d'individus des deux sexes livrés avec fureur à l'onanisme, n'étaient pas davantage des preuves concluantes. Combelte trouva en effet cet organe complètement absent à l'autopsie d'une fille de onze ans, adonnée à la masturbation, et qui mourut à l'hospice des Orphelins, en 1861, après plus de quinze mois d'observation, dans un épuisement complet.
L'analyse plus rigoureuse des lésions du cervelet montra bientôt que leur siège au voisinage de la moelle était la principale condition pour déterminer des phénomènes génitaux. L'apoplexie du lobe médian en particulier ayant déterminé sept fois une