CENTRE GÉNITAL. 24T
surexcitation des organes génitaux, Serres y limita d'abord le siège du centre génital, avec d'autant plus de raison que de nombreux faits d'hémorrhagie et de ramollissement de l'un des lobes latéraux, observés par Andral, n'avaient produit aucun phénomène particulier des organes génitaux. Ainsi sur 56 cas de produits accidentels développés dans la masse cérébelleuse, un seul avait coïncidé avec une érection permanente et, dans ce cas particulier, le tubercule exerçait une compression manifeste sur la partie supérieure de la moelle. Dans 14 cas de ramollissement circonscrit du cervelet, il n'existait d'érection dans aucun, tandis que sur 3, où il envahissait la totalité de l'organe et pouvait intéresser la moelle, Andral avait observé deux fois l'érection du pénis.
Ainsi se circonscrivit graduellement le foyer du centre génital du cervelet à ses rapports immédiats avec la moelle épinière. L'observation directe et séculaire des blessés et des pendus tendait même à le fixer exclusivement dans la portion cervicale ou supérieure de celle-ci. L'érection, avec tendance au priapisme, est ainsi un phénomène fréquent des^ blessures du cou, en arrière, et un signe de la mort par pendaison. Toutes les fois que la moelle cervicale, c'est-à-dire aussi près que possible de la bosse occipitale, est intéressée, lésée ou comprimée par la fracture ou la luxation des premières vertèbres, l'érection se produit spontanément et d'une manière continue, tant que la vie persiste. Il suffit même que la constriction, le serrement du cou arrête la circu-
laiion du sang chez les pendus pour que l'éjaculatioii s'ensuive. La présence du sperme sur le linge après la mort est un signe de la pendaison. L'observation suivante de Jolly en est la démonstration péremptoire :
Un coup de pistolet, chargé à poudre, est tiré à bout portant sur la partie supérieure et externe du côté droit du cou d'un individu qui jouait à la boule. La mort eut lieu en moins d'une minute et l'on trouva sur sa chemise les traces d'une éjaculation récente, comme chez les pendus. La massa apophysaire des deuxième et troisième vertèbres cervicales était brisée. L'expérimentation directe sur les animaux produit le même résultat. Il a suffi d'introduire un stylet dans le cervelet d'un cochon d'Inde pour déterminer l'érection, et l'éjaculation s'ensuivit en le poussant jusque dans la moelle lombaire; c'est donc la démonstration évidente, positive, que le centre génital existe dans la moelle. Le cervelet en a été considéré ainsi comme un simple annexe. Budge en fixe le siège au niveau de la quatrième vertèbre lombaire, c'est-à-dire en bas.
Quelle que soit sa localisation précise, son influence capitale sur l'exercice des fonctions génitales ne peut être mise en doute. Les impressions morales du cerveau, les désirs créés par l'imagination, si Afè qu'ils soient, n'agissent pas directement sur les organes génitaux pour les mettre en éréthisrae. L'intermédiaire de la moelle est indispensable pour ieuî* donner une force active. L'instinct profond, inconscient qui agit en dehors de la volonté et la