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puis 5 el enfin 2,5 seulement, de 18 i7 à 1866. C'est une (liniinution des trois cinquièmes depuis un siècle, et il est vraisemblable que le même fait s'est répélc à peu d'exceptions dans les 11 525 communcsde cette catégorie, surtout depuis la dernière guerre.
En s'étendant à des régions entières aux deux extrémités de la France, cette diminution graduelle des naissances, constatée par le dernier recensement, entraîne la dépopulation nationale : 17 départements de la Normandie et de la Picardie au nord, du haut Languedoc au midi, ont ainsi une population décroissante, surtout dans les campagnes, par l'émigration continue des habitants dans les grandes villes. D'où résulte ce fait étrange et alarmant que dans les grandes capitales : Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille, Toulouse, Saint-Étienne, le Havre, Roubaix, où la natalité est la moindre et la mortalité plus considérable, la population s'accroît, au détriment des campagnes où la natalité est plus élevée et la mortalité moindre. Il est facile de prévoir les fatales conséquences de ce mouvement inverse s'il i.-.? s'arrête bientôt. Heureusement, quelques départements du Nord et tous ceux de la Bretagne font encore exception par leurs mœurs patriarcales et leur attachement au foyer. Ils maintiennent encore l'équilibre, malgré la faiblesse générale de la natalité.
La prédominance du positivisme exagéré qui règne dans les croyances et les pratiques de la vie actuelle est évidemment la cause de ces résultats déplo-
rables. Les exigences sont si grandes aujourd'hui, avec la cherté desvivreset les habitudes de bien-être €t de luxe, que chacun hésite à se donner une famille. On craint de ne pouvoir nourrir ses enfants, et surtout de ne pouvoir les élever, les établir convenabiement selon ï^on rang et sa position. La bourgeoisie, en particulier, qui exerce les professions libérales, manifeste des craintes folles, puériles à ce sujet, comme si l'intelligence, le travail, l'ordre et l'économie n'étaient pas la base de son élévation actuelle. Elle a souci de son rang, comme autrefois l'ancienne noblesse de ses dignités et de ses titres. De là le retard des mariages des hommes, surtout dans les grandes villes.
Prévoyants à l'excès, les jeunes époux s'inquiètent aujourd'hui de l'avenir comme s'ils le connaissaient d'avance, sans tenir compte de la mortalité inévitable de l'enfance, ni de l'amélioration que l'âge et le temps amènent infailliblement dans la position de loute famille laborieuse oîi régnent l'ordre et l'économie. Préoccupés de l'heure présente et dans la crainte de manquer, ils ne savent pas s'abandonner avec confiance et espérance à leur bonheur, dans l'insouciance qui sied si bien à la jeunesse et à i'amour ; ils empoisonnent par la crainte leurs plus belles années, leurs plus belles facultés par la contrainte, les tourments et les privations, sinon les souflrances dans le présent et les maladies, les infirmités dans l'avenir.
D'après les doctrines régnantes, toutes les manifestations de la vie et les phénomènes psychiques
étant considérés comme les propriétés de la matière, le })laisir et la volupté sexuels comme les autres, il est aussi simple et conforme à ce raisonnement matérialiste, pour ceux qui l'adoptent et le suivent, d'en jouir autant que possible que d'en éviter les conséquences gênantes ou embarrassantes, en ne faisant des enfants qu'à volonté. Jouir de tout à ce prix est la suprême devise du positiviste. Et à défaut de pouvoir observer scrupuleusement l'abstinence ni la contrainte volontaires, — ce qui serait la souffrance et la douleur, — les mariés comme les amants, confondus dans leur matérialisme charnel, trouvent plus commode et moins aléatoire d'employer l'onanisme à deux. N'admettant ni Dieu ni sa Providence, ils prennent soin eux-mêmes de tout prévoir, régler et assurer contre ce qu'ils redoutent. De là ces artifices infâmes, ces stratagèmes honteux, ces fraudes, ces obstacles abominables qui, sous le nom de précautions, de tricheries ou de prudence, sont mis actuellement en usage contre la procréation. Ne puisant aucune force morale dans leurs convictions religieuses et les paroles éternelles : Croissez et multipliez, ils ne s'inquiètent que de vivre dans l'aisance, le confortable, la richesse et les plaisirs mondains. El c'est ainsi qu'arrivés à Tàge mûr, alors qu'il n'est plus temps de revenir siir le passé pour en réparer les fautes, ils manquent de bras pour les soutenir et de cœurs reconnaissants pour les consoler. Parvenus à la vieillesse, après une longue vie de travail fructueux, comblés de richesses, ils ne savent qu'en faire ni à qui les laisser, et meurent sans famille ni postérité.
L'excès de prévoyance dans la procréation a sou vent ce triste dénouement, car tout plaisir emporte inévitablement sa peine, sa douleur. C'en est la sanction, la justification, quand il est légitime, la punition et la condamnation dans le cas contraire. Ceux qui veulent éviter les charges ou les embarras, les soucis, les tristesses de la famille, inséparables de ses joies, encourent des conséquences bien plus amères par les excès, les abus auxquels ils sont entraînés. Toutes ces pratiques immorales et honteuses, en effet, altèrent, relâchent, dissolvent les unions les mieux assorties, en entraînant la démoralisation de la femme, la jalousie du mari ou de l'amant, la maladie souvent pour tous deux, la dégénérescence des enfants, si ce n'est l'extinction de la famille.
Prémunir la société, les familles et les inaivmus, contre ces dangers cachés et imprévus d'un matérialisme sensuel effréné, tel est le but de ce livre, en révélant, dans toute leur réalité, les lois secrètes et mystérieuses de la génération. Nous montrerons ainsi, par des exemples et d'après ces mêmes lois, que les plus savantes prévisions, comme les plus sages mesures et précautions, contre l'accomplissement de cette fonction, sont insuffisantes à la prévenir sûrement ; que des difformités du corps, des troubles de l'esprit, peuvent en résulter pour le produit de la conception, et que des accidents graves, des maladies locales, sont fréquemment la suite de ces artifices et de ces fraudes pour leurs auteurs. On
ne s'oppose pas impunément à la digestion des meilleurs aliments après avoir pris plaisir à les savourer. Ne sera-ce donc pas convaincre nos lecteurs que dans celte fonction, bien plus délicate et élevée, le parti le plus sage et le plus sûr est de la remplir sans en troubler les actes, suivant les lois de la nature et de Ihygiène, de la prudence et delaraison, conformément à celle lièrc devise antique : Fais ce que dois^
ADVIE.NKE gilK l'OURRA.