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CHAPITRE XI

les exercer et de les développer. Son union avec la matière est donc utile à son avancement, voilà pourquoi l’incarnation est une nécessité. En outre, parle travail intelligent qu’il opère à son profit sur la matière, il aide à la transformation et au progrès matériel du globe qu’il habite ; c’est ainsi que, tout en progressant lui-même, il concourt à l’œuvre du Créateur dont il est l’agent inconscient.

25. — Mais l’incarnation de l’Esprit n’est ni constante, ni perpétuelle ; elle n’est que transitoire ; en quittant un corps, il n’en reprend pas un autre instantanément; pendant un laps de temps plus ou moins considérable, il vit de la vie spirituelle, qui est sa vie normale ; de telle sorte que la somme du temps passé dans les dilférentes incarnations est peu de chose, comparée à celle du temps qu’il passe à l’état d’Esprit libre.

Dans l’intervalle de ses incarnations, l’Esprit progresse également, en ce sens qu’il met à profit, pour son avancement, les connaissances et l’expérience acquises durant la vie corporelle ; — nous parlons de l’Esprit arrivé à l’état d’âme humaine, ayant la liberté d’action, et la conscience de ses actes. — Il examine ce qu’il a fait pendant son séjour terrestre, passe en revue ce qu’il a appris, reconnaît ses fautes, dresse ses plans, et prend les résolutions d’après lesquelles il compte se guider dans une nouvelle existence en tâchant de faire mieux. C’est ainsi que chaque existence est un pas en avant dans la voie du progrès, une sorte d’école d’application.

L’incarnation n’est donc point normalement une punition pour l’Esprit, comme quelques-uns l’ont pensé, mais une condition inhérente à l’infériorité de l’Esprit, et un moyen de progresser.

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GENÈSE SPIRITUELLE

A mesure que l’Esprit progresse moralement, il se dématérialise , c’est-à-dire que , se soustrayant à l’influence de la matière, il s’épure; sa vie se spiritualise, ses facultés et ses perceptions s’étendent; son bonheur est en raison du progrès accompli. Mais, comme il agit en vertu de son libre arbitre, il peut, par négligence ou mauvais vouloir, retarder son avancement; il prolonge, par conséquent, la durée de ses incarnations matérielles qui deviennent alors pour lui une punition, puisque, par sa faute, il reste dans les rangs inférieurs, obligé de recommencer la même tâche. Il dépend donc de l’Esprit d’abréger, par son travail d’épuration sur lui-même, la durée de la période des incarnations.

26. — Le progrès matériel d’un globe suit le progrès moral de ses habitants; or, comme la création des mondes et des Esprits est incessante, que ceux-ci progressent plus ou moins rapidement en vertu de leur libre arbitre, il en résulte qu'il y a des mondes plus ou moins anciens, à différents degrés d’avancement physique et moral, où l’incarnation est plus ou moins matérielle, et où, par conséquent, le travail, pour les Esprits, est plus ou moins rude. A ce point de vue, la terre est un des moins avancés; peuplée d’Esprits relativement inférieurs, la vie corporelle y est plus pénible que dans d’autres, comme il en est de plus arriérés, où elle est plus pénible encore que sur la terre, et pour lesquels la terre serait relativement un monde heureux.

27. — Lorsque les Esprits ont acquis sur un monde la somme de progrès que comporte l’état de ce monde, ils le quittent pour s’incarner dans un autre plus avancé où ils acquièrent de nouvelles connaissances, et ainsi de suite jusqu’à ce que l’incarnation dans un corps matériel

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