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CHAPITRE Xi

ne leur étant plus utile, ils vivent exclusivement de la vie spirituelle, où ils progressent encore dans un autre sens et par d’autres moyens. Arrives au point culminant du progrès, ils jouissent de la suprême félicité; admis dans les conseils du Tout-Puissant, ils ont sa pensée, et deviennent ses messagers, ses ministres directs pour le gouvernement des mondes, ayant sous leurs ordres les Esprits à différents degrés d’avancement.

Ainsi tous les Esprits, incarnés ou désincarnés, à quelque degré de la hiérarchie qu'ils appartiennent, depuis le plus petit jusqu’au plus grand, ont leurs attributions dans le grand mécanisme de l'univers ; tous sont utiles à l’ensemble, en même temps qu’ils sont utiles à euxmémes; aux moins avancés, comme à de simples manœuvres, incombe une tâche matérielle, d’abord inconsciente, puis graduellement intelligente. Partout l’activité dans le monde spirituel, nulle part l’inutile oisiveté.

La collectivité des Esprits est en quelque sorte l’âme de l’univers; c’est l’élément spirituel qui agit en tout et partout, sous l’impulsion de la pensée divine. Sans cet élément, il n’y a que la matière inerte, sans but, sans intelligence, sans autre moteur que les forces matérielles qui laissent une foule de problèmes insolubles ; par l’action de l’élément spirituel indimdualisé, tout a un but, une raison d’étre, tout s’explique; voilà pourquoi, sans la spiritualité, on se heurte à des difficultés insurmontables.

28. — Lorsque la terre s’est trouvée dans les conditions climatériques propres à l’existence de l’espèce humaine, des Esprits sont venus s’y incarner ; et s’y l’on admet qu’ils ont trouvé des enveloppes toutes faites qu’ils n’ont eu qu’à approprier à leur usage, on comprend

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mieux eucore qu'ils ont pu prendre naissance simultanément sur plusieurs points du globe.

29. — Bien que les premiers qui sont venus dussent être peu avancés, en raison même de ce qu’ils devaient s’incarner dans des corps très-imparfaits, il devait y avoir entre eux des différences sensibles dans les caractères et les aptitudes, selon le degré de leur développement moral et intellectuel ; les Esprits similaires se sont naturellement groupés par analogie et sympathie. La terre s’est ainsi trouvée peuplée de différentes catégories d’Esprits, plus ou moins aptes ou rebelles au progrès. Les corps recevant l’empreinte du caractère de l’Esprit, et ces corps se procréant selon leur type respectif, il en est résulté différentes races, au physique comme au moral. Les Esprits similaires, continuant à s’incarner de préférence parmi leurs semblables, ont perpétué le caractère distinctif physique et moral des races et des peuples, qui ne se perd à la longue que par leur fusion et le progrès des Esprits. {Revue spirite, juillet 1860, page 198 : Phrénologie et physiognomonie.)

30. — On peut comparer les Esprits qui sont venus peupler la terre, à ces troupes d’émigrants d’origines diverses qui vont s’établir sur une terre vierge. Ils y trouvent le bois et la pierre pour faire leurs habitations, et chacun donne à la sienne un cachet différent, selon le degré de son savoir et de son intelligence. Ils s’y groupent par analogie d’origines et de goûts; ces groupes finissent par former des tribus, puis des peuples ayant chacun ses mœurs et son caractère propres.

31 . — Le progrès n’a donc pas été uniforme dans toute l’espèce humaine; les races les plus intelligentes ont naturellement devancé les autres, sans compter que des

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Esprits nouvellement nés à la vie spirituelle étant venus s'incarner sur la terre depuis les premiers arrivants, rendent la différence du progrès plus sensible. Il serait impossible, en effet, de donner la même ancienneté de création aux sauvages qui se distinguent à peine des singes, qu’aux Chinois, et encore moins qu’aux Européens civilisés.

Ces Esprits de sauvages, cependant, appartiennent aussi à l’humanité; ils atteindront un jour le niveau de leurs aînés , mais ce ne sera certainement pas dans les corps de la même race physique, impropres à un certain développement intellectuel et moral. Quand l’instrument ne sera plus en rapport avec leur développement, ils émigreront de ce milieu pour s’incarner dans un degré supérieur, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’ils aient conquis tous les grades terrestres, après quoi ils quitteront la terre pour passer dans des mondes de plus en plus avancés. {Revue spirite, avril 1862, page 97 : Perfectibilité de la race nègre.)

BÉINCAR.NATIONS

32. — Le principe de la réincarnation est une conséquence fatale de la loi du progrès. Sans la réincarnation, comment expliquer la différence qui existe entre l’état social actuel et celui des temps de barbarie? Si les âmes sont créées en même temps que les corps, celles qui naissent aujourd’hui sont tout aussi neuves, tout aussi primitives que celles qui vivaient il y a mille ans; ajoutons qu’il n’y a entre elles aucune connexion, aucune relation nécessaire ; qu’elles sont complètement indépen- ' dantes les unes des autres ; pourquoi donc les âmes d’au-

GENÈSE SPIRITUELLE

jourd’hui seraient^elles mieux douées par Dieu que leurs devancières? Pourquoi comprennent-elles mieux? Pourquoi ont-elles des instincts plus épurés, des mœurs plus douces? Pourquoi ont-elles l’intuition de certaines choses sans les avoir apprises? Nous défions de sortir de là, à moiqs d’admettre que Dieu crée des âmes de diverses qualités, selon les temps et les lieux, proposition inconciliable avec l’idée d’une souveraine justice.

Dites, au contraire, que les âmes d’aujourd’hui ont déjà vécu dans les temps reculés; qu’elles ont pu être barbares comme leur siècle, mais qu’elles ont progressé; qu’à chaque nouvelle existence, elles apportent l’acquis des existences antérieures; que, par conséquent, les âmes des temps civilisés sont des âmes non pas créées plus parfaites, mais qui se sont perfectionnées elles-mêmes avec le temps, et vous aurez la seule explication plausible de la cause du progrès social. {Livre des Esprifs, chap. IV et V.) (1)

(1) Quelques personnes pensent que les différentes existences de l’iVme s’accomplissent de monde en monde, et non sur un môme globe où chaque Esprit ne paraîtrait qu’une seule fois.

Cette doctrine serait admissible si tous les habitants de la terre étaient exactement au môme niveau intellectuel et moral ; ils ne pourraient alors progresser qu’en allant dans un autre monde, et leur réincarnation sur la terre serait sans utilité; or Dieu ne fait rien d’inutile. Dès l’instant qu’on y trouve tous les degrés d’intelligence et de moralité, depuis la sauvagerie qui côtoie l’animal jusqu’à la civilisation la plus avancée, elle offre un vaste champ au progrès; on se demanderait pourquoi le sauvage serait obligé d’aller chercher ailleurs le degré au-dessus de lui quand il le trouve à côté de lui, et ainsi de proche en proche; pourquoi l’homme avancé n’aurait pu faire ses premières étapes que dans des mondes inférieurs, alors que les analogues de tous ces mondes sont autour de lui; qu’il y a différents degrés d’avancement, non-seulement de peuple à peuple, mais dans le môme peuple et dans la môme famille’? S’il en était ainsi. Dieu aurait fait quelque chose d’inutile en plaçant côte à côte l’ignorance et le savoir, la barbarie et la civilisation, le bien et le mal, tandis que c’est précisément ce contact qui fait avancer les retardataires.

II n’y a donc pas plus de nécessité à ce que les hommes changent

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