‹ La genèseChapitre 12 sur 236 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Par le Spiritisme, l’homme sait d’où il vient, où il va, pourquoi il est sur la terre, pourquoi il y souffre temporairement, et il voit partout la justice de Dieu.

Il sait que l’ùme progresse sans cesse à travers une série d’existences successives, jusqu’à ce qu’elle ait atteint le degré do perfection qui peut la rapprocher de Dieu.

Il sait que toutes les âmes ayant un même point de départ, sont créées égales, avec une même aptitude à progresser en vertu de leur libre arbitre; que toutes sont de même essence, et qu’il n’y a entre elles que la différence du progrès accompli; que toutes ont la môme destinée et atteindront le môme but, plus ou moins promptement selon leur travail et leur bonne volonté.

Il sait qu’il n’y a point do créatures déshéritées, ni plus favorisées les unes que les autres; que Dieu n’en a point créé qui soient privilégiées et dispensées du travail imposé à d’autres pour progresser; qu’il n’y a point d’ôtrcs perpétuellement voués au mal et à la souffrance; que ceux désignés sous le nom de démons sont des Esprits encore arriérés et imparfaits, qui font le mal à l’état d’Esprits, comme ils le faisaient à l’état d’hommes, mais qui avanceront et s'amélioreront; que les anges ou purs Elsprits ne sont point des êtres à part dans la création, mais des Esprits qui ont atteint le but, après avoir suivi la filière du progrès; qu’ainsi il n’y a pas de créations multiples do différentes catégories parmi les ôtres intelligents, mais que toute la création ressort de la grande loi d’unité qui régit l’univers, et que tous les ôtres gravitent vers un but commun, qui est la perfection, sans que les uns soient favorisés aux dépens des autres, tous étant les fils de leurs œuvres.

CARACTÈRES DE LA RÉVÉLATION SPIRITE 21

31. — Par les rapports que l’homme peut maintenant établir avec ceux qui ont quitté la terre, il a non-seulement la preuve matérielle de l’existence et de l'individualité de l’àme, mais il comprend la solidarité qui relie les vivants et les morts de ce monde, et ceux de ce monde avec ceux des autres mondes. Il connaît leur situation dans le monde des Esprits: il les suit dans leurs migrations ; il est témoin de leurs joies et de leurs peines; il sait pourquoi ils sont heureux ou malheureux, et le sort qui l'attend lui-méme selon le bien ou le mal qu’il fait. Ces rapports l’initient à la vie future qu'il peut observer dans toutes ses phases, dans toutes ses péripéties; l’avenir n’est plus une vague espérance: c’est un fait positif, une certitude mathématique. Alors la mort n’a plus rien d’effrajant, car c’est pour lui la délivrance, la porte de la véritable vie.

32. — Par l’étude de la situation des Esprits, l’homme sait que le bonheur et le malheur dans la vie spirituelle sont inhérents au degré de perfection et d’imperfection ; que chacun subit les conséquences directes et naturelles * de ses fautes, autrement dit, qu'il est puni par où il a péché; que ces conséquences durent aussi longtemps que la cause qui les a produites; qu’ainsi le coupable souffrirait éternellement s’il persistait éternellement dans le mal, mais que la souffrance cesse avec le repentir et la réparation ; or, comme il dépend do chacun de s’améliorer, chacun peut, en vertu de son libre arbitre, prolonger ou abréger ses souffrances, comme le malade souffre

de se^ excès aussi longtemps qu il n’y met pas un terme.

33. — Si la raison repousse, comme incompatible avec la bonté de Dieu, l’idée dos peines irrémissibles, perpétuelles et absolues, souvent infligées pour une seule faute;

n CHAPITRE I

des supplices de l’enfer que ne peut adoucir le repentir le plus ardent et le plus sincère, elle s’incline devant cette justice distributive et impartiale, qui tient compte de tout, ne ferme jamais la porte du retour, et tend sans cesse la main au naufragé, au lieu de le repousser dans l’abîme.

— La pluralité des existences, dont Christ a posé le principe dans l’Évangile, mais sans plus le définir que beaucoup d’autres, est une des lois les plus importantes révélées par le Spiritisme, en ce sens qu’il en démontre la réalité et la nécessité pour le progrès. Par cette loi, l’homme s’explique toutes les anomalies apparentes que présente la vie humaine; ses différences de position sociale; les morts prématurées qui, sans la réincarnation, rendraient inutiles pour Pâme les vies abrégées ; l’inégalité des aptitudes intellectuelles et morales, par l’ancienneté de l’Esprit, qui a plus ou moins vécu, plus ou moins appris et progressé, et qui apporte en renaissant l’acquis de ses existences antérieures. (N" 5.)

35. — Avec la doctrine de la création de lame à chaque naissance, on retombe dans le .système des créations privilégiées; les hommes sont étrangers les uns aux autres, rien ne les relie, les liens de famille sont purement charnels; ils ne sont point solidaires d’un passé où ils n’existiiient pas; avec celle du néant après la mort, tout rappoil cesse avec la vie; ils ne sont point solidaires do l’avenir. Par la réincarnation, ils sont solidaires du passé et de l’avenir; leurs rapports se perpétuant dans lo monde spirituel et dans le monde corporel, la fraternité a pour base les lois mêmes de la nature; le bien a un but, le mal ses conséquences inévitables.

Page 1