CHAPITRE XI
ÉMICIIATIO.NS ET IMMIGnATIOXS DES ESPBHS
33. — Dans l’intervalle de leurs existences corporelles, les Esprits sont à l’état d’erraticité, et composent la population spirituelle ambiante du glo^e. Par les morts et les naissances, ces deux populations se déversent incessamment l'une dans l’autre; il y a donc journellement des émigrations du monde corporel dans le monde spirituel, et des immigrations du monde spirituel dans le monde corporel : c’est l’état normal.
de monde îi chaque étape, qu’il n’y en a pour qu’un écolier change de collège 11 chaque classe; loin que cela fût un avantage pour le progrès, ce serait une entrave, car l’Esprit serait privé do l’exemple que lui offre la vue des degrés supérieurs, et de la possibilité de réparer ses torts dans le même milieu et & l’égard de ceux qu’il a offensés, possibilité qui est pour lui le plus puissant moyen d’avancement moral. Après une courte cohabitation, les Esprits se dispersant et devenant étrangers les uns aux autres, les lions de famille et d’amitié, n’ayant pas eu le temps de se consolider, seraient rompus.
Que les Esprits quittent pour un monde plus avancé celui sur lequel ils ne peuvent plus rien acquérir, cela doit être et cela est; tel est le principe S'il en est qui le quittent avant, c’est sans doute par dos causes individuelles que Dieu pèse dans sa sagesse.
Tout a un but dans la création, sans quoi Dieu ne serait ni prudent, ni auge ; or, si la terre ne doit être qu’une seule étape pour le progrès de chaque individu, quelle utilité y aurait-il pour les enfants qui meurent en bas âge d’y venir passer quelques années, quelques mois, quelques heures, pendant lesquelles ils n’y peuvent rien acquérir? Il en est de môme pour les idiots et les crétins. Une théorie n’est bonne qu’à la condition de résoudre toutes les questions qui s’y rattachent. La question des morts prématurées a été une pierre d'achoppement pour toutes les doctrines, excepté pour la doctrine «pirite, qui seule l’a résolue d’une manière rationnelle.
Pour ceux qui fournissent sur la terre une carrière normale, il y a, pour leur progrès, un avantage réel à se retrouver dans le même milieu, pour y continuer ce qu’ils ont laissé inachevé, souvent dans la même famille ou en contact avec les mêmes personnes, pour réparer le mal qu’ils ont pu faire, ou pour y subir la peine du talion.
GENESE SPIlUTUELLE
34. — A certaines époques, réglées par la sagesse divine, ces émigrations et ces immigrations s'opèrent en masses plus ou moins considérables par suite des grandes révolutions qui en font partir en même temps des quantités innombrables, qui sont bientôt remplacées par des quantités équivalentes d’incarnations. Il faut donc considérer les lléaux destructeurs et les cataclysmes comme des occasions d’arrivées et de départs collectifs, des moyens providentiels de renouveler la population corporelle du globe, de la retremper par l’introduction de nouveaux éléments spirituels plus épurés. Si dans ces catastrophes il y a destruction d’un grand nombre de corps, il n’y a que des vêtements déchirés, mais aucun Esprit ne périt : ils ne font que changer de milieu; au lieu de partir isolément, ils partent en nombre, voilà toute la différence, car partir par une cause ou par une autre, ils n’en doivent pas moins fatalement partir tôt ou tard.
Les rénovations rapides et presque instantanées qui s'opèrent dans l’élément spirituel de la population, par suite des fléaux destructeurs, hâtent le progrès social ; sans les émigrations et les immigrations qui viennent de temps à autre lui donner une violente impulsion, il marcherait avec une extrême lenteur.
Il est remarquable que toutes les grandes calamités qui déciment les populations sont toujours suivies d’une ère de progrès dans l’ordre physique, intellectuel ou moral, et par suite dans l’état social des nations chez lesfiuelles elles s’accomplissent. C’est qu’elles ont pour but d’opérer un remaniement dans la population spirituelle, qui est la population normale et active du globe.
35. — Cette transfusion qui s’opère entre la population incarnée et la population désincarnée d’un mémo