‹ La genèseChapitre 113 sur 236 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

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mixtes secondaires. Les caractères physiologiques des races primitives sont l’indice évident qu'elles proviennent de types spéciaux. Les mêmes considérations existent donc pour l’homme comme pour les animaux, quant à la pluralité des souches.

39. — Adam et ses descendants sont représentés dans la Genèse comme des hommes essentiellement intelligent.^, puisque, dès la seconde génération, ils bâtissent des villes, cultivent la terre, travaillent les métaux. Leurs progrès dans les arts et les sciences sont rapides et constamment soutenus. On ne concevrait donc pas que cette souche ait eu pour rejetons des peuples nombreux si arriérés, d’une intelligence si rudimentaire, qu’ils côtoient encore de nos jours l'animalité 5 qui auraient perdu toute trace et jusqu’au moindre souvenir traditionnel deceque faisaient leurs pères. Une difféi’ence si radicale dans les aptitudes intellectuelles et dans le développement moral atteste, avec non moins d’évidence, une différence d'origine.

40. — Indépendamment des faits géologiques, la preuve de l'existence de l’homme sur la terre avant l’époque fixée par la Genèse est tirée de la population du globe.

Sans parler de la chronologie chinoise, qui remonte, dit-on, à trente mille ans, des documents plus authenti- (pies attestent que l’Egypte, l’Inde et d’autres contrées étaient peuplées et florissantes au moins trois mille ans avantl’ère chrétienne, mille ans, par conséquent, après la créationdu premier homme, selon la chronologie biblique. Des documents et des observations récentes ne paraissent laisser aucun doute aujourd’hui sur les rapports qui ont existé entre l’Amérique et les anciens Égyptiens; d’où il faut conclure que cette contrée était déjà peuplée à cette époque. Il faudrait donc admettre qu’en mille ans la pos-

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térité d’un seul homme a pu couvrir la plus grande partie de la terre ; or une telle fécondité serait contraire à toutes les lois anthropologiques. La Genèse elle-même n’attribue point aux premiers descendants d’Adam une fécondité anormale, puisqu’elle en donne le dénombrement nominal jusqu’à Noé.

41. — L’impossibilité devient encore plus évidente si l'on admet, avec la Genèse, que le déluge a détruit tout le genre humain, à l'exception de Noé et de sa famille, qui n’était pas nombreuse, l’an du monde 1650, soit 2348 ans avant Jésus-Christ. Ce ne serait donc, en réalité, que de Noé que daterait le peuplement du globe ; or, vers cette époque, l'histoire désigne Ménès comme roi d’Égypte. Lorsque les Hébreux s’établirent dans ce dernier pays, 612 ans après le déluge, c’était déjà un puissant empire qui aurait été peuplé, sans parler des autres contrées, en moins de six siècles, par les seuls descendants de Noé, ce qui n’est pas admissible.

Remarquons, en passant, que les Égyptiens accueillirent les Hébreux comme des étrangers ; il serait étonnant qu’ils eussent perdu le souvenir d’une communauté d’origine aussi rapprochée, alors qu’ils conservaient religieusement les monuments de leur histoire.

Une rigoureuse logique, corroborée par les faits, démontre donc de la manière la plus péremptoire que l’homme est sur la terre depuis un temps indéterminé, bien antérieur à l’époque assignée par la Genèse. Il en est de même de la diversité des souches primitives, car démontrer l'impossibilité d'une proposition, c’est démontrer la proposition contraire. Si la géologie découvre des traces authentiques de la présence de l'homme avant la grande période diluvienne, la démonstration sera encore plus absolue.

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