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Avec la réincarnation tombent les préjugés de

CARACTÈRES DE LA RÉVÉLATION SPIRITE

races et de castes, puisque le même Esprit peut renaître riche ou pauvre, grand seigneur ou prolétaire, maître ou subordonné, libre ou esclave, homme ou femme. De tous les arguments invoqués contre l’injustice de la servitude et de l’esclavage, contre la sujétion de la femme à la loi du plus fort, il n’en est aucun qui prime en logique le fait matériel de la réincarnation. Si donc, la réincarnation fonde sur une loi de la nature le principe de la fraternité universelle, elle fonde sur la même loi celui de l’égalité des droits sociaux, et par suite celui de la liberté.

Les hommes ne naissent inférieurs et subordonnés que par le corps; par l’Esprit, ils sont égaux et libres. De là le devoir de traiter les inférieurs avec bonté, bienveillance et humanité, parce que celui qui est notre subordonné aujourd’hui, peut avoir été notre égal ou notre supérieur, peut-être un parent ou un ami, et que nous pouvons devenir à notre tour le subordonné de celui auquel nous commandons.

37. — Otez à l’homme l’Esprit libre, indépendant, survivant à la matière, vous en faites une machine organisée, sans but, sans responsabilité, sans autre frein que

la loi civile, et bonne à exploiter comme un animal intelligent. N’attendant rien après la mort, rien ne l’arrête pour augmenter les jouis-sances du présent; s’il souffre, il n’a en perspective que le désespoir etle néant pour refuge. Avec la certitude do l’avenir, celle de retrouver ceux qu'il a aimés, la crainte de revoir ceux qu'il a offensés, toutes ses idées changent. Le Spiritisme n’eùt-il fait que tirer l’homme du doute touchant la vie future, aurait plus fait pour son amélioration morale que toutes les lois disciplinaires qui le brident quelquefois, mais ne le changent pas.

CllAl’lTRE I

38. — Sans la préexistence de l’ânie, la doctrine du péché originel n’cst pas seulement inconciliable avec la justice de Dieu qui rendrait tous les hommes responsables de la faute d’un seul, elle serait un non-sens, et d’autant moins justifiable que l'àme n’existait pas à l’époque où l’on prétend faire remonter sa responsabilité. Avec la préexistence et la réincarnation, l’homme apporte en renaissant le germe de ses imperfections passées, des défauts dont il ne s’est pas corrigé, et qui se traduisent par ses instincts natifs, ses propensions à tel ou tel vice C’est là son véritable pécbé originel, dont il subit tout naturellement les conséquences; mais avec cette différence capi- ' taie qu’il porte la peine doses propres fautes, et non celle de la faute d’un autre ; et cette autre différence, à la fois consolante, encourageante, et souverainement é(iuitable, que chaque existence lui offre les moyens de se racheter par la réparation, et de progresser soit en se dépouillant de quelque imperfection, soit en acquérant de nouvelles connaissances, et cela jusqu’à ce ([u’étant suffisamment purifié, il n’ait plus besoin de la vio corporelle, et puisse vivre exclusivement de la vie spirituelle, éternelle et bienheureuse.

Par la même raison, celui qui a progressé moralement, apporte, en renaissant, des qualités natives, comme celui qui a progressé intellectuellement apporte des idées innées; il est identifié avec le bien; il le pratique sans efforts, sans calcul, et pour ainsi dire sans y penser. Celui quiestobligé de combattre ses mauvaises tendances, en est encore à la lutte; le premier a déjà vaincu, le second est en train de vaincre. U y a donc vertu originelle, comme il y a savoir originel, et pêché ou mieux vice originel.

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