‹ La genèseChapitre 135 sur 236 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

donc tout aussi naturelle après que pendant l’incarnation ; elle est soumise aux lois qui régissent le principe spirituel, comme le corps est soumis à celles qui régissent le principe matériel; mais comme ces deux principes ont une affinité nécessaire, qu’ils réagissent incessamment l’un sur l’autre, que de leur action simultanée résultent le mouvement et l'harmonie de l’ensemble, il s'ensuit (jue la spiritualité et la matérialité sont les deux parties d’un même tout, aussi naturelles l’une que l’autre, et que la première n’est pas une exception, une anomalie dans l’ordre des choses.

5. — Pendant son incarnation, l’Esprit agit sur la matière par l’intermédiaire de son corps fluidique ou périsprit; il en est de même en dehors de l’incarnation. 11 fait, comme Esprit et dans la mesure de scs capacités, ce qu’il faisait comme homme ; seulement, comme il n’a plus son corps charnel pour instrument, il se sert, lorsque cela est nécessaire, des organes matériels d’un incarné qui devient ce qu’on appelle médium. 11 fait comme celui qui, ne pouvant écrire lui-même, emprunte la main d’un secrétaire ; ou qui, ne sachant pas une langue, se sert

' d’un interprète. Un secrétaire, un interprète sont les médiums d’un incarné, comme le médium est le secrétaire ou l’interprète d’un Esprit.

6. — Le milieu dans lequel agissent les Esprits et les moyens d’exécution n’étant plus les mêmes que dans l’état d’incarnation, les effets sont différents. Ces effets ne paraissent surnaturels que parce qu’ils sont produits à l’aide d’agents qui ne Sont pas ceux dont nous nous servons ; mais dés l’instant que ces agents sont dans la nature, et que les faits de manifestations s’accomplissent en vertu de certaines lois, il n’y a rien de surnaturel ni de

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merveilleux. Avant de connaître les propriétés de l’électricité, les phénomènes électriques passaient pour des prodiges aux yeux de certaines gens; dès que la cause fut connue, le merveilleux disparut. Il en est de même des phénomènes spirites, qui ne sortent pas plus de l’ordre des lois naturelles que les phénomènes électriques, acoustiques, lumineux et autres, qui ont été la source d’une foule de croyances superstitieuses.

7. — Pourtant, dira-t-on, vous admettez qu'un Esprit peut enlever une table et la maintenir dans l’espace sans point d’appui ; n'est-ce pas une dérogation à la loi de gravité? — Oui, à la loi connue; mais connatt-on toutes les lois? Avant qu’on eût expérimenté la force ascensionnelle de certains gaz, qui eût dit qu’une lourde machine portant plusieurs hommes peut triompher de la force d’attraction? Aux yeux du vulgaire, cela ne devait-il pas paraître merveilleux, diabolique? Celui qui eût proposé il y a un siècle de transmettre une dépêche à cinq cents lieues, et d’en recevoir la réponse en quelques minutes, aurait passé pour un fou; s’ill’eût fait, on aurait cru qu’il avait le diable à ses ordres, car alors le diable seul était capable d’aller si vite; cependant aujourd’hui la chose est non-seulement reconnue possible, mais elle parait toute naturelle. Pourquoi donc un fluide inconnu n’aurait-il pas la propriété, dans des circonstances données, de contrebalancer l’effet de la pesanteur , comme l’hydrogène contre-balance le poids du ballon? C’est, en effet, ce qui a lieu dans le cas dont il s’agit. {Liv. des Médiums, ch. IV.)

8. — Les phénomènes spirites, étant dans la nature, se sont produits dans tous les temps; mais précisément parce que leur étude ne pouvait se faire par les moyens matériels dont dispose la science vulgaire, ils sont restés

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