CHAPITRE XIII
plus longtemps que d’autres dans le domaine du surnaturel, d’où le Spiritisme les fait sortir aujourd’hui.
Le surnaturel, basé sur des apparences inexpliquées, laisse un libre cours à l’imagination qui, errant dans l’inconnu, enfante alors les croj’ances superstitieuses. Une explication rationnelle fondée sur les lois de la nature, ramenant l’homme sur le terrain de la réalité, pose un point d'arrêt aux écarts de l'imagination, et détruit les superstitions. Loin d'étendre le domaine du surnaturel, le Spiritisme le restreint jusque dans ses dernières limites et lui ôte son dernier refuge. S’il fait croire à la possibilité de certains faits, il empêche de croire ù beaucoup d’autres, parce qu’il démontre dans le cercle de la spiritualité, comme la science dans le cercle de la matérisdité, ce qui est possible et ce qui ne l’est pas. TQutefois, comme il n’a pas la prétention d’avoir le dernier mot sur toutes choses, même sur celles qui sont de sa compétence, il ne se pose point en régulateur absolu du possible, et faii la part des conuaissances que réserve l’avenir.
9. — Les phénomènes spirites consistent dans les différents modes de manifestation de l’àme ou Esprit, soit pendant l’incarnation, soit à l’état d’erraticité. C’est par ses manifestations que l’àme révèle son existence, sa survivance et son individualité; on la juge par ses efl’ets; la cause étant naturelle, l’effet l’est également. Ce sont ces effets qui font l’objet spécial des recherches et de l’étude du Spiritisme, afin d’arriver à la connaissance aussi complète que possible de la nature et des attributs de l’âme, ainsi que des lois qui régissent le principe spirituel.
10. — Pour ceux qui dénient l’existence du principe spirituel indépendant, et par suite celle de l’âme individuelle et survivante, toute la nature est dans la matière
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CARACTÈRES DES MIRACLES
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tangible; tous les phénomènes qui se rattachent h la spiritualité sont, à leurs yeux, surnaturels, et par conséquent chimériques; n’admettant pas la cause, ils ne peuvent admettre l’effet ; et lorsque les effets sont patents, ils les attribuent à l’imagination, à l’illusion, à l’halluétnation, et refusent de les approfondir ; de là, chez eux, une opinion préconçue qui les rend impropres à juger sainement (lu Spiritisme, parce qu’ils partent du principe de la négation de tout ce qui n’est pas matériel.
11. — De ce que le Spiritisme admet les effets qui sont la conséquence de l’existence de l’âme, il ne s'ensuit pas qu’il accepte tous les effets qualifiés de merveilleux, et qu’il entende les justifier et les accréditer; qu’il se fasse le champion de tous les rêveurs, de toutes les utopies, de toutes les excentricités systématiques, de toutes les légendes miraculeuses : il faudrait bien peu le connaître pour penser ainsi. Ses adversaires croient lui opposer un argument sans réplique quand, après avoir fait d’érudites recherches sur les convulsionnaires de Saint- Médard, les Camisards des Cévennes ou les religieuses de Loudun, ils sont arrivés à y découvrir des faits patents de supercherie que personne ne conteste; mais ces histoires sont-elles l’évangile du Spiritisme? Ses partisans ont-ils nié que le charlatanisme ait exploité certains faits à son profit; que l’imagination en ait créé; que le fanatisme en ait exagéré beaucoup? Il n’est pas plus solidaire des extravagances qu’on peut commettre en son nom, que la vraie science ne l’est des abus de l’ignorance, ni la vraie religion des excès du fanatisme. Beaucoup de critiques ne jugent le Spiritisme que sur les contes de fées et les légendes populaires qui en sont les fictions; autant vaudrait juger l’histoire sur les romans historiques ou les tragédies.