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CHAPITRE XUI

12. — Les phénomènes spirites sont le plus souvent spontanés, et se produisent sans aucune idée préconçue chez les personnes qui j songent le moins; dans certaines circonstances, il en est qui peuvent être provoqués par les agdhts désignés sous le nom de médiums: dans le premier cas, le médium est inconscient de ce qui se produit par son intermédiaire; dans le second, il agit en connaissance de cause; de là la distinction àesmédium^ conscients et des médiums inconscients. Ces derniers sont les plus nombreux et se trouvent souvent parmi les incrédules les plus obstinés, qui font ainsi du Spiritisme sans le savoir .et sans le vouloir. Les phénomènes spontanés ont, par cela même, une importante capitale, car on ne peut suspecter la bonne foi de ceux qui les obtiennent. Il en est ici comme du somnambulisme, qui, chez certains individus, est naturel et involontaire, et chez d’autres, provoqué par l’action magnétique (1).

Mais que ces phénomènes soient ou non le résultat d'un acte de la volonté, la cause première est exactement la même et ne s'écarte en rien des lois naturelles. Les médiums ne produisent donc absolument rien de surnaturel; par conséquent, ils ne font aucun miracle; les guérisons instantanées elles-mêmes ne sont pas plus miraculeuses que. les autres effets, car elles sont dues à l’action d’un agent fluidique faisant l'office d’agent thérapeutique, dont les propriétés ne sont pas moins naturelles pour avoir été inconnues jusqu'à ce jour. L’épithète de thaumaturges, donnée à certains médiums par la critique ignorante des principes du Spiritisme, est donc tout à fait impropre. La qualification de miracles donnée, par comparaison, à ces

(1) Livre des Médiums, chap. V. — Revue Spirite; ezeinpies : décembre 1865, page 370; — août 1865, page 231 .

URXCTÈRES DES MIRACLES

sortes de phénomènes, ne peut qu’induire en eiTCur sur leur véritable caractère.

13. — L’intervention d’intelligences occultes dans les phénomènes spirites ne rend pas ceux-ci plus miraculeux que tous les autres phénomènes qui sont dus à des agents invisibles, parce que ces êtres occultes qui peuplent les espaces sont une des puissances de la nature, puissance dont l’action est incessante sur le monde matériel, aussi bien que sur le monde moral.

Le Spiritisme, en nous éclairant sur cette puissance, nous donne la clef d’une foule de choses inexpliquées, et inexplicables par tout autre mo;>’en, et qui ont pu, dans des temps reculés, passer pour des prodiges ; il révèle, de même que le magnétisme, une loi, sinon inconnue, du moins mal comprise; ou pour mieux dire, on connaissait les effets, car ils se sont produits de tout temps, mais on ne connaissait pas la loi, et c’est l’ignorance de cette loi qui a engendré la superstition. Cette loi connue, le mer- I veilleux disparait et les phénomènes rentrent dansl’ordre des choses naturelles. Voilà pourquoi les Spirites ne font pas plus de miracles en faisant tourner une table ou écrire les trépassés, que le médecin en faisant revivre un moribond, ouïe physicien en faisant tomber la foudre. Celui qui prétendrait, à l’aide de cette science, faire des miracles, serait ou un ignorant de la chose, ou un faiseur de dupes.

14. — Puisque le Spiritisme répudie toute prétention aux choses miraculeuses, en dehors de lui y a-t-il des miracles dans l’acception usuelle du mot?

Disons d’abord que parmi les faits réputés miraculeux qui se sont passés avant l’avénement du Spiritisme, et qui se passent encore de nos jours, la plupart, sinon tous, trouvent leur explication dans les lois nouvelles

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