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CHAPITRE XV

On comprend d’après cela que deux malades atteints du même mal, en présence d’un guérisseur, l’un puisse être guéri, et l’autre non. C’est là un des principes les jdus importants de la médiumnité guérissante et qui explique, par une cause très naturelle, certaines anomalies apparentes. (Cbap. XIV, n““ 31, 33, :d3.)

Aveugle de Bethsaîde.

12. — Etant arrivé à Bethsaîde, on lui amena un aveugle qu’on le pria de toucher.

Et prenant l’aveugle par la main, il le mena hors du bourg; il lui mit de la salive sur les yeux, et lui ayant imposé les mains, il lui demanda s’il voyait quelque chose. — Cet homme, regardant, lui dit: Je vois marcher des hommes qui me paraissent comme des arbres. — Jésus lui mit encore une fois les mains sur les yeux, et il commença à mieux voir; et enfin il fut tellement guéri, qu’il voyait distinctement toutes choses.

Il le renvoya ensuite dans sa maison, et lui dit : Allez-vous-en en votre maison ; et si vous entrez dans le bourg, n’y dites à Itersonne ce qui vous est arrivé. (Saint Marc; ch. vm, v. de 22 à 2(i.)

13. — Ici l’effet magnétique est évident; la guérison n’a pas été instantanée, mais graduelle et par suite d’une action soutenue et réitérée, quoique plus rapide que dans la magnétisation ordinaire. La première sensation de cet homme est bien celle qu’éprouvent les aveugles en recouvrant la lumière ; par un effet d’optique, les objets leur paraissent d’une grandeur démesurée.

Paralytique.

14. — Jésus, étant monté dans une barque, repassa le lac et vint dans sa ville (Capharnaüm). — Et comme on lui eut présenté

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un paralytique couché stir un lit, Jésus, voyant leur foi, dit à ce paralytique ; Mon fils, ayez confiance, vos péchés vous sont remis.

Aussitôt quel(|ues-uiis des scribes dirent en eux-mêmes : (^et homme blasphème. — Mais Jésus ayant connu ce qu'ils pensaient, leur dit : Pourquoi avez-vous de mauvaises pensées dans vos cfpurs? — Car, lequel est le plus aisé, ou de dire : Vos péchés vous sont remis, ou de dire : Levez-vous et marchez? — Or, afin que vous sachiez que le Fils de riiommea sur la terre le pouvoir de remettre les péchés : Levez-vous, dit-il alors au paralytique; emportez votre lit, et allez-vous-en dans votre maison.

Le paralytique se leva aussitôt, et s’en alla en sa maison. — Ft le peuple, voyant ce miracle, fut rempli de crainte et rendit gloire à Dieu de ce qu’il avait donné une telle puissance aux hommes. (Saint Matth., ch. ix, v. de t à 8.)

15. — Que pouvaient signifier ces paroles : « Vos péchés VOU.S seront remis ; » et à quoi pouvaient-elles servir pour la guérison? Le Spiritisme en donne la clef, comme d’une infinité d’autres paroles incomprises jusqu’à ce jour; il nous apprend, par la loi de la pluralité des existences, que les maux et les afflictions de la vie sont souvent des expiations du passé, et que nous subissons dans la vie présente les conséquences des fautes que nous avons commises dans uno existence antérieure: les différentes existences étant solidaires les unes des autres, jusqu’à ce qu’on ait payé la dette de ses imperfections.

Si donc, la maladie de cet homme était une punition pour le mal qu’il avait pu commettre, en lui disant : «Vos péchés vous sont remis, » c’était lui dire: « Vous avez payé votre dette ; la cause do votre maladie est effacée par votre foi présente ; en conséquence, vous méritez d’être délivré de votre maladie. » C’est pour cela qu’il dit aux scribes : « Il est aussi facile do dire : Vos péchés vous sont remis, que : Levez-vous et marchez;

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la cause cessant, l’effet doit cesser. Le cas est le même que pour un prisonnier à qui l’on viendrait dire : a Votre crime est expié et pardonné, » ce qui équivaudrait à lui dire : a Vous pouvez sortir do prison. »

Les dix lépreux.

10. — l'n jour qu’il allait à Jérusalem, et passait par les confins (le la Samarie et de la (lalilée, — étant jirès d’entrer dans un village, dix lépreux vinrent au-devant de lui ; et se tenant éloignés, ils élevèrent leurs voix et lui dirent : Jésus, notre .Maître, ayez pitié de nous. — Lorsqu’il les eut aperçus, il leur dit : Allez vous montrer aux prêtres. Et comme ils y allaient, ils furimt guéris.

L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, retourna sur ses pas, glorifiant llieu à haute voix; — et vint se jeter aux pieds de Jésus, le visage contre terre, en lui rendant grftces; et celui-là était Samaritain.

.Mors Jésus dit : Tous les dix n’ont-ils jiasété guéris? Où sont donc les neuf autres? — Il ne .s’en est point trouvé (pii soit revenu, et ipii ait [rendu gloire à Dieu, sinon cet étranger. — Et il lui dit : I.evez-vous ; allez, votre foi vous a sauvé. (Saint Luc, ch. XVI', V. de 11 à l'J.)

17. — Les Samaritains étaient des schismatiques, comme à peu prés les protestants à l’égard des catholiques, et méprisés par les Juifs comme des hérétiques. Jésus, en guérissant indistinctement les Samaritains et les Juifs, donnait à la fois une leçon et un exemple de tolérance; et, en faisant ressortir que le Samaritain seul était revenu rendre gloire à Dieu, il montrait qu’il y avait en lui plus do vraie foi et do reconnaissance que chez ceux qui se disaient orthodoxes. En ajoutant : « Votre foi vous a sauvé, » il fait voir que Dieu regarde le fond du cœur et non la forme extérieure de l’adoration. Ce-

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pendant les autres entêté guéris; il le fallait pour la leçon qu’il voulait donner, et prouver leur ingratitude; mais qui sait ce qu'il en sera résulté, et s’ils auront bénéficié de la faveur qui leur avait été accordée? En disant au Samaritain : « Votre foi vous a sauvé, » Jésus donne à entendre qu’il n’en sera pas de même des autres.

Main sèche.

18. — Jésus entra une autre fois dans la synagogue, où il trouva unliommequi avait une main sèclie. — Et ils l’observaient pour voir s'il le guérirait un jour de sabbat, afin d’en prendre sujet de l’accuser. — Alors, il dit à cet homme qui avait une main sèclie : Levez-vous, tenez-vous là au milieu. — Puis il leur dit : Est-il permis au jour du sabbat de faire du bien ou du mal, de sauver la vie ou de l’oter? Et ils demeurèrent dans le silence. — Mais lui, les regardant avec colère, affligé qu’il était de l’aveuglement de leur cœur, dit à cet liomme ; Etendez votre main. Il l’étendit, et elle devint saine.

Aussitôt les pharisiens, étant sortis, tinrent conseil contre lui avec les bérodiens, sur le moyen de le perdre. — Mais Jésus se retira avec ses disciples vers la mer, où une grande multitude de peuple le suivit de Galilée et do Judée, — de Jérusalem, de ridumée, et d’au delà le Jourdain ; et ceux des environs de Tyr et de Sidon, ayant entendu parler des choses qu'il faisait, vinrent en grand nombre le trouver. (Saint Marc, ch. III, v. de 1 à 8.)

La femme courbée.

19. — Jésus enseignait dans une synagogue tous les jours de sabbat. — El un jour il y vit une femme posséefée d'un Esprit qui la rendait malade depuil dix-huit ans; et elle était si courbée, qu’elle ne pouvait du tout regarder en haut. — Jésus la voyant, l'appela et lui dit : Femme, vous êtes délivrée de votre infirmité. — En même temps il lui imposa les mains; et étant aussitôt redressée, elle en rendit gloire à Dieu.

Mais le chef de la synagogue, indigné de ce que Jésus l’avait

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