CHAPITRE XV
sciences étaient peu avancées, et l’on voyait une cause surnaturelle dans la plupai-t des phénomènes incompris. Les Juifs attribuaient donc l’agitation de cette eau h la présence d’un ange, et cette croyance leur semblait d’autant mieux fondée, qu’à ce moment l’eau était plus salutaire.
Après avoir guéri cet homme, Jésus lui dit : « A l’avenir ne péchez plus, de peur qu’il ne vous arrive quelque chose de pis. » Par ces paroles, il lui fait entendre que sa maladie était une punition, et que, s’il ne s’améliore pas , il pourra être de nouveau puni encore plus rigoureusement. Cette doctrine est entièrement conforme à celle qu’enseigne le Spiritisme.
23. — Jésus semblait prendre à tâche d’opérer ses guérisons le jour du sabbat, pour avoir occasion de protester contre le rigorisme des pharisiens touchant l’observation de ce jour. Il voulait leur montrer que la vraie piété ne consiste pas dans l’observance des pratiques extérieures etdes choses de forme, mais qu’elle est dans les sentiments du cœur. Il se justifie en disant : « Mon Père ne cesse point d’agir jusqu’à présent, et j’agis aussi incessamment; » c'est-à-dire Dieu ne suspend point ses œuvres ni son action sur les choses de la nature le jour du sabbat, il continue à faire produire ce qui est nécessaire à votre nourriture et à votre santé, et je suis son exemple.
Aveu(iie-né.
24. — Lorsque Jésus passait, il vil un homme qui était aveugle dés sa naissance ; — et ses disciples lui lirenl celle demande : •Mailre, csl-cc le péché de cel homme, ou le péché de ceux qui l’onl mis au monde, qui est cause qu'il est né aveugle ?
Jésus leur répondit: Ce n'est point qu’il a péché, ni ceux qui l'ont mis au monde; mais c’est afin que les œuvres de la puis-
LES MIRACLES DE L’ÉVANGILE 345
sancede Dieu éclatent en lui. — Il faut que je fasse les œuvres de Celui qui m’a envoyé pendant qu’il est jour; la nuit vient, daes laquelle personne ne peut agir. — Tant que je suis dans le inonde, je suis la lumière du monde.
Après avoir dit cela, il cracha à terre, et ayant fait de la houe avec sa salive, il oignit de celle boue les yeux de l’aveugle, — et lui dit : Allez-vous laver dans la [liscine de Süoé, qui signifie Envoyé. II y alla donc, il s’y lava, et en revint voyant clair.
.Ses voisins et ceux qui l’avaient vu auparavant demander l’aumône, di.saient: N’est-ce pas celui qui était assis, et qui demandait l’aumône? I.es uns répondaient; C’est lui ; — d'autres disaient: Non, c’est un qui lui res.semble. Mais il leur disait : C’est moi-mème. — Ils lui dirent donc : Comment vos yeux se sontils ouverts ? — 11 leur répondit : Cet homme (ju’on appelle Jésus a fait de la houe et en a oint mes yeux, et il m’a dit : Allez a la piscine de Siloé, et vous y lavez. J’y ai été, je m’y suis lavé, et je vois. — Us lui dirent : Où est-il ? Il leur répondit: Je ne sais.
Alors ils amenèrent aux iiharisiens cet homme qui avait été aveugle. — Or c’était le jour du sabbat que Jésus avait fait cette boue et lui avait ouvert les yeux.
Les pharisiens l’interrogèrent donc aussi eux-mèmos pour savoir comment il avait recouvré la vue. Et il leur dit : 11 m’a mis de la boue sur les yeux; je me suis lavé et je vois. — Sur quoi quelques-uns des pharisiens dirent: Cet iiomme n’est point envoyé de Dieu, puisqu’il ne garde point le sabbat. Mais d’autres disaient : Comment un méchant homme pourrait-il faire de tels prodiges? Et il y avait sur cela de la division entre eux.
Ils dirent donc de nouveau à l’aveugle : Et toi, que dis-tu de cet homme qui t’a ouvert les yeux ? Il répondit: Je dis ([ue c’est un prophète. — Mais les Juifs ne crurent point que cet homme eût été aveugle, et qu’il eût recouvré la vue, jusqu’à ce qu’ils eussent fait venir son père et sa mère, — qu'ils interrogèrent, en leur disant : Est-ce là votre lils que vous dites être né aveugle ? Comment doue voit-il maintenant ? — Le père et la mère répondirent : Nous savons que c’est là notre fils, et qu’il est né aveugle ; — mais nous ne savons comment il voit maintenant.