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CHAPITRE XV

leur permettent pas de s’élever dans l’air, ou conïîns ceux dont la vue est trop courte pour voir au loin, ou enfin comme ceux qui manquent d’un sens pour certaines perceptions.

7. — Pour comprendre les choses spirituelles, c’est-àdire pour s’en faire une idée aussi nette que celle que nous nous faisons d’un paysage qui est sous nos yeux, il nous manque véritablement un sens, exactement comme à l’aveugle il manque le sens nécessaire pour comprendre les eff’ets de la lumière, des couleurs et de la vue sans le contact. Aussi n’est-ce que par un effort de l’imagination que nous y parvenons, et à l’aide de comparaisons puisées dans les choses qui nous sont familières. Mais des choses matérielles ne peuvent donner que des idées très imparfmles des choses spirituelles; c’est pour cela qu’il ne faudrait pas prendre ces comparaisons à la lettre, et croire, par exemple, dans le cas dont il s’agit, que l’étendue des facultés perceptives des Esprits tient à leur élévation effective, et qu’ils ont besoin d’étre sur une montagne ou au-dessus des nuages pour embrasser le temps et l’espace.

Cette faculté est inhérente à l’état de spiritualisation, ou, si l’on veut, de dématérialisation; c’est-à-dire que la spiritualisation produit un effet que l’on peut comparer, quoique très imparfaitement, à celui de la vue d’ensemble do l’homme qui est sur la montagne; cette comparaison avait simplement pour but de montrer que des événements qui sont dans l’avenir pour les uns, sont dans le présent pour d’autres, et peuvent ainsi être prédits, ce qui n’implique pas que l’effet se produise de la même manière.

Pour jouir de cette perception. l’Esprit n’a donc pas

THÉORIE DE LA PRESCIENCE

besoin de se transporter sur un point quelconque de l’espace ; celui qui est sur la terre, à nos côtés, peut la posséder dans sa plénitude, tout aussi bien que s’il en était à mille lieues, tandis que nous ne voyons rien en dehors de l’horizon visuel. La vue, chez les Esprits, ne se produisant pas de la môme manière ni avec les mêmes éléments que chez l’homme, leur horizon visuel est tout autre; or c’est précisément là le sens qui nous manque pour le concevoir ; l'Esprit, à côté de f incarné, est comme le voyant à côté d'un aveugle.

8. — Il faut bien se figurer, en outre, que cette perception ne se borne pas à l’étendue, mais qu’elle comprend la pénétration de toutes choses ; c’est, nous le répétons, une faculté inhérente et proportionnée à l’état de dématérialisation. Cette faculté est amortie par l’incarnation, mais elle n’est pas complètement annulée, parce que l’âme n’est pas enfermée dans le corps comme dans une boîte. L'incarné la possède, quoique toujours à un moindre degré que lorsqu’il est entièrement dégagé; c’est ce qui donne à certains hommes une puissance de pénétration qui manque totalement à d’autres, une plus grande justesse dans le coup d’œil moral, une compréhension plus facile des choses extramatérielles.

Non-seulement l’Esprit perçoit, mais il se souvient de ce qu’il a vu à l’état d’Esprit, et ce souvenir est comme un tableau qui se retrace à sa pensée. Dans l’incarnation il voit, mais vaguement et comme à travers un voile ; à l’état de liberté il voit et conçoit clairement. Le principe de la vue n'est pas hors de lui, mais en lui ; c’est pour cela qu’il n’a pas besoin de notre lumière extérieure. Par le développement moral, le cercle des idées et de la conception s’élargit; par la dématérialisation graduelle

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