CHAPITRE XVI
on peut aisément lui prédire le sort qui l’attend dans la route où il s’engage.
13. — Les événements qui touchent aux intérêts généraux de l’humanité sont réglés par la Providence. Quand une chose estdans les desseins de Dieu, elle doits’accomplir quand même, soit par un moyen, soit par un autre. Les hommes concourent à son exécution, mais aucun n’est indispensable, autrement Dieu lui-même serait à la merci de ses créatures. Si celui à qui incombe la mission de l’exécuter fait défaut, un autre en est chargé. Il n’y a point de mission fatale; l’homme esttoiyours libre de remplir celle qui lui est confiée et qu’il a volontairement acceptée ; s’il ne le fait pas, il en perd le bénéfice, et il assume la responsabilité des retards qui peuvent être le fait de sa négligence ou de son mauvais vouloir ; s’il devient un obstacle à son accomplissement. Dieu peut le briser d’un souffle.
14. — Le résultat final d’un événement peut donc être certain, parce qu’il est dans les vues de Dieu ; mais comme, le plus souvent, les détails et le mode d’exécution sont subordonnés aux circonstances et au libre arbitre des hommes, les voies et moyens peuvent être éventuels. Les Esprits peuvent nous pressentir sur l’ensemble, s’il est utile que nous en soyons prévenus ; mais, pour préciser le lieu et la date, il faudrait qu’ils connussent d’avance la détermination que prendra tel ou tel individu; or, si cette détermination n’est pas encore dans sa pensée, selon ce qu’elle sera, eUe peut hâter ou retarder le dénoûment, modifier les moyens secondaires d’action, tout en aboutissant au même résultat. C’est ainsi, par exemple, que les Esprits peuvent, par l’ensemble des circonstances, prévoir qu’une guerre est plus ou moins
Digilized by Goog!.
THÉORIE DE LA PRESCIENCE
prochaine, qu’elle est inévitable, sans pouvoir prédire le jour où elle commencera, ni les incidents de détail qui peuvent être modifiés par la volonté des hommes.
15. — Pour la fixation de l’époque des événements futurs, il faut, en outre, tenir compte d’une circonstance inhérente à la nature même des Esprits.
Le temps, de même que l’espace, ne peut être évalué qu’à l’aide de points de comparaison ou de repère qui le divisent en périodes que l’on peut compter. Sur la terre, la division naturelle du temps en jours et en années est marquée par le lever et le coucher du soleil, et par la durée du mouvement de translation de la terre, La subdivision des jours en vingt-quatre heures est arbitraire ; elle est indiquée à l’aide d’instruments spéciaux, tels que les sabliers, les clepsjdres, les horloges, les cadrans solaires, etc. Les unités de ^nesure du temps doivent varier selon les mondes, puisque les périodes astronomiques sont différentes; c’est ainsi, par exemple, que dans Jupiter les jours équivalent à dix de nos heures, et les années à près de douze années terrestres.
Il y a donc pour chaque monde une manière différente de supputer la durée suivant la nature des révolutions astrales qui s’y accomplissent ; ce serait déjà une difficulté pour la détermination de nos dates par des Esprits . qui ne connaîtraient pas notre monde. Mais, en dehors des mondes, ces moyens d’appréciation n’existent pas. Pour un Esprit, dans l’espace, il n’y a ni lever ni coucher de soleil marquant les jours, ni révolution périodique marquant les années; il n’y a pour lui que la durée et l’espace infinis. (Chap. VI, n“' l*' et suivants.) Celui donc qui ne serait jamais venu sur la terre n’aurait aucune connaissance de nos calculs, qui, du reste, lui seraient complètement inu-