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lement actifs aussi bien à l’état spirituel qu’à l’état corporel. L'iiomino ne marche plus en aveugle : il sait d’où il vieni, où il va et pourquoi il est sur la terre. L’avenir se montre à lui dans sa réalité, dégagé des préjugés de l’ignorance et de la superstition; ce n'est plus une A’ague espérance : c’est une vérité palpable, aussi certaine pour lui que la succession du jour et de la nuit. Il sait que son être n’est pas limité à quelques instants d’une existence éphémère ; que la vie spirituelle n’est point interrompue par la mort; qu’il a déjà vécu, qu’il revivra encore, et que de tout ce qu’il acquiert en perfection par le travail, rien n’est perdu; il trouve dans ses existences antérieures la raison de ce qu’il est aujourd’hui ; et : de ce que l'homme se fait aujourd'hui, il peut conclure ce qu'il sera un jour.
13. — Avec la pensée que l’activité et la coopération individuelles dans l’œuvre générale de la civilisation sont limitées à la vie présente, que l’on n'a rien été et que l’on ne sera rien, que fait à l’homme le progrès ultérieur de l’humanité? Que lui importe qu’à l’avenir les peuples soient mieux gouvernés, plus heureux, plus éclairés, meilleurs les uns pour les autres? Puisqu’il n’en doit retirer aucun fruit, ce progrès n’est-il pas perdu pour lui? Que lui sert de travailler pour ceux qui viendront après lui, s’il ne doit jamais les connaître, si ce sont dos êtres nouveaux qui peu après rentreront eux-mômes dans le néant? Sous l’empire de la négation de l’avenir individuel, tout se rapetisse forcément aux mesquines proportions du moment et de la personnalité.
Mais, au contraire, quelle amplitude donne à la penséede l’homme \& certitude àe la perpétuité de son être spirituel! Quoi de plus rationnel, de plus grandiose, de plus digne du Créateur que cette loi d’après laquelle la vie spirituelle
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LES TEMPS SONT ARRIVÉS
et la vie corporelle ne sont que deux modes d’existence qui s'alternent pour l’accomplissement du progrès! Quoi de plus juste et de plus consolanl que l’idée des mêmes êtres progressant sans cesse, d’abord à travers les générations du même monde, et ensuite do monde en monde juqu’à la perfection, sans solution de continuité! Toutes les actions ont alors un but, car, en travaillant pour tous, on travaille pour soi, et réciproquement; de sorte que ni le progrès individuel ni le progrès général ne sont jamais stériles; il profite aux générations et aux individualités futures, qui ne sont autres que les générations et les individualités passées, arrivées à un plus haut degré d’avancement.
14. — La vie spirituelle est la vie normale et éternelle de l’Esprit, et l'incarnation n’est qu'une forme temporaire de son existence. Sauf le vêtement extérieur, il y a donc identité entre les incarnés et les désincarnés; ce sont les mêmes individualités sous deux aspects différents, apjpartenant tantôt au monde visible, tiintôt au monde invisible, se retrouvant soit dans l'un soit dans l’autre, concourant dans l’un et dans l’autre au même but, par des moyens appropriés à leur situation.
De cotte loi découle celle de la perpétuité des rapports entre les êtres ; la mort no les sépare point, et ne met point de terme à leurs relations sympathiques, ni à leurs devoirs réciproques. De là la solidarité de tous pour chacun, et de chacun pour tous; de là aussi \& fraternité. Les hommes ne vivront heureux sur la terre que lorsque ces deux sentiments seront entrés dans leurs cœurs et dans leurs mœurs, car alors ils y conformeront leurs lois et leurs institutions. Ce sera là un des principaux résultats de la transformation qui s’opère.
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Mais comment concilier les devoirs de la solidarité et de la fraternité avec la croyance que la mort rend à tout jamais les hommes étrangers les uns aux autres? Par la loi de la perpétuité des rapports qui lient tous les êtres, le Spiritisme fonde ce double principe sur les lois mêmes de la nature; il en fait non-seulement un devoir, mais une nécessité. Par celle de la pluralité des existences, l'homme se rattache à ce qui s’est fait et à ce qui se fera, aux hommes du passé et à ceux de l’avenir; il ne peut plus dire qu’il n’a rien de commun avec ceux qui meurent, puisque les uns et les autres se retrouvent sans cesse, dans ce monde et dans l’autre, pour gravir ensemble l’échelle du progrès et se prêter un mutuel appui. La fraternité n’est plus circonscrite à quelques individus que le harard rassemble pendant la durée éphémère de la vie ; elle est perpétuelle comme la vie de l’Esprit, universelle comme l’humanité, qui constitue une grande famille dont tous les membres sont solidaires les uns des autres, qtielle que soit t époque à laquelle ils ont vécu.
Telles sont les idées qui ressortent du Spiritisme, et qu’il suscitera parmi tous les hommes, quand il sera universellement répandu, compi-is, enseigné et pratiqué. Avec le Spiritisme, la fraternité, synonyme de la charité prêchée par le Christ, n’est plus un vain mot; elle a sa raison d’être. Du sentiment de la fraternité naît celui de la réciprocité et des devoirs sociaux, d’homme à homme, de peuple à peuple, de race à race; de ces deux sentiments bien compris sortiront forcément les institutions les plus profitables au bien-être de tous.
15. — La fraternité doit être la pierre angulaire du nouvel ordre social; mais il n’y a pas de fraternité réelle, ■< solide et effective si elle n'est appuyée sur une base iné-