CHAPITRE XVIII
ral ; mais il ne lance l’anaflième à personne, pas même à SOS ennemis, parce qu'il est convaincu que la voie du bien est ouverte aux plus imparfaits, et que tôt au tard ils y entreront.
21 . — Si l’on suppose la majorité des liorumes imbus de ces sentiments, on peut aisément se figurer les modifications qu’ils apporteraient dans les relations sociales : charité, fraternité, bienveillance pour tous, tolérance pour toutes les croyances, telle sera leur devise. C’est le but auquel tend évidemment l’humanité, l’objet de ses aspirations, de ses désirs, sans qu’elle se rende bien compte des moyens do les réaliser ; elle essaye, elle tâtonne, mais elle est arrêtée par des résistances actives ou la force d’inertie des préjugés, des croyances stationnaires et réfractaires au progrès. Ce sont ces résistances qu’il faut vaincre, et ce sera l’oeiUTe de la nouvelle génération; si l’on suit le cours actuel des choses, on reconnaîtra que tout semble prédestiné à lui frayer la route ; elle aura pour elle la double puissance du nombre et des idées, et de plus l’expérience du passé.
22. — La nouvelle génération marchera donc à la réalisation de toutes les idées humanitaires compatibles avec le degré d’avancement auquel elle sera parvenue. Le Spiritisme marchant au même but, et réalisant ses vues, ils se rencontreront sur le même terrain. Les hommes de progrès trouveront dans les idées spirites un puissant levier, et le Spiritisme trouvera dans les hommes nouveaux des esprits tout disposés à l’accueillir. Dans cet état de choses, que pourront faire ceux qui voudraient se mettre h la traverse?
23. — Ce n’est pas le Spiritisme qui crée larénovation sociale, c’est la maturité de l'iiumanité qui fait de cette
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rénovation une nécessité. Par sa puissance moralisatrice, par ses tendances progressives, par l’ampleur de ses vues, par la généralité des questions qu'il embrasse, le Spiritisme est, plus que toute autre doctrine, apte à seconder le mouvement régénérateur; c’est pour cela qu’il en est contemporain. Il est venu au moment oit il pouvait être utile, car pour lui aussi les temps sont arrivés; plus tôt, il eût rencontré des obstacles insurmontables ; il eût inévitablement succombé, parce que les hommes, satisfaits de ce qu’ils avaient, n’éprouvaient pas encore le besoin de ce qu’il apporte. Aujourd’hui, né avec le mouvement des idées qui fermentent, il trouve le terrain préparé à le recevoir; les esprits, las du doute et de l’incertitude, effrayés du gouffre que l'on creuse devant eux, l’accueillent comme une ancre de salut et une suprême consolation.
21. — En disant que l’humanité est mûre pour la régénération, cela ne veut pas dire que tous les individus le soient au même degré, mais beaucoup ont, par intuition, le germe des idées nouvelles que les circonstances feront éclore; alors ils se montreront plus avancés qu’on ne le supposait, et ils suivront avec empressement l’impulsion de la majorité.
Il y en a cependant qui sont foncièrement réfractaires, môme parmi les plus intelligents, et qui, assurément, ne se rallieront jamais, du moins dans cette existence : les uns de bonne foi, par conviction ; les autres par intérêt. Ceux dont les intérêts matériels sont liés à l’état présent des choses, et qui ne sont pas assez avancés pour en faire abnégation, que le bien général touche moins que celui de leur personne, ne peuvent voir sans appréhension le moindre mouvement réformateur. La vérité est pour eux une question secondaire, ou, pour mieux dire, la vérité.