CHAPITRE I
D’abord, comme nous l’avons dit, ils s’abstiennent de nous donner ce que nous pouvons acquérir par le travail ; en second lieu, il est des choses qu’il ne leur est pas permis de révéler, j)arce que notre degré d’avancement ne le comporte pas. Mais cela à part, les conditions de leur nouvelle existence étendent le cercle de leurs perceptions; ils voient ce qu’ils ne voj’aient pas sur la terre; affranchis des entraves de la matière, délivrés des soucis de la vie corporelle, ils jugent les choses d’un point plus élevé, et par cela même plus sainement; leur perspicacité embrasse un horizon plus vaste; ils comprennent leurs erreurs, rectifient leurs idées et se débarrassent des préjugés humains.
C’est en colaque consiste la supériorité des Esprits sur l’humanité corporelle, et que leui'S conseils peuvent être, eu égard à leur degré d’avancement, plus judicieux et plus désintéressés que ceux des incarnés. Le milieu dans lequel ils se trouvent leur permet en outre de nous initier aux choses do la vie future que nous ignorons, et que nous ne pouvons apprendre dans celui où nous sommes. Jusqu’à ce jour l’homme n’avait créé que des hypothèses sur son avenir ; voilà pourquoi ses croyances sur ce point ont été partagées en systèmes si nombreux et si divergents, depuis le néantisme jusqu’aux fantastiques descriptions de l’enfer et du paradis. Aujourd’hui ce sont les témoins oculaires, les acteurs mêmes de la vie d’outretombo, qui viennent nous dire ce qu’il en est, et qui seuls pouvaient le faire. Ces manifestations ont donc servi à nous faire connaître le monde invisible qui nous entoure, et que nous ne soupçonnions pas ; et cette connaissance seule serait d’une importance capitale, en supposant que les Esprits fussent incapables de rien nous apprendre de plus.
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CARACTÈRES DE LA RÉVÉLATION SPIRITE 45
Si TOUS allez dans un pays nouveau pour vous, rejetterez-vous les renseignements du plus humble paysan que vous rencontrerez? Refuserez-vous de l’interroger sur l’état de la route parce que ce n’est qu’un paysan? Vous n’attendrez certainement pas de lui des éclaircissements d’une très haute portée, mais tel qu’il est, et dans sa sphère, il pourra, sur certains points, vous renseigner mieux qu’un savant qui ne connaît pas le pays. Vous tirerez de ses indications des conséquences qu’il ne pourrait tirer lui-méme, mais il n’en aura pas moins été un instrument utile pour vos observations, n’eût-il servi qu'à vous faire connaître les mœurs des paysans. Il en est de même des rapports avec les Esprits, où le plus petit peut nous apprendre quelque chose.
G2. — Une comparaison vulgaire fera encore mieux comprendre la situation.
Un navire chargé d’émigrants part pour une destination lointaine; il emporte des hommes de toutes conditions, des parents et des amis de ceux qui restent. On apprend que ce navire a fait naufrage; nulle trace n’en est restée, aucune nouvelle n’est parvenue sur son sort; on pense que tous les voyageurs ont péri, et le deuil est dans toutes les familles. Cependant l’équipage tout entier , sans en excepter un seul homme, a abordé une terre inconnue, terre abondante et fertile, où tous vivent heureux sous un ciel clément; mais on l’ignore. Or voilà qu’un jour un autre navire aborde cette terre : il y trouve tous les naufragés sains et saufs. L’heureuse nouvelle se répand avec . la rapidité de l’éclair ; chacun se dit : « Nos amis ne sont poi ut perdus! »Et ils en rendent grâce à Dieu. Ils ne peuvent se voir, mais ils correspondent; ils échangent des témoignages d’affection, et voilà que la joie succède à la tristesse.