CHAPITRE II
meme pensée, une meme volonté, une môme puissance; ainsi confondus dans leur identité, ce no serait en réalité qu’un seul Dieu. S'ils avaient chacun des attributions spéciales, l’un ferait ce que l’autre ne ferait pas, et alors il n’y aurait pas entre eux égalité parfaite, puisque ni l’un ni l’autre n’aiiRiit la souveraine autorité.
17. — C'est l'ignorance du principe de l’infini des perfections de Dieu qui a engendré le polythéisme, culte de tous les peuples primitifs; ils ont attribué la divinité à toute puissance qui leur a semblé au-dessus de l’humanité; plus tard, la raison les a conduits à confondre ces diverses puissances on une seule. Puis, à mesure que les hommes ont coraïuis l’essence des attributs divins, ils ont retranché de leurs symboles les croyances qui en étaient la négation.
18. — En résumé. Dieu ne peut être Dieu qu’à la condition de n’être surpassé en rien par un autre être ; car alors l’ôtre qui le surpasserait on quoi que ce soit, ne fùtce que de l’épaisseur d’un cheveu, serait le véritable Dieu; pour cela, il faut qu’il soit infini en toutes choses.
C’est ainsi que l’existence de Dieu étant constatée par le fait de ses œuvres, on arrive, par la simple déduction logique, à déterminer les attributs qui le caractérisent.
19. — Dieu est donc la suprême et souveraine inlelligencc, il est unique, éternel, immuable, immatériel, toutpuissant, souveraimment juste et bon, infini dans toutes scs perfections, et ne peut être autre chose.
Tel est le pivot sur lequel repose l’édifice univer.sel ; c’est le phare dont les rayons s’étendent sur l’univers entier, et qui seul peut guider l’homme dans la recherche de la vérité; en le suivant, il no s’égarera jamais, et s’il
DIEU
ocii s’est si souvent fourvoyé, c’est faute d’avoir suivi la route
, qui lui était indiquée.
ionî Tel est aussi le critérium infaillible de toutes les doc-
lors trines philosophiques et religieuses; l'homme a pour les
rua juger une mesure rigoureusement exacte dans les attri-
buts de Dieu, et il peut se dire avec certitude que toute Æf* théorie, tout principe, tout dogme, toute croyance, toute
de pratique qui serait en contradiction avec un seul de ces
! à attributs, qui tendrait non-seulement à l’annuler, mais
a* simplement à l’aft’aiblir, ne peut être dans la vérité,
ji- En philosophie, en psychologie, en morale, en religion, il
;>3 n'y a de vi'ai que ce (qui ne s’écarte pas d'un iota des qualités
it essentielles de la divinité. La rtdigion parfaite serait celle
it dont aucun article de foi ne serait en opposition avec ces
qualités, dont tous les dogmes pourraient subir l’épreuve de ce contrôle, sans en recevoir aucune atteinte.
LA PROVIOENCE
20. — La providence est la sollicitude de Dieu pour toutes ses créatures. Dieu est partout, il voit tout, il préside à tout, mémè aux plus petites choses ; c’est en cela que consiste l’action providentielle.
•« Comment Dieu si grand, si puissant, si supérieur lY ' tout, peut-il s’immiscer dans des détails infimes, se préoccuper des moindres actes et des moindres pensées de chaque individu ? Telle est la question que se pose l’incrédulité, d’où elle conclut qu’en admettant l’existence de Dieu, son action ne doit s’étendre que sur les lois générales de l’univers ; que l’univers fonctionne do toute éternité en vertu de ces lois auxquelles chaque créature est