‹ La genèseChapitre 30 sur 236 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

soumise dans sa S|)hére d'activité, sans qu’il soit besoin du concours incessant de la providence. »

21. — Dans leur état actuel d’infériorité, les hommes no peuvent que difficilement comprendre Dieu infini, parce qu’ils sont eux-mômes bornés et limités, c’est pourquoi ils se le figurent borné et limité comme eux; ils se le représentent comme un être circonscrit, et en font une imago à leur image. Nos tableaux qui le peignent sous des traits humains ne contribuent pas peu à entretenir cette erreur dans l'esprit des masses qui adorent en lui la forme plus que la pensée. C’est pour le plus grand nombre un souverain puissant, sur un trône inaccessible, perdu dans l’immensité des cieux, et parce que leurs facultés et leurs perceptions sont bornées, ils ne comprennent pas que Dieu puisse ou daigne intervenir directement dans les petites .choses.

22. — Dans l'impuissance où est l'homme de comprendre l’essence même de la divinité, il ne peut s’en faire qu’une idée approximative à l’aide de comparaisons nécessairement très imparfaites, mais qui peuvent du moins lui montrer la possibilité de ce qui, au premier abord, lui semble impossible.

Supposons un fluide assez subtile pour pénétrer tous les corps, il est évident que chaque molécule de ce fluide se trouvant en contact avec chaque molécule de la matière, produira sur le corps une action identique à celle que produirait la totalité du fluide. C’est ce que la chimie démontre tous les jours dans des proportions limitées.

Ce fluide étant inintelligent agit mécaniquement par les seules foi'f’eg matérielles ; mais si nous supposons ce fluide doué d’intelligence, de facultés perceptives et sensitives, il agira, non plus aveuglément, mais avec disoerne-

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Les propriétés du lluide périsprital peuvent nous en donner uye idée. Il n’est point intelligent par lui-mèine puisqu'il est matière, mais i) est le véhicule de la pensée, des sensations et des perceptions de l’Esprit; c’est par suite de la subtilité de ce fluide que les Esprits pénètrent partout, qu’ils scrutent nos pensées les plus intimes, (qu’ils voient et agissent à distance; c’est à ce fluide arrivé à un certain degré d’épuration, que les Esprits supérieurs doivent le don d’ubiquité ; il suffit d’un rayon de leur pensée dirigé sur divers points, pour qu’ils puissent y manifester leur présence simultanément. L’extension de cette faculté est subordonné au degré d’élévation et d’épuration de l’Esprit. C’est encore à l’aide de ce fluide ([ue l’homme lui-môme agit à distance, par la puissance de la volonté, sur certains individus; qu’il modifie dans certaines limites les propriétés do la matière, donne à des substances inactives des propriétés déterminées, répare des désordres organiques, et opère des guérisons par l’imposition des mains.

23. — Mais les Esprits, quelque élevés qu’ils soient, sont des créatures bornées dans leurs facultés, leur puissance, et l’étendue de leurs perceptions, et ne sauraient, sous ce rapport, approcher de Dieu. Cependant ils peuvent nous servir de point de comparaison. Ce que l’Esprit ne •peut accomplir que dans une limite restreinte, Dieu, qui est infini, l’accomplit dans des proportiens indéfinies. Il y a encore cette différence que l’action de l’Esprit est momentanée et suboi'donnée aux circonstances : celle de Dieu est permanente; la pensée de l’Esprit n’embrasse qu’un temps et un espace circonscrits : celle do Dieu em-

f.n CHAPITRE II

brasse Tunivers et rùternité. En un mot, entre les Esprits et Dieu, il y a la distance du iini à rinlini,

24. — Le iluido périsprita) n’est pas la pensée do l’Esprit, mais l’agent et l'intermédiaire de cette, pensée -, comme c’est lui qui la transmet, il en est eir quebiue sorte inipréyné, et dans l’impossibilité où nous sommes de l’isoler, elle semble ne faire qu’un avec le Iluide, comme le son semble ne faire qu’un avec l’air, desorte ([ue nouspouvons, pour ainsi dire, la matérialiser. De même que nous disons que l’air devient sonore, nous pourrions, en prenant l’elfet pour ia cause, dire que le fluide devient intelligent.

25. — Qu’il en soit ou non ainsi de la pensée de Dieu, c’est-à-dire ([u’elle agisse directement ou par l’intermédiaire d’un fluide, pour la facilité de notre intelligence, représcntons-nous-la sous la forme concrète d’un fluide intelligent remplissant l’univers infini, pénétrant toutes les parties de la création -JanaSure entière e$t plongée dans le /laide divin; or, en vertu du principe que les parties d’un tout sont de même nature, et ont les mêmes propriétés que le tout, chaque atome de ce fluide, si l’on peut s’exprimer ainsi , possédant la pensée, c'est-à-diro les attributs essentiels de la divinité, et ce fluide étant partout, toatest soumis à son action intelligente, à sa prévoyance, à sa sollicitude; pas un être, quelque inümo qu’il soit, qui n’en soit en quelque sorte saturé. Nous sommes ain.si constamment en présence de la divinité ; il n’est pas une seule do nos actions que nous puissions sousirairo à son regard ; notre pensée est en contact incessant avec sa pensée, et c’est avec raison qu’on dit que Dieu lit dans les plus profonds replis de noti’e cœur ; I\ous sommes en lui, comme il est en nous, selon la parole du Christ.

l*our étendre sa sollicitude sur toutes ses créatures,

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Dieu n’a donc pas besoin de plonger son regard du haut de l’immensité; nos prières, pour être entendues de lui, n’ont pas besoin de franchir l’espace, ni d’être dites d’une voix retentissante, car, sans cesse i\ nos côtés, nos pensées se répercutent en lui. Nos pensées sont comme les sons d’une cloche qui font vibrer toutes les molécules de l’air ambiant.

26. — Loin de nous la pensée de matérialiser la divinité ; l’image d’un fluide intelligent universel n’est évidemment qu’une comparaison, mais propre à donner une idée plus.juste de Dieu que les tableaux qui le représentent sous une figure humaine; elle n’a pour objet que de faire comprendre la possibilité pour Dieu d’être partout et de s’occuper de tout.

27. — Nous avons incessamment sous les yeux un exemple qui peut nous donner une idée de la manière dont l’action de Dieu peut s’exercer sur les parties les plus intimes de tous les êtres, et par conséquent comment les impressions les plus subtiles de notre âme arrivent à lui. Il est tiré d’une instruction donnée par un Esprit à ce sujet.

« L’un des attributs de là divinité est l’infinité; on ne peut se représenter le Créateur comme ayant une forme, une limite, une borne quelconque. S’il n’était pas infini, on pourrait concevoir quelque chose de plus grand que lui et ce serait ce quelque chose qui serait Dieu. — Etant infini. Dieu est partout, car, s’il n’était pas partout, il ne serait pas infini; on ne peut sortir de ce dilemme. Donc, s’il y a un Dieu, et cela ne fait de doute pour personne, ce Dieu est infini et l’on ne peut concevoir d’étendue qu'il n’occupe point. Il se trouve par conséquent en contact avec toutes ses créations; il les enveloppe.

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