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Mais Dieu, plein de bonté, a placé le remède à

côté du mal, c'est-à-dire que du mal même il fait sortir le bien. Il arrive un moment où l’excès du mal moral devient intolérable et fait éprouver à l'homme le besoin de changer de voie; instruit par l’expérience, il est poussé à chercher un remède dans le bien, toujours par un elfet de son libre arbitre; lorsqu’il entre dans une route meilleure, c’est par le fait de sa volonté et parce qu’il a reconnu les inconvénients de l’autre route. La nécessité le contraint donc à s'améliorer moralement en vue d’étre plus heureux, comme cette mémo nécessité l’a contraint d’améliorer les conditions matérielles de son existence.

On peut dire que le mal est l'absence du bien, comme le froid est l'absence de la chaleur. Le mal n’est pas plus un attribut distinct que le froid n’est un fluide spécial; l’un est le négatif de l’autre. Là où le bien n’existe pas, existe forcément le mal ; ne pas faire le mal est déjà le commencement du bien. Dieu ne veut que le bien; do l’homme seul vient le mal. S’il y avait, dans la création, un être préposé au mal, l’homme ne pourrait l’éviter; mais l’homme ayant la cause du mal en lui-même , et ayant en même temps son libre arbitre et pour guide les lois divines, il l’évitera quand il voudra.

Pi*enons un faitj vulgaire pour comparaison. Un propriétaire sait qu’à l’extrémité de son champ est un endroit dangereux où pourrait périr ou se blesser celui qui* s’y aventurerait. Que fait-il pour prévenir les accidents'? Il place prés de l’endroit un avis portant défense d’aller plus loin pour cause de danger. Voilà la loi ; elle est sage et prévoyante./ Si, malgré cela, un ini])rudont n’en tient pas compte et passe outre, et s’il lui en

LE BIEN ET LE MAL

mésarrive, à qui peut-ü s’en prendre si ce n’est à luiméme?

Ainsi en est-il de tout mal. L’homme l’éviterait s’il observait les lois divines. Dieu, par exemple, a mis une limite à la satisfaction des besoins ; l’homme est averti par la satiété; s’il outrepasse cette limite, il le fait volontairement. Les maladies, les infirmités, la mort qui peuvent eu être la suite, sont donc son Mt et non celui de Dieu.

8. — Le mal étant le résultat des imperfections de l’homme, et l’homme étant créé par Dieu, Dieu, dirat-on, n’en a pas moins créé, sinon le mal, du moins la cause du mal; s’il eût fait l’homme parfait, le mal n’existerait pas.

Si l’homme eût été créé parfait, il serait porté fatalement au bien; or, en vertu de son libre arbitre, il n’est porté fatalement ni au bien ni au mal. Dieu a voulu qu’il fût soumis à la loi du progrès, et que ce progrès fût le fruit de son propre travail, afin qu’il en ait le mérite, de même qu’il porte la responsabilité du mal qui est le fait de sa volonté. La question est donc de savoir quelle est, en l’homme, la source de la propension au mal (1).

(1) L’erreur consiste A prétendre que Tàme serait sortie parfaite des mains du Créateur, alors que celui-ci, au contraire, a voulu que la perfection fût le résultat de l’épuration graduelle de l’Esprit et son œuvre propre. Dieu a voulu que l’Ame, en vertu de son libre arbitre, pût opter entre le bien et le mal, et qu’elle arrivât à ses fins dernières par une vie militante et en résistant an mal. S’il eût fait l’âme parfaite comme lui, et que, sortant de ses mains, ii l’eût associée à sa béatitude éternelle , il l’aurait faite non à son image, mais semblable â lui-même, ainsi que nous l’avons déjà dit. Connaissant toutes choses en vertu de son essence même et sans avoir rien appris, mue par un sentiment d’orgueil né de la conscience de ses divins attributs, elle aurait été entraînée A renier son origine, à méconnaître l’auteur de son existence, et se serait constituée en état de rébellion, de révolte envers son Créateur. » (Bonnamy, juge d’instruction ; La Raison du Spiritisme, cb . vi.)

CIIAPITIU; III

9. — Si l’on étudie toutes les passions, et même tous les vices, on voit qu’ils ont leur principe dans l'instinct de conserve.tion. Cet instinct est dans toute sa force chez les animaux et chez les êtres primitifs qui se rapprochent le plus de l’animalité; il y domine seul, parce que, chez eux, il n’a pas encore pour contre-poids le sens moral ; l’être n’est pas encore né à la vie intellectuelle. L’instinct s’affaiblit, au contraire, à mesure que l’intelligence se développe, parce (jne celle-ci domjne la matière; avec l’intelligence raisonnée naît le libre arbitre dont l’homme use à son gré; alors pour lui seulement commence la responsahilité de ses actes.

10. — La destinée de l’Esprit est la vie spirituelle ; mais dans les premières phases de son existence corporelle, il n’a que des besoins matériels à satisfaire, et à cette fin l’exercice des passions est une nécessité pour la conservation do l’e-spécc et des individus, matériellement parlant. Mais sorti de cette période, il a d’autres be oins, besoins d’abord semi-moraux et semi-matériels, puis e.xclusi veinent moraux. C’est alors que l’Esprit domine la matière ; s’il en secoue le joug, il avance dans sa voie providentielle, il se rapproche do sa destinée finale. Si, au contraire, il se laisse doininer par elle, U s’attarde en s’assimilant à la brute. Dans cette situation, ce qui était jadis un bien, parce que c'était une nécessité de sa nature, devient un mal, non-seulement parce que ce n'est plus une nécessité, mais pm ce que cela devient nuisible à la spiritualisation de l'être. Le mal est ainsi relatif, et la responsabilité proportionnée au degré d’avancement.

Toutes les passions ont ainsi leur utilité provid ntiellc, sans cela Dieu eût fait quelque chose d’inutile et de nuisible; c’est l’abus qui constitue le mal, et l’homme abuse

LE BIEN ET lÆ MAL

en vertu do son libre arbitre. Plus tard, éclairé par son propre intérêt, il choisit librement entre le bien et le mal.

l’instinct et 1,’lNTELI.lGENCE

11. — Qu’elle différence y a-t-il entre l’instinct et l’intelligence ? Où finit l’un et où commence l’autre? L’instinct est-il une intelligence rudimentaire , ou bien une faculté distincte, un attribut exclusif de la matière?

L'instinct est la force occulte qui sollicite les êtres organiques à des actes spontanés et involontaires, en vue de leur conservation. Dans les actes instinctifs, il n’y a ni réflexion, ni combinaison, ni préméditation. C’est ainsi que la plante cherche l’air, se tourne vers la lumière, dirige ses racines vers l’eau et la terre nourricière ; que la fleur s’ouvre et se referme alternativement selon le besoin; que les plantes grimpantes s’enroulent autour de l’appui, ou s’accrochent avec leurs vrilles. C’est par l’instinct que les animaux sont avertis de ce qui leur est utile ou nuisible; qu’ils se dirigent, selon les saisons, vers les climats projiices; qu’ils construisent, sans leçons préalables , avec plus ou moins d’art , selon les espèces, des couches moelleuses et des abris pour leur progéniture, des engins pour prendre au piège la proie dont ils se noumsseut; qu’ils manient avec adresse les armes offensives et défensives dont ils sont pourvus ; que les sexes se rapprochent; que la mère couve ses petits, et que ceux-ci cherchent le sein de la mère. Chez l’homme, l’instinct domine exclusivement au début de la vie; c’est par l’instinct que l’enfant fait ses premiers mouvements , qu’il saisit sa nourriture , qu’il crie pour exprimer ses be-

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