CHAPITRE IV
sens de cette allégorie ?La science a déchiré un coin du voile, mais elle ne lui a pas révélé ce qu’il lui importe le plus de savoir. Il interroge en vain, rien ne lui répond d’une manière péremptoire et propre à calmer ses appréhensions ; partout il trouVe l’affirmation se heurtant contre la négation, sans preuves plus positives d’une part que de l'autre; delà l’incertitude, ai l’incertitude sur les choses de la vie future fait que l’homme se rejette avec une sorte de frénésie sur celles de la vie matérielle.
Tel est l’inévitable effet des époques de transition; l’édifice du passé s’écroule, et celui de l’avenir n’est pas encore construit. L’homme est comme l’adolescent qui n’a plus la croyance naïve de ses premières années, et n’a pas encore les connaissances de l’àge mûr;' il n’a que de vagues aspirations qu’il ne sait pas définir.
16. — Si la question de l’homme spirituel est restée jusqu’à nos jours à l’état de tliéorie, c’est qu’on a manqué des moyens d’observation directs qu’on a eus pour constater l’état du monde matériel, et le champ est resté ouvert aux conceptions de l’esprit humain. Tant que l’homme n’a pas connu les lois qui régissent la matière, et qu’il n’a pu appliquer la méthode expérimentale, il a erré de système en système touchant le mécanisme de l’univers et la formation de la terre. Il en a été dans l’ordre moral comme dans l’ordre jdiysique ; pour fixer les idées on a manqué de l’élément essentiel : la connaissance des lois du principe spirituel. Cette connaissance était réservée à notre époque, comme celle des lois de la matière a été l’œuvre des deux derniers siècles.
17. — Jusqu’à présent l’étude du principe spirituel, comprise dans la métaphysique, avait été purement spéculative et théorique ; dans le Spiritisme elle est toute
expérimentale. A l’aide de la faculté médianimique, plus développée de nos jours, et surtout généralisée et mieux étudiée, l’homme s’est trouvé en possession d’un nouvel instrument d’observation. La médiumnité a été pour le monde spirituel, ce que le télescope a été pour le monde astral et le microscope pour le monde des infiniment petits; elle a permis d’explorer, d’étudier, pour ainsi dire de visu, ses rapports avec le monde corporel; d’isoler, dans l’homme vivant, l’ôtre intelligent de l’être matériel, et de les voir agir séparément. Une fois en relation avec les habitants de ce monde, on a pu suivre l’âme dans sa marche ascendante, dans ses migrations, dans- ses transformations, on put enfin étudier l’élément spirituel. Voilà ce qui manquait aux précédents commentateurs de la Genèse pour la comprendre et en rectifier les erreurs.
18. — Le monde spirituel et le monde matériel étant en contact incessant, sont solidaires l’un de l’autre; tous les deux ont leur part d’action dans la Genèse. Sans la connaissance des lois qui régissent le premier, il serait aussi impossible de constituer une Genèse complète, qu’il l’est à un statuaire de donner la vie à une statue. Aujourd’hui seulement, bien que ni la science matérielle, ni la science spirituelle n’aient dit leur dernier*mot, l'homme possède les deux éléments propres à jeter la lumière sur cet immense problème. Il fallait de toute nécessité ces deux clefs pour arriver à une solution même ap[iroxiraative. Quant à la solution définitive, il ne sera peutêtre jamais donné à l’homme de la trouver sur la terre, parce qu’il est des choses qui sont les secrets de Dieu.