‹ La genèseChapitre 50 sur 236 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

quinze siècles, fut seul adopté dans le monde civilisé.

Selon le système do J’tolémée, la terre est une sphère au centre de l'univers; elle se composait des quatre éléments ; la tei-re, l'eau, l’aif et le feu. C’était la première région, dite clénu ntaire. La seconde région, dite éthérée, comprimait onze cieux, ou sphères concentriques tournant autour de la terre, savoir : le ciel de la luné, ceux de Mercure, do Vénus, du soleil, de Mars, de Jupiter, de Saturne, des étoiles fixes, du premier cristallin, sphère solide transparente; du second cristallin, et enfin du premier mobile qui donnait le mouvement à tous les cieux inférieurs, et leur faisait faire une révolution en vingtquatre heures. Au deh\ des onze cieux était \' Empyt'ée, séjour dos bienheureux, ainsi nommé du grec pyr, ou pur, qui signifie feu, parce qu’on croyait cette région resplendissante de lumière comme le feu.

La croyance à plusieurs cieux superposés a longtemps prévalu ; mais on variait sur le nombre ; le septième était généralement regardé comme le plus élevé ; de lù l’expression : Être ravi au septième ciel. Saint Paul a dit qu’il avait été élevé au troisième ciel.

Indépendamment du mouvement commun, les astres avaient, selon Ptolémée, des mouvements propres particuliers , plus ou moins grands selon leur éloignement du centre. Les étoiles fixes faisaient une révolution en 25,816 ans. Cette dernière évaluation dénote la connaissance de la précession des équinoxes qui s’accomplit en '■ effet en 25,000 ans environ,

12. — Au commencement du seizième siôce, Copernic, célèbre astronome, né à Thorn (Prusse) en 1472, mort en 1543, reprit les idées de Pythagore; il publia un système qui, confirmé chaque jour par de nouvelles observations.

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fut favorablement accueilli, et ne tarda pas à renverser celui de Ptolémée. Selon ce système, le soleil est au centre, les planètes décrivent des orbes circulaires autour de cet astre ; la lune est un satellite de la terre.

Un siècle plus tard, en 1609, Galilée, né à Florence, invente le télescope ; en 1610, il découvre les quatre satellites de .Jupiter et calcule leurs révolutions; il reconnaît que les planètes n’ont pas de lumière propre comme les étoiles, mais qu’elles sont éclairées par le soleil ; que ce sont des sphères semblables à la terre; il observe leurs phases et détermine la durée de leur rotation sur leur axe; il donne ainsi, par des preuves matérielles, une sanction définitive au système de Copernic.

Dès lors s'écroula l’échafaudage des deux superposés ; les planètes furent reconnues pour des mondes sembla- Idesàlaterre, et comme elle sans doute habités; le soleil pour une étoile, centre. d’un tourbillon de planètes qui lui sont assujetties; les étoiles pour d’innombrables soleils, centres probables d'autant de systèmes planétaires.

Les étoiles ne sont plus confinées dans une zone de la sphère céleste, mais irrégulièrement disséminées dans l’espace sans bornes; celles qui paraissent se toucher sont à des distances incommensurables les unes des autres ; les plus petites, en apparence, sont les plus éloignées de nous; les plus grosses, celles qui sont le plus près, en sont encore à des centaines de milliards de lieues.

Les groupes auxquels on a donné le nom de constellations, ne sont que des assemblages apparents causés par l’éloignement, des effets de perspective, comme en for- - ment, à la vue de celui qui est placé en un point fixe, des lumières dispersées dans une vaste plaine, ou les arbres d’une forêt ; mais ces assemblages n’existent point

CnAPlTRE V

en réalité; si l’on pouvait se transporter dans la région d'une de ces constellations, à mesuré qu’on s'approclierait, la forme disparaîtrait et do nouveaux groupes se dessineraient à la vue.

Dès lors que ces groupes n’existent qu’en apparence, la signification qu’une croyance vulgaire superstitieuse leur attribue est illusoire, et leur influence ne saurait exister que dans l'imagination.

Pour distinguer les constellations, on leur a donné des noms, tels (lue ceux de : Lion, Taureau, Gémeaux, Vierge, Balance, Capricorne, Cancer, Onon , Hercule, Grande Ourse ou Chariot de David, Petite Oui'sc, Lyre, etc., et pu les a représentées par les figures (jui rappellent ces noms, la plupart de fantaisie, mais qui, dans tous les cas, n’ont aucun rapport avec la forme apparente du groupe d’étoiles. Ce serait donc en vain ([u’on chercherait ces figures dans le ciel.

La croyance à l’influence des constellations, de celles surtout qui constituent les douze signes du zodiaque, vient de l’idée attachée aux noms qu’elles portent; si celle qui est appelée fi'on eût été nommée âne ou brebis, on lui aurait certainement attribué une toute autre influence.

13. — A partir de Copernic et do Galilée , les vieilles^ cosmogonies sont à jamais détruites; l’astronomie ne 'pouvait.qu’avancer et non reculer. L’histoire dit les luttes que ces hommes de génie eurent à soutenir contre les préjugés, et surtout contre l’esprit de secte intéressé au maintien des erreurs sur > lesquelles on avait fondé des croyances qu’on se figurait assises sur une base inébranlable. U a suffi de l’invention d'un instrument d’optique pour renvèrser un échafaudage de plusieurs milliers d’années. Mais rien ne saurait prévaloir contre une vérité

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