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CHAPITRE VI

Uranoi^raphle générale (1). ■

L’espacfî l'I le temps. — La mati^^e. — Les lois et les forces. — La création première. — La création universelle. — Les soleils et les planètes. — Les satellites. — Los comètes. — La voie lactée. — Les étoiles lixes. — Les déserts de l’espace. — Suo-

Cession éternelle des mondes. — La vie universelle. La

science. — Considérations morales. ' ■ '

1,’esi‘ace et i.e temi-s.

I ; — Plusieurs définitions de l’espace ont été données ; la principale est celle-ci : l’espace est l’étendue qui sépare deux corps. D’où certains sophistes ont déduit que là où il n’j avait pas do corps, il n’y avait pas d’espace; c’est sur quoi des docteurs en théologie se sont basés pour établir que l’espace était nécessairement fini, alléguant que des corps limités en certain nombre ne sauraient former une suite infinie ; et que là où les corps s’arrêtaient, l’espace s’arrêtait aussi. On a encore défini l’espace : Le ïieu où so meuvent les mondes, le vide ou agit la matière, etc.-,.’ Laissons dans les traités où elles reposent toutes ces définitions qui ne définissent rien.

' (l) Ce chapitre est extrait textùellement'd’une série de communications dictées à la Société spirite de Paris, en 1862 et 1863, .sous le titre d’Etu^cs uranographiques, et- signées Galilée, médium' M.-C. F..: , . ' .

URANOGRAPllIE GÉNÉRALE 109

L’espace est un de ces mots qui représentent une idée primitive et axiomatique, évidente par elle-même, et que les diverses définitions qu’on en peut donner, ne servent qu’à obscurcir. Nous savons tous ce que c’estquel’espace, et je ne veux qu'établir son infinité, afin que nos études ultérieures n’aient aucune barrière s’opposant aux investigations de notre vue.

Or, je dis que l’espace est infini, par cette raison qu’il est impossible de lui supposer aucune limite, et que, maU gré la difficulté que nous avons de concevoir l’infini, il nous est pourtant plus facile d’aller éternellement dans l’espace, en pensée, que de nous arrêter en un lieu quelconque après lequel nous ne trouverions plus d’étendue à parcourir.

Pour nous figurer, autant qu’il est en nos facultés bornées, l’infinité de l’espace , supposons que partant de la terre perdue au milieu de l’infini, vers un point quelconque de l’univers, et cela avec la vitesse prodigieuse de l’étincelle électrique qui franchit des milliers de lieues à chaque seconde, à peine avons-nous quitté ce globe, qu’ajant parcouru des millions de lieues, nous nous trouvons en un lieu d’où la terre ne nous apparaît plus que sous l’aspect d’une pâle étoile. Un instant après, en suivant toujours la même direction, nous arrivons vers les étoiles lointaines que vous distinguez à peine de votre station terrestre ; et de là, non-seulement la terre est entièrement perdue pour nos regards dans les profondeurs du ciel, mais encore votre soleil même dans sa splendeur est éclipsé par l’étendue qui nous sépare do lui. Animés toujours de la même vitesse do l’éclair, nous franchissons des sj’stèmes de monde à chaciuc pas que nous avançons dans l’étendue, des îles de lumière étliéréc, des voies stel-

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