CHAPITRE VI
lie
(le l’Octian ; si l’un de ces poljgastriques,de cesndTt'idos, — mis(iral)les animalcules qui ne connaissent de la nature que les poissons ichthvophjxges et les forets sous marines, — recevait tout à coup le don de rintelligence, la faculté d'étudier son monde, et d’établir sur ses appréciations un raisonnement conjectural étendu à l’universalité des choses, quelle idée se formerait-il de la nature vivante qui se développe en son milieu, et du monde terrestre qui n’appartient pas au champ de scs observations?
Si, maintenant, par un effet merveilleux de sa nouvelle puissance, ce même être parvenait à s’élever au-dessus de ses ténèbres éternelles, à la surface de la mer , non loin des rivages opulents d’une île à la végétation splendide, au soleil fécond, dispensateur d’une bienfaisante chaleur, quel jugement porterait-il alors sur ses théories anticipées do la création universelle, théorie qu’il elfacerait bientôt par une appréciation plus large, mais relativement encore aussi incomplète que la première? Telle est, ô hommes! l’image de votre science toute spéculative (1).
9. — Lors donc que je viens traiter ici la question dt's lois et des forces qui régissent l’univers, moi qui ne suis, comme vous, qu’un être relativement ignorant au prix de la science réelle, malgré l’apparente supériorité que me donne sur mes frères de la terre la possibilité qui m’appartient d’étudier des questions naturelles qui leur sont
(1) Telle est aussi la situation des m'gateui's du monde des Esprits, lorsqu’après avoir dépouillé leur enveloppe charnelle, les liorizons (le ce monde se déroulent îi leurs yeux. Ils comprenent alors le vide des tlu'-orios par lesquelles ils prétendaient tout expliqiii'r jmr la matière seule. Cependant ces horizons ont encore pour eux des mystères qui ne se dévoilent que successivement, à mesure qu’ils s’élèvent par l’épuration. Mais dès leurs promhîrs pas dans (iaiis ce inonde nouveau, ils sont forcés de reconnaître leur aveuglement, et combien ils étaient loin de la vérité.
— D i q itr z e ü Oy G c-Wgle
CUANOGRAPIllE GÉNÉRALE
interdites dans leur position, mon but est seulement de vous exposer la notion générale des lois universelles, sans expliquer en détail le mode d’action et la nature des forces spéciales qui en dépendent.
10. — Il est un fluide éthérô qui remplit l’espace et pénétre les corps; ce fluide, c’est l'éther ou matière cosmique primitive, génératrice du monde et des êtres. A l’éther sont inhérentes les forces qui ont présidé aux métamorphoses de la matière , les lois immuables et nécessaires qui régissent le monde. Ces forces multiples, indéfiniment variées suivant les combinaisons de la matière, localisées suivant les masses, diversifiées dans leurs modes d’action suivant les circonstances et les milieux, sont connues sur la terre sous les noms de pesanteur, cohésion, affinité, attraction, magnétisme , électricité active; les mouvements vibratoires de l’agent sous ceux do : son, chaleur, lumière, etc. En d’autres mondes, elles se présentent sous d’autres aspects, offrent d’autres caractères inconnus à celui-ci, et dans l’immense étendue des cieux, un nombre indéfini de forces s’est développé sur une échelle inimaginable dont nous sommes aussi peu capables d’évaluer la grandeur que le crustacé au fond de l'Océan l’est d’embrasser l’universalité des phénomènes terrestres (1).
(1) Nous rapportons tout à ce que nous counaissoiis, et nous ne comprenons pas plus ce qui échappe à la perception de nos sens, que l’aveugle-né ne comprend les effets de la lumière et l’utilité des yeux. 11 se peut donc qu’en d’autres milieux, le fluide cosmique ait des propriétés, des combinaisons dont nous n’avons aucune idée, des effets appropriés à des besoins qui nous sont inconnus, donnant lieu à des perceptions nouvelles où il d’autres modes de perception. Nous ne comprenons pas, par exemple, qu’on puisse voir sans les yeux du corps et sans la lumière; mais qui nous dit qu’il n’existe pas d’autres agents que la lumière auxquels
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