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esprits, et par cela même semé des germes de progrès qui, plus üa J, devaient s’épanouir, ou s’épanouiront un jour au soleil du Christianisme. C’est donc à tort qu’on leur jette l’anathème au nom do l’orthodoxie, car un jour viendra où toutes ces crojances , si diverses pour la forme, mais qui reposent en réalité sur un même principe fondamental : Dieu et l’immortalité de l’ûme, se fondront dans une g-rande et vaste unité, lorsque la raison aura triomphé des préjugés.
Malheureusement, les religions ont de tous temps été des instruments de domination; le rôle de prophète a tenté les ambitions secondaires, et l'on a vu surgir une multitude de prétendus révélateurs ou messies qui, à la faveur du prestige de ce nom, ont exploité la crédulité au profit de leur orgueil , de leur cupidité ou de leur paresse , trouvant plus commode do vivre aux dépens de leurs dupes. La religion chrétienne n’a pas été à l’abri de ces parasites. A ce sujet, nous appelons une attention sérieu.se sur le chapitre xxr de VEvangile selon le S/nritisme : « Il y aura de faux Christs et de faux prophètes. »
9. — Y a-t-il des révélations directes de Dieu aux hommes ? C'est une question que nous n’oserions résoudre ni affirmativement ni négativement d’une manière absolue. La chose n’est point radicalement impossible , mais rien n’en donne la preuve certaine. Ce qui ne saurait • être douteux, c’est que les Esprits les plus rapprochés de Dieu par la perfection se pénétrent de sa pensée et peuvent la transmettre. Quant aux révélateurs incarnés, selon l’ordre hiérarchique auquel ils appartiennent et le degré de leur savoir personnel, ils peuvent puiser leurs instructions dans leurs propres connaissances, ou
CARACTÈRES DF, LA RÉVÉLATION SPIRITE
les recevoir d’Esprits plus élevés, voire môme des messagers directs de Dieu. Ceux-ci, parlant au nom de Dieu, ont pu parfois être pris pour Dieu lui-môme.
Ces sortes de communications n’ont rien d'étrange pour quiconque connaît les phénomènes spirites et la manière dont s’établissent les rapports entre les incarnés et les désincarnés, Los instructions peuvent être transmises par divers moyens : par l’inspiration pure et simple, par l’audition de la parole, par la vue des Esprits instructeurs dans les visions et apparitions, soit en rêve, soit à l’état de veille, ainsi qu’on en voit maints exemples dans la Bible, l’Evangile et dans les livres sacrés de tous les peuples. Il est donc rigoureusement exact de dire que la plupart des révélateurs sont des médiums inspirés, auditifs ou voyants ; d’où il ne suit pas que tous les médiums soient des révélateurs, et encore moins les intermédiaires directs de la Divinité ou de ses messagers.
10. — Les purs E.sprits seuls reçoivent la parole de Dieu avec mission de la transmettre; mais on sait maintenant que les Esprits sont loin d’être tous parfaits, et qu'il en est qui se donnent de fausses apparences; c’est ce qui a fait dire à saint .Jean : « Ne croyez point à tout Esprit, mais voyez auparavant si les Esprits sont do Dieu. » (Ép. 1", ch. iv, v. 4.)
11 peut donc y avoir des révélations sérieuses et vraies, comme il y en a d’apocryphes et de mensongères. Le caractère essentiel de la révélation divine est celui de Vétemelle vérité. Toute révélation entachée d’erreur ou sujette à changement ne peut émaner de Dieu. C’est ainsi que la loi du Décalogue a tous les caractères de son origine, tandis que les autres lors mosaïques, essentiellement transitoires, souvent en contradiction avec la loi du Sinaï,
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sont l’œuvre porsoiinclle et politique du législateur hébreu. Les mœurs du peuple s’adoucissant, ces lois sont d’elles-mômes tombées en désuétude, tandis que le Décalogue est resté debout comme le phare do l’humanité. Christ en a fait la base de son édifice, tandis qu’il a aboli les autres lois; si elles eussent été l’œuvre do Dieu, il se serait gardé d’y toucher. Christ et Mo'isc sont les deux grands révélateurs qui ont changé la face du monde, et là est la preuve de leur mission divine. Une œuvre purement humaine n’aurait pas un tel pouvoir.
11. — Une importante révélation s’accomplit à l’époque actuelle ; c’est celle qui nous montre la possibilité de communiquer avec les êtres du monde spirituel. Cette connaissance n’est point nouvelle , sans doute , mais elle était restée jusqu’à nos jours en quelque sorte à l’état do lettre moKe, c’est-à-dire sans profit pour l’humanité. L'ignorance des lois qui régissent ces rapports l’avait étouft'ée sous la superstition ; l’homme était incapable d’en tirer aucune déduction saluUiire; il était réservé à notre époque de la débarrasser de ses accessoires ridicules, d’en comprendre la portée, et d’en faire sortir la lumière (pii devait éclairer la route de l’avenir.
12. — Le Spiritisme nous ayant fait connaître le monde invisible qui nous entoure, et au milieu duquel nous vivions sans nous en douter, les lois qui le régissent, ses rapports avec le monde visible, la nature et l’état des êtres qui l’habitent, et par suite la destinée de l’homme après la mort, est une véritable révélation dans l’acception scientifique du mot.
1.3. — Par sa nature, la révélation spirite a un double caractère: elle tient à la fois de la révélation divine et de
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la révélation scientifique. Elle tient de la première, en ce que son avènement est providentiel, et non le résultat de l’initiative et d’un dessein prémédité de l’homme ; que les points fondamentaux de la doctrine sont le fait de l’enseignement donné par les Esprits chargés par Dieu d’éclairer les hommes sur des choses qu’ils ignoraient, qu’ils ne pouvaient apprendre par eux-mémes, et qu’il leur importe de connaître aujourd’hui qu’il sont mûrs pour les comprendre. Elle tient de la seconde, en ce que cet enseignement n’est le privilège d’aucun individu, mais qu’il est donné à tout le monde par la même voie ; que ceux qui le transmettent et ceux qui le reçoivent ne sont point des êtres passifs, dispensés du travail d’observation et de recherche ; qu’ils ne font point abnégation de leur jugement et de leur libre arbitre ; que le contrôle ne leur est point interdit, mais au contraire recommandé ; enfin que la doctrine n’a point été dictée de toutes pièces, ni imposée à la croyance aveugle ; qu’elle est déduite, par le travail do l’homme, de l’observation des faits que les Esprits mettent sous scs yeux, et des instructions qu’ils lui donnent, instructions qu’il étudie, commente, compare, et dont il tire lui -môme les conséquences et les applications. En un mot, ce qui caractérise la révélation spirite, c'est que la source en est divine, que l initiative appartient aux Esprits, et que l’élaboration est le fait du travail de l’homme,
14. — Comme moyen d’élaboration, le Spiritisme procède exactement do la même manière que les sciences positives, c’est-à-dire qu’il applique la méthode expérimentale. Des faits d'un ordre nouveau se présentent qui ne peuvent s’expliquer par les lois connues; il les observe, les compare, les analyse, et des eft'ets remontant
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aux causes, il arrive à la loi qui les régit ; puis il en déduit les conséquences et en cherche les applications utiles. Un'rlablit atinme théorie préconçue; ainsi il n’a posé comme hypothèse, ni l’existence et l’intervention des Ksprits, ni le périsprit, ni la réincarnation, ni aucun des principes de la doctrine; il a conclu à l’existence des Esprits lors((ue cette existence est ressortie avec évidence de l’observation des faits, et ainsi des autres principes. Ce ne sont point les faits qui sont venus après coup confirmer la théorie, mais la théorie qui est venue subséquemment expliquer et résumer les faits. Il est donc rigoureusement exact de dire que le Spiritisme est une science d’observation, et non le produit de l’imagination.
15. — Citons un exemple. Il se passe, dans le monde des Esprits, un fait très singulier, et qu’assurément personne n’aurait soupçonné, c’est celui des Esprits qui ne se croient pas morts. Eh bien! les Esprits sujiérieurs, qui le connaissent parfaitement, ne sont point venus dire l>ar anticipation : « Il y a des Esprits qui croient encore vivre de la vie terrestre ; ijui ont conservé leurs goûts, leurs habitudes et leurs instincts; » mais ils ont provoqué la manifestation d’Esprits de cette catégorie pour nous les faire observer. Ayant donc vu des Esprits incertains de leur état, ou aftirmant qu’ils étaient encore de ce monde et croyant vaciuer i\ leurs occupations ordinaires, de l’exemple on a conclu h la règle. La multiplicité des faits analogues a prouvé que ce n’était point une exception, mais une dos phases de la vie spirite; elle a permis d’étudier toutes les variétés et les causes de cette singulière illusion; de reconnaître que cette situation est surtout le propre des Esprits peu avancés moralement, et
CARACTÈRES DE LA RÉVÉLATION SPIRITE
qu'elle est particulière à certains genres de mort ; qu'elle n'est que temporaire, mais peut durer des jours, des mois et des années. C'est ainsi que la théorie est née de l'ohscrvation. Il en est de même de tous les autres principes de la doctrine.
16. — De même que la science proprement dite a pour objet l'étude des lois du principe matériel, l'objet .spécial du Spiritisme est la connaissance des lois du principe spirituel; or, comme ce dernier principe est une des forces de la nature, qu’il réagit incessamment sur le principe matériel et réciproquement, il en résulte que la connaissance de l'un ne peut être complète sans la connaissance de l'autre ; que le Spiritisme et la science se complètent l'un par l'autre ; que la science sans le Spiritisme se trouve dans l'impuissance d’expliquer ceitains phénomènes par les seules lois do la matière, et que c’est pour avoir fait abstraction du principe spirituel qu’elle est arrêtée dans de si nombreuses impasses ; que le Spiritisme sans la science manquerait d’appui et de contrôle, et pourrait se bercer d'illusions. Le Spiritisme venu avant les découvertes scientifiques eût été une œuvre avortée, comme tout ce qui vient avant son temps.
17. — Toutes les sciences s’enchaînent et se succèdent dans un ordre rationnel; elles naissent les unes des autres, ù. mesure qu’elles trouvent un point d’appui dans les idées et dans les connaisanccs antérieures. L’astronomie, l'une des premières qui aient été cultivées, est restée dans les erreurs do l’enfance jusqu’au moment où la physique est venue révéler la loi des forces des agents naturels; la chimie no pouvant rien sans la pliysique, devait lui succéder do près, pour ensuite