CHAPITRE VII
12. — En interrogeant la nature des couches géologiques, on sait de la manière la plus positive si, à l’époque de leur formation, la contrée qui les renferme était occupée par la mer, par des lacs, ou par des forêts et des plaines peuplées d’animaux terrestres. Si donc, dans une même contrée, on trouve une série de couches superposées, contenant alternativement des fossiles marins, terrestres et d'eau douce, plusieurs fois répétées, c’est une preuve irrécusable que cette même contrée a été plusieurs fois envahie par la mer, couverte de lacs et mise à sec.
Et combien de siècles de siècles certainement, de milliers de siècles peut-être, a-t-il fallu à chaque période pour s’accomplir ! Quelle force puissante n’a-t-il pas fallu pour déplacer et replacer l’océan, soulever les montagnes! Par combien de révolutions physiques, de commotions violentes, la terre n’a-t-elle pas dû passer avant d’être ce que nous la voyons depuis les temps historiques! Et l’on voudrait que ce fût l’œuvre de moins do temps qu’il n’en faut pour faire pousser une plante !
13. — L’étude des couches géologiques atteste, ainsi que cela a été dit, des formations successives qui ont changé l’aspect du globe, et divisent son histoire en plusieurs époques. Ces époques constituent ce qu’on appelle les périodes géologiques dont la connaissance est essentielle pour l’établissement de la Genèse. On en compte six principales que l’on désigne sous les noms de périodes primaire, de transition, secondaire, tertiaire, diluvienne, post-diluvienne ou actuelle. Les terrains formés pendant la durée de chaque période s’appellent aussi : terrains primitifs, de transition, secondaires, etc. On dit ainsi que telle ou telle couche ou roche, tel ou tel fossile, se trouvent dans les terrains de telle ou telle période.
14. — Il est essentiel de remarquer que le nombre de ces périodes n’est point absolu et qu’il dépend des systèmes de classification. On ne comprend dans les six principales désignées ci-dessus que celles qui sont marquées par un changement notable et général dans l’état du globe ; mais l’observation prouve que plusieurs formations successives se sont opérées pendant la durée de chacune; c’est pourquoi on les divise en sous-périodes caractérisées par la nature des terrains, et qui portent à vingt-six le nombre des formations générales bien caractérisées, sans compter celles qui proviennent de modifications dues à des causes purement locales.