D’après cela il demeure évident que l’état pri
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mitif de fluidité ou mollesse do la terre doit avoir eu pour cause l’action do la chaleur et non celle de l’eau. La terre était donc, à son origine, une masse incandescente. Par suite du rayonnement du calorique, il est arrivé ce qui arrive à toute matière en fusion : elle s’est peu à peu refroidie, et le refroidissement a naturellement commencé parla surface qui s’est durcie, tandis que l’intérieur est resté fluide. On peut ainsi comparer la terre à un . bloc de charbon sortant tout rouge de la fournaise, et dont la surface s’éteint et sc refroidit au contact de l’air, alors que, si on le brise, on trouve l’intérieur encore embrasé.
18. — A l’époque où le globe terrestre ôtait une masse incandescente, il ne contenait pas un atome de plus ni de moins qu’ aujourd’hui ; seulement, sous l’influence de cette haute température, la plupart des substances qui le com- - posent, et que nous voyons sous la forme de liquides ou de solides, de terres, de pierres, de métaux et de cristaux, se trouvaient dans un état bien différent; elles n’ont fait que subir une transformation ; par suite du refroidissement et des mélanges, les éléments ont formé de nouvelles combinaisons. L’air, considérablement dilaté, devait s’étendre à une distance incommensurable ; toute l’eau, forcément réduite en vapeur, était môlée ù l’air; toutes les matières susceptibles de se volatiliser, telles que les métaux, le soufre, le carbone, s’y trouvaient à l’état de gaz. L’état de l’atmosphère n’avait donc rien de comparable à ce qu’il est aujourd’hui ; la densité de toutes ces vapeurs lui donnait une opacité que ne pouvait traverser aucun rayon du soleil. Si un être vivant eût pu exister à la surface du globe à cette époque, il n’eût été éclairé que par l’éclat sinistre de la fournaise placée sous ses pieds et de l’atmosphère embrasée. ’
CHAPIT1E VII
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19. — Le premier effet du refroidissement fut de solidifier la surface extérieure de la masse en fusion, et d’y former une croûte résistante, qui, mince d’abord, s’épaissit peu h peu. Cette croûte constitue la pierre appelée granit, d’une extrême dureté, ainsi nommée de son aspect granulé. On y distingue trois substances principales : le feldspath, le quartz ou cristal de roche et le mica; cette dernière a le brillant métallique , quoique ce ne soit pas un métal.
La couche granitique est donc la première qui se soit formée sur le globe qu'elle enveloppe dans son entier et dont elle constitue en quelque sorte la charpente osseuse ; elle est le produit direct de la matière en fusion consolidée. C’est sur elle, et dans les cavités que présentait sa surface tourmentée, que se sont successivement déposées les couches des autres terrains formés postérieurement. Ce qui la distingue de ces derniers , c’est l’absence de toute stratification ; c’est-à-dire qu’elle forme une masse compacte et uniforme dans toute son épaisseur, et non disposée par couches. L’effervescence de la matière incandescente devait y produire de nombreuses et profondes crevasses, par lesquelles s’épanchait cette matière.
20. — Le second effet du refroidissement fut de liquéfier quelques-unes des matières contenues dans l’air à l’état de vapeurs, et qui se précipitèrent à la surface du sol. Il y eut alors des pluies et des lacs de soufre et de bitume, de véritables ruisseaux de fer, de plomb et autres métaux fondus , s’infiltrant dans les fissures , et qui constituent aujourd’hui les veines et filons métalliques.
Sous l’influence de ces divers agents, la surface granitique éprouva des décompositions alternatives ; il se fit des mélanges qui formèrent les terrains primitifs proprement dits, distincts de la roche granitique, mais en masses confuses, et sans stratifications régulières.
Vinrent ensuite les eaux qui, tombant sur un sol brûlant, se vaporisaient de nouveau, retombaient en pluies torrentielles, et ainsi de suite, jusqu’à ce que la température leur permît de rester sur le sol à l’état liquide.
C’est à la formation des terrains granitiques que commence la série des périodes géologiques. Aux six périodes principales, il conviendrait donc d’ajouter celle de l’état primitif d’incandescence du globe.
21. — Tel fut l’aspect de cette première période, véritable chaos de tous les éléments confondus, cherchant leur assiette, où nul être vivant ne pouvait exister; aussi, un de ses caractères distinctifs en géologie, c’est l’absence de toute trace de la vie végétale et animale.
Il est impossible d’assigner une durée déterminée à cette première période, pas plus qu’aux suivantes; mais, d’après le temps qu’il faut à un boulet d’un volume donné, chauffé au rouge blanc, pour que sa surface soit assez refroidie pour qu’une goutte d’eau j reste à l’état liquide, on a calculé que si ce boulet avait la grosseur de la terre, il faudrait plus d’un million d’années.