PÉRIODE DE TRANSITION
20. Au commencement de la période de transition, la croûte solide granitique n’avait encore que peu d’épais- * eeur et n’offrait qu’une assez faible résistance à l’efferves-
cence dos matières emimasées qu’elle recouvrait et comprimait. Il s’y produisait des boursouflements, des déchirures nombreuses par où s’épanchait la lave intérieure. Le sol ne présentait que des inégalités peu considérables.
Les eaux, peu profondes, couvraient à peu près toute la surface du globe, à l’exception des parties soulevées formant des terrains bas fréquemment submergés.
L’air s’était peu à peu purgé, des matières les plus lourdes momentanément à l’état gazeux, et qui, en se condensant par l'effet du refroidissement, étaient précipitées à la surface du sol, puis entraînées et dissoutes par les eaux.
Quand on parle de refroidissement à celte époque, il faut entendre ce mot dans un sens relatif, c’est-à-dire par rapport à l’état primitif, car la température devait être encore brûlante.
Los épaisses vapeurs aqueuses qui s’élevaient de toutes parts de l’immense surface liquide, retombaient en pluies abondantes et chaudes et obscurcissaient l’air. Cependant les rayons du soleil commençaient à paraître à travers cette atmosphère brumeuse.
Une des dernières substances dont l'air a dû être purgé, parce qu’elle est naturellement à l’état gazeux, c’est l’acide carbonique qui en formait alors une des parties constituantes.
21. — A cette époque commencèrent à se former les couches de terrains de sédiment, déposés par les eaux chargées de limon et de matières diverses propres à la vie organique.
Alors paraissent les premiers êtres vivants du règne végétal et du règne animal; d’abord en petit nombre, on en trouve les traces de plus en plus fréquentes à mesure qu’on s’élève dans les couches de cette formation. Il est •»
ESQUISSE GEOLOGIQUE DE LA TERRE IfiS
remarquable que partout la vie se manifeste aussitôt que les conditions sont propices à la vitabilité, et que chaque espèce naît dès que se produisent les conditions propres à son existence. On dirait que les germes en étaient latents et n’attendaient que les conditions favorables pour éclore.
22. — Les premiers êtres organiques qui ont paru suf la terre sont les végétaux de l’organisation la moins compliquée, désignés en botanique sous les noms de cryptogames, acotjlédones, monocotylédones, c’est-à-dire les lichens, champignons, mousses, fougères, et plantes herbacées. On n’y voit point encore d’arbres à tige ligneuse, mais de ceux du genre palmier dont la tige spongieuse est analogue à celle des herbes.
Les animaux de cette période, qui ont succédé aux premiers végétaux, sont exclusivement marins; ce sont d’abord “des polipiers, des rayonnés, des zoophytes, animaux dont l’organisation simple et pour ainsi dire rudimentaire, se rapproche le plus des végétaux; plus tard viennent des crustacés et des poissons dont les especes n’existent plus aujourd’hui.
23. — Sous l’empire de la chaleur et de l’humidité, et par suite de l’excès d’acide carbonique répandu dans l’air, gaz impropre à la respiration des animaux terrestres, mais nécessaire aux plantes, les teri’ains à découvert se couvrirent rapidement d’une végétation puissante en même temps que les plantes aquatiques se multipliaient au sein des marécages. Des plantes du genre de celles qui, de nos jours, sont de simples herbes de quelques centimètres, atteignaient une hauteur et une grosseur prodigieuses; c’est ainsi qu’il y avait des forêts de fougères arborescentes de huit à dix mètres d’élévation et