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CHAPITRE Vil

fussent plus les mômes , soit qu’une suite de cafnclysmes ait anéanti tout ce qui avait vie sur la terre. Il est probable que les deux causes ont contribué à ce changement, car d’une part l’étude des terrains qui marquent la fin de cette période atteste de grands bouleversements causés par les soulèvements et les éruptions qui ont déversé sur le sol de grandes quantités de laves, et d’un autre côté de notables changements se sont opérés dans les trois règnes.

27. — La période secondaire est caractérisée, sous le rapport minéral, par des couches nombreuses et puissantes qui attestent une formation lente au sein des eaux, et marquent différentes époques bien caractérisées.

La végétation est moins rapide et moins colossale que dans la période précédente, sans doute par ruite de la diminution de la chaleur et de l’humidité, et des modifications survenues dans les éléments constitutifs de l’atmosphère. Aux plantes herbacées et pulpeuses se joignent celles à tiges ligneuses et les premiers arbres proprement dits.

28. — Les animaux sont encore a^iatique.s, ou tout au plus amphibies ; la vie animale sur la terre fait peu de progrès. Une prodigieuse quantité d’animaux à coquilles se développent au sein des mers par suite de la formation des matières calcaires; de nouveaux poissons, d’une organisation plus perfectionnée que dans la période précédente, prennent naissance ; on voit apparaître les premiers cétacés. Les animaux les plus caractéristiques de cette époque sont les reptiles monstrueux parmi lesquels on remarque :

L'ichthyosaure, espèce de poisson-lézard qui atteignait jusqu’à dix mètres de longueur, et dont les mâchoires

prodigieusement allongées étaient armées de cent quatrevingts dents. Sa forme générale rappelle un peu celle du crocodile, mais sans cuirasse écailleuse ; ses yeux avaient le volume de la tète d’un homme ; il avait des nageoires comme la baleine, et rejetait l’eau par des évents comme celle-ci.

Le plésiosaure, autre reptile marin, aussi grand que richthyosaqre, dont le cou excessivement long se repliait comme celui du cygne, et lui donnait l’apparence d’un énorme serpent attaché à un corps de tortue. Il avait la tète du lézard et les dents du crocodile; sa peau devait être lisse comme celle du précédent, car on n’a trouvé aucune trace d’écailles ni de carapace (1).

Le téléosaure se rapproche davantage des crocodiles actuels, qui paraissent en être les diminutifs ; comme ces derniers, il avait une euirasse écailleuse, et vivait à la fois dans l’eau et sur la terre; sa taille était d’environ dix métrés, dont trois ou quatre pour la tète seule; son énorme gueule avait deux métrés d'ouverture.

Le mégalosaure, grand lézard, sorte de crocodile de 14 à 15 mètres de longueur, essentiellement carnivore, se nourrissant de reptiles, petits crocodiles et tortues.

Sa formidable mâchoire était armée de dents en forme de lame de sei’pette à double tranchant, recourbées en arrière , de telle sorte qu’une fois entrées dans la proie, il était impossible à celle-ci de se dégager.

L'iguanodon, le plus grand des lézards qui aient parus sur la terre ; il avait de 20 à 25 mètres de la tète à l’extrémité de la queue. Son museau était surmonté d’une corne osseuse semblable à celle de l’iguane de nos jours

(1) Lo premier fossile de ccl animal acté découvert en 1823.

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dont il no paraît différer que par la taille, ce dernier ayant à peine un mètre de long. La forme des dents prouve qu'il était herbivore, et celle des pieds que c’était un animal terrestre.

Le ptérodactyle, animal bizarre de la grandeur d un cygne, tenant à la fois du reptile par le corps, de l’oiseau par la tète, et de la chauve-souris par la membrane charnue qui reliait ses doigts d’une prodigieuse longueur, et lui servait de parachute quand il se précipitait sur sa proie du haut d’un arbre ou d’un rocher. Il n’avait point de bec corné comme les oiseaux, mais les os des mâchoires, aussi longs que la moitié du corps et garnis de dents, se terminaient en pointe comme un bec.

29 . Pendant cette période qui a dù être très longue, ainsi que l’attestent le nombre et la puissance des couches géologiques, la vie animale a pris un immense développement au sein des eaux, comme il en avait été do la végétation dans la période précédente. L’air plus épuré et plus propre à la respiration commence à permettre à quelques animaux de vivre sur la terre. La mer a etc plusieurs fois déplacée, mais il paraîtrait sans secousses violentes. Avec cette période disparaissent à leur tour ces races de gigantesques animaux aquatiques, remplacées plus tard par des espèces analogues, moins disproportionnées de formes, et de taille infiniment plus petite. ^ ,

30. L’orgueil a fait dire à l’homme que tous les animaux étaient créés à son intention et pour ses besoins. Mais quel est le nombre de ceux qui lui servent directement, qu’il a pu assujettir, comparé au nombre incalculable de ceux avec lesquels il n'a jamais eu et n aura jamais aucun rapport? Comment soutenir une pai'eille

thèse en présence de ces innombrables espèces qui seules ont peuplé la terre des milliers de milliers de siècles avant qu’il j vînt lui-même, et qui ont disparu? Peut-on dire qu’elles ont été créées à son profit? Cependant ces espèces avaient toutes leur raison d’être, leur utilité. Dieu n’a pu les créer par un caprice de sa volonté, et pour se donner le plaisir de les anéantir; car tous avaient la vie, des instincts, le sentiment de la douleur et du bien-être. Dans quel but l’a-t-il fait? Ce but doit être souverainement sage, quoique nous ne le comprenions pas encore. Peut-être un jour sera-t-il donné à l’homme de le connaître pour confondre son orgueil; mais en attendant, combien les idées grandissent en présence de ces horizons nouveaux dans lesquels il lui est permis maintenant de plonger les regards, et qui déroulent devant lui le spectacle imposant de cette création, si majestueuse dans sa lenteur, si admirable dans sa prévoyance, si ponctuelle, si précise et si invariable dans ses résultats.

PÉBIODE TF.RTIAIBE.

31. — Avec la période tertiaire commence, pour la terre, un nouvel ordre de choses; l’état de sa surface change complètement d'aspect; les conditions devitabilité sont profondément modifiées et se rapprochent de l'état actuel. Les premiers temps de cette période sont signalés par un arrêt dans la production végétale et animale; tout porte les traces d’une destruction à peu prés générale des êtres vivants, et alors apparaissent successivement de nouvelles espèces dont l’organisation plus par-

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faite est adaptée à la nature du milieu où elles sont appelées à vivre.

32. — Pendant les périodes précédentes, la croûte solide du globe, en raison de son peu d’épaisseur, présentait, comme il a été dit, une assez faible résistance à l’action du feu intérieur ; cette enveloppe, facilement déchirée, permettait aux matières en fusion de s’épancher librement à la surface du sol. Il n’en fu\ plus de môme quand elle eût acquis une certaine épaisseur; les matières embrasées comprimées de toutes parts, comme l'eau en ébullition dans un vase clos, finirent par faire une sorte d’explosion ; la masse granitique violemment brisée sur une mutitude de points, fut sillonnée de crevasses comme un vase fêlé. Sur le parcours de ces crevasses la croûte solide soulevée et redressée, forma les pics, les chaînes de montagnes et leurs ramifications. Certaines parties de l’enveloppe non déchirées furent simplement exhaussées, tandis que, sur d’autres points, il se produisit des [affaissements et des excavations.

La surface du sol devint alors très inégale ; les eaux qui, jusqu’à ce moment, le couvraient d’une manière à peu près uniforme sur la plus grande partie de son étendue, furent refoulées dans les parties les plus basses, laissant à sec de vastes continents, ou des sommets de montagnes isolées qui formèrent des îles.

Tel est le grand phénomène qui s’est accompli dans la période tertiaire et qui a transformé l’aspect du globe. Il ne s’est produit ni instantanément, ni simultanément sur tous les points, mais successivement et à des époques plus ou moins éloignées.

33. — Une des premières conséquences de ces soulèvements a été, comme on l’a dit, l’inclinaison des couches

de sédiment primitivement horizontales, et qui sont restées dans cette position partout où le sol n’a pas été bouleversé. C’est donc sur les flancs et dans le voisinage des montagnes que ces inclinaisons sont le plus prononcées.

34. — Dans les contrées où les couches de sédiment ont conservé leur horizontalité, pour atteindre celles de première formation, il faut traverser toutes les autres, souvent jusqu’à une profondeur considérable au bout de laquelle on trouve Inévitablement la roche granitique. Mais lorsque ces couches ont été soulevées en montagnes, elles ont été portées au-dessus de leur niveau normal, et parfois à une très grande hauteur, de telle sorte que si l’on fait une tranchée verticale sur le flanc de la montagne, elles se montrent à jour dans toute leur épaisseur, et superposées comme les assises d'un bâtiment.

C’est ainsi qu’on trouve à de grandes élévations des bancs considérables de coquillages primitivement formés au fond des mers. Il est parfaitement reconnu aujourd’hui qu’à aucune époque la mer n’a pu atteindre une telle hauteur, car toutes les eaux qui existent sur la terre ne suffiraient pas, lors même qu’il y en aurait cent fois plus. Il faudrait donc supposer que la quantité d’eau a diminué, et alors on se demanderait ce qu’est devenue la portion disparue. Les soulèvements qui sont aujourd’hui un fait incontestable et démontré par la science, expliquent d’une manière aussi logique que rigoureuse les dépôts marins que l’on rencontre sur certaines montagnes. Ces terrains ont évidemment été submergés pendant une longue suite de siècles, mais à leur niveau primitif et non à la place (Qu’ils occupent maintenant.

C’est absolument comme si une portion du fond d’un

lac se trouvait soulevée à vingt-cinq ou trente mètres àu-

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